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Cardamine hérissée, la dynamiteuse
Date 30/03/2015
Ico Villes, chemins & terrains vagues
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Cardamine hirsuta, Cardamine hérissée, Poitiers centre

Cardamine hérissée: la Sauvage qui fait Pif Paf!


Cardamine hirsuta (Cardamine hérissée) appartient à la famille Brassicaceae, ce qui en fait la petite sœur des célèbres choux, navets, moutarde ou encore colza. Les membres de ce groupe présentent des fleurs à quatre pétales disposés en croix (d'où le nom ancien de cette famille: Crucifères).


Cardamine hursuta, Cardamine hérissée, Poiters Gare

Feuilles composées imparipennées de la Cardamine hérissée, Poitiers quartier Gare


Cardamine hirsuta est une plante nitrophile (grande amatrice d'azote), ce qui explique sa présence soutenue au cœur des villes (pollution automobile) et des terres cultivées (amendements excessifs). Elle fait partie du top 10 des Sauvages les plus observées dans nos cités (source: Sauvages de ma rue). Cardamine hirsuta est pourtant de nature timide et solitaire, craignant la concurrence des autres végétaux.


Cardamine hursuta, Cardamine hérissée, Poiters Chilvert

Au bord de mon toit, une Cardamine hérissée... Désespérée? Moi: "Ne saute pas, il te reste encore tout un printemps à vivre!"


Les fruits allongés (siliques) de Cardamine hirsuta explosent à maturité, dispersant leurs graines qui peuvent se nicher dans la moindre fissure de mur ou de pavé  autour (autochorie).


Cardamine hirsuta, Sauvages du Poitou!


Cardamine hirsuta, Cardamine hérissée, Vouneuil-sous-Biard (86)

Siliques de la Cardamine hérissée prêtes à exploser au moindre coup de vent.


Les premières fleurs de Cardamine hirsuta apparaissent dès février; la dernière génération de l'année (elle est annuelle) germe en fin d'automne pour fleurir au printemps suivant. La survie de Cardamine hirsuta est donc liée à la douceur de l'hiver, les grands froids pouvant mettre un frein à sa prolifération.


Cardamine hirsuta, Cardamine hérissée, Poiters Chilvert

Fleurs en grappe de la Cardamine hérissée: 4 pétales, 4 à 6 étamines libres autour d'un pistil surmonté d'un style unique au centre.


La plante crue est comestible, tonique, riche en vitamine A et C. Son suc frais facilite la digestion; elle constitue un supplément agréable aux salades (il convient bien sûr de ne pas la consommer lorsqu'elle provient d'un milieu pollué). Son goût se rapproche de celui du cresson, d'où son surnom de Cressonette dans le Poitou. Cardamine dérive d'ailleurs du latin cardamina, qui désignait autrefois un cresson cultivé (probablement le Cresson alénois, Lepidium sativum).

La recette du shérif : Pesto de Cardaminé hérissée

- Laver 2 ou 3 plantes entières de bonne taille (parties aériennes sans les racines), mixer avec de l'huile d'olive, une cuillère à soupe de jus de citron, une cuillère à café de sel, une cuillère à soupe de graines de tournesol (ou de pignons de pin)... Servir en tartine ou en accompagnement, et votre cœur fait Boum!

Cardamine hursuta, Cardamine hérissée, Poiters bords de Clain

Pesto givré de Cardamine hérissée au sortir de l'hiver...


Pour aller plus loin:

- Identification assistée par ordinateur

- Cardamine hirsuta sur Tela-botanica


Cardamine hursuta, Cardamine hérissée, Poiters bords de Boivre

Cardamine hérissée rattrapée par la crue: quand la dynamite fait Pschitt!

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Séneçon commun, l'explorateur
Date 28/03/2015
Ico Villes, chemins & terrains vagues
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Senecio vulgaris, Séneçon commun, Poitiers porte de Paris

Séneçon commun, Poitiers porte de Paris


Senecio vulgaris (Seneçon commun ou Sanisson — pour Séneçon — en poitevin-saintongeais) est une Asteraceae, une plante dont chaque fleur discrète est composée en réalité d’une multitude de petites fleurs accolées les unes aux autres (on parle alors de capitule).


Senecio vulgaris, Séneçon commun, Poitiers quartier gare

Fleurons tubulés du Séneçon commun, Poitiers quartier gare


Senecio vulgaris apprécie les excès d’azote et donc les pots d’échappements, ce qui en fait une vagabonde commune des bords de routes. Elle fait partie du top 10 des Sauvages les plus communes de nos cités (source: Sauvages de ma rue)!


Senecio vulgaris, Séneçon commun, Poitiers bords de Clain

Séneçon commun: le vent l'emportera ! (akènes)


Pionnière, sauvage et solitaire, cette annuelle est mal à l’aise en présence d’autres végétaux et affectionne tout particulièrement les terrains découverts, les terra incognita que nulle racine n’a encore traversées. Elle adapte sa prestance au sol sur lequel elle pousse: fière et haute sur les sols fertiles, discrète et prostrée sur les sols misérables. C’est en hiver que la Sauvage se fait le plus remarquer, l’absence de concurrence végétale et de compagnie lui permettant de s’exprimer pleinement.


Séneçon commun, Sauvages du Poitou!


Senecio vulgaris, Séneçon commun, Poitiers quarteir Bellejouanne

Séneçon commun : à la conquête du parking du supermarché.

Je suis prêt à aller n'importe où, pourvu que ce soit en avant.

(David Livingstone)

Les fruits volants de Senecio vulgaris forment des petits «pompons» blancs, comme les têtes blanches d'une bande de vieillards : Senecio dérive du latin senex qui signifie «âgé». Dispersées par la bise, les semences ne craignent ni le froid — c’est une des rares plantes capable de germer et de fleurir au cœur de l’hiver —, ni la plupart des herbicides; une résistance héritée de nombreuses générations d’exploratrices. Son esprit de conquête assure sa présence dans toutes les zones tempérées du globe.


Senecio vulgaris, Séneçon commun, Biard aérodrome (86)

Vol au-dessus d'un nid de Sauvages pour cet akène de Séneçon commun.


A noter que les plantes anémochores comme Senecio vulgaris savent profiter d’autres moyens de transports que le vent : le passage des voitures, des camions et des trains peuvent leur permettre de prolonger le voyage. Ainsi, on voit le Senéçon du Cap (Senecio inaequidens), une sauvage sud-africaine nettement plus expansive, progresser peu à peu vers le nord de la France d’une gare à l’autre, avant que de conquérir les villes.


Senecio vulgaris, Séneçon commun, Poitiers Chilvert

Séneçon commun, un aventurier timide, mais un aventurier quand même!


La légère toxicité du Séneçon commun le place à l’abri des cueillettes, son allure chétive à l’abri des bouquets et son enracinement peu profond à l’abri de la haine des jardiniers qu’il n’effraie guère. Bref, malgré son omniprésence et son goût de l’aventure, le Séneçon commun est un explorateur qui fait rarement la une des magazines !


Séneçon commun, Sauvages du Poitou!


Pour aller plus loin:

- Norb de Sauvages du Poitou raconte le Séneçon commun au micro de France Bleu Poitou.

- Identification assistée par ordinateur

- Senecio vulgaris sur Tela-botanica




Senecio viscosus, Séneçon visqueux, Poitiers quatier gare

On peut aussi rencontrer dans les milieux urbains et misérables (cimetières, parkings, trottoirs, graviers…) le Séneçon visqueux (Senecio viscosus). Contrairement au Séneçon commun, le Séneçon visqueux est poisseux au toucher et ses capitules possèdent de minuscules fleurons ligulés enroulés sur eux-mêmes.

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Lamier pourpre, le cœur sur la feuille
Date 17/03/2015
Ico Villes, chemins & terrains vagues
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Lamium purpureum, Lamier pourpre, Poitiers bords de Boivre

Lamier pourpre, Poitiers bords de Boivre


Lamium purpureum (Lamier pourpre ou  Ortige de grange en poitevin-saintongeais) appartient à la vaste famille des Lamiaceae, les plantes à tige carrée et à fleur en bouche. Un œil peu intéressé par les choses de la vie pourrait confondre la jeune plante avec les piquantes Urtica (orties), mais Lamium purpureum n'a jamais piqué personne. Elle dégage tout au plus une odeur légèrement poivrée s'il nous prend à froisser sa robe entre les doigts.


Lamium purpureum, Lamier pourpre, Poitiers bords de Clain

Grande Ortie (en arrière plan) et Lamier pourpre (devant).

- Qu’est-ce que tu as fait pendant toutes ces années ?

- Je me suis levé tôt.

(Il était une fois en Amérique, Sergio Leone)

Lamium purpureum est une des premières fleurs sauvages de l'année. Elle offre ses lèvres et son nectar dès le début du mois de mars aux insectes. Les feuilles apicales appâtent la clientèle de loin, puis les motifs plaqués sur la lèvre inférieur des fleurs guident les butineurs vers ce qui sera peut-être leur premier bar à nectar de l’année. Les insectes disposant de peu de ressources en début de printemps, il est de bon ton de laisser les colonies de Lamiers pourpres, à l’enracinement peu profond, couvrir les terres en attente de culture.


Lamium purpureum, Lamier pourpre, Poitiers bords de Boivre

Avis aux voisins et aux agents municipaux au sortir de l'hiver! (Lamier pourpre)


Ses petits fruits grisâtres (tétrakènes) contiennent huiles et substances appréciées des fourmis pour nourrir leur couvain; c'est d'ailleurs ces dernières qui assurent la dispersion des graines pour les saisons suivantes (c'est une annuelle). Lamium purpureum aime les excès d’azote; c’est pourquoi elle affectionne les bords de route arrosés par les pots d’échappements.


Lamium purpureum, Lamier pourpre, Poitiers bords de Boivre

Couvert rougissant du Lamier pourpre au début du printemps: des feuilles opposées décussées, ovales, cordée et crénelées.


La tige traçante et souterraine de Lamium purpureum se plait dans les terres laissées à nue des potagers en attente de culture. Ses feuilles velues offrent une couverture d'hiver nécessaire au sol. Son enracinement peu profond en fait une invitée discrète, qui sait s'effacer rapidement au moment voulu.


Lamium purpureum, Lamier pourpre, Poitiers bords de Boivre

Fleurs du Lamier pourpre: une corolle formée par une lèvre supérieure entière et concave, une lèvre inférieure trilobée (les deux lobes latéraux ne forment guère plus que deux petites dents; le lobe médian, plus large, sert de piste d’atterrissage pour le butineurs).


Toutefois, lorsqu'elle est cueillie, Lamium purpureum peut se déguster en salade, en condiment ou sautée à la poêle; peu importe les modes et les recettes, elle est toujours généreuse en fer et en sels minéraux. On peut donc considérer qu'en plus d'être précoce, féconde et serviable, Lamium purpureum n'est guère rancunière.


Lamium maculatum, Lamier maculé, Migné-Auxances (86)

Le Lamier maculé (Lamium maculatum,), un proche membre du clan Lamiacées, bien plus grand que le Lamier pourpre, vivace, malheureusement très rare au nord ouest de la France.


Lamium hybridum, Lamier hybride, Pommier (69)

Un autre Lamier printanier, le Lamier hybride (Lamium hybridum), dont les feuilles profondément et irrégulièrement dentées affichent une base en pointe.


Lamium amplexicaule, Lamier amplexicaule, Poitiers Porte de Paris

Le Lamier amplexicaule (Lamium amplexicaule), une annuelle des friches chaudes et sèches. Ses feuilles supérieures sont presque «soudées» deux par deux. Certaines de ses fleurs sont cléistogames: elles ne s’ouvrent pas, s'autofécondant sans l'aide des butineurs. D’autres sont épanouies, munies d’un long tube, mais généralement stériles... Allez comprendre!


Pour aller plus loin:

- Norb de Sauvages du Poitou raconte le Lamier pourpre au micro de France Bleu Poitou

- Lamium purpureum: identification assistée par ordinateur

- Lamium purpureum sur Tela-botanica

- Lamium maculatum: identification assistée par ordinateur

- Lamium maculatum sur Tela-botanica

- Lamium hybridum sur Tela-botanica

- Lamium amplexicaule sur Tela-botanica

- Lamium amplexicaule: identification assistée par ordinateur


Lamium purpureum et Gonepteryx rhamni, Poitiers bords de Boivre

Un des premiers butineurs au sortir de l'hiver: le Citron (Gonepteryx rhamni), un adepte du Lamier pourpre, forcément!


La Punaise pie, Tritomegas bicolor, Poitiers chemin de la Cagouillère

Les Lamiers n’intéressent pas seulement les butineurs : les larves de la Punaise noire à quatre taches blanches (Tritomegas bicolor), surnommée « Punaise pie » à cause de son costard impeccable, s’alimentent sur diverses Lamiacées comme les Lamiers (Lamium spp.), les Épiaires (Stachys spp.) ou les Ballotes (Ballota spp.).

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