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Clinopode, Sariette, Calament et compagnie
Date 20/09/2020
Ico Haies & forêts
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Clinopodium vulgare, Sariette commune, Poitiers quartier Chilvert

Sariette commune, Poitiers quartier Chilvert


Clinopodium vulgare (Sariette commune ou Clinopode commun) appartient aux Lamiaceae, la famille des Sauvages aromatiques à fleurs en forme de gueule ouverte (voir notre article complet sur le sujet). L'arôme n'est pourtant pas le point fort de la Sariette commune qui est peu odorante, voire pas du tout. Son surnom de Grand Basilic est donc un poil fanfaron. Hors floraison, la subtilité ou l'absence de son parfum nous aidera éventuellement à la différencier de l'Origan commun, aux feuilles parfumées ressemblantes.


Clinopodium vulgare, Sariette commune, Poitiers quartier Chilvert

Feuilles lancéolées ou ovales, densément poilues de la Sariette commune (les feuilles de l'Origan ne sont couvertes que de quelques poils éparses).

J'ai envie d'être heureux, de dormir dans un vrai lit, d'avoir des racines...
(Léon, Luc Besson)
Clinopodium vulgare tire son nom du grec clino, le «lit» et  podos, le «pied». C'est le père fondateur de la botanique Dioscoride qui cru reconnaître dans le silhouette de la Sauvage le profil de ses pieds de lit. En ces temps où les grandes enseignes de distribution de meubles suédois n'existaient pas, le mobilier pouvait déjà prendre des allures surprenantes. La Sariette nous permet peut-être d'imaginer à quoi ressemblait la chambre à coucher du médecin-botaniste!

Clinopodium vulgare, un lit douillet! (Sauvages du Poitou)

Clinopodium vulgare, Sariette commune, Poitiers quartier Chilvert
Sariette commune : un Citron (Gonepteryx rhamni) photographié au pied du lit.


Malgré ses allures de couchette, les ancien accordaient à la Sariette commune des vertus toniques. Elle est comestible, mais ses feuilles relativement coriaces et son manque de saveur n'en font pas un met de premier choix. En tout cas en ce qui nous concerne: les butineurs manquent rarement le festin de ses fleurs mellifères à la fin de l'été. Tinctoriale, la Sariette confiées à des mains habiles (pas les miennes) permet d'obtenir une teinture jaune.


Clinopodium vulgare, Sariette commune, Poitiers quartier Chilvert

Fleurs purpurines de la Sariette commune réunies en gros de verticilles axillaires et terminaux compacts.


La Sariette commune est une vivace tout-terrain: ses colonies sont capable de s'installer dans tous les milieux, jusqu'aux zones fortement perturbés par l'homme, avec une léger penchant pour les lisières forestières ou les bois parsemés. Ses tiges et ses calices ciliés restent érigés jusqu'au début de l'hiver, les fruits étant dispersés par le vent ou par les animaux de passage.


Clinopodium vulgare, Sariette commune, Poitiers bords de Boivre

Sariette commune de Décembre, Poitiers bords de Boivre


Le genre Clinopodium recense six espèces sur le territoire français. Impossible de se quitter sans mentionner un autre incontournable du genre, dont le parfum ne laissera personne indifférent:


Clinopodium nepeta, Calament glanduleux, Poitiers sous Blossac
Calament glanduleux, Poitiers sous Blossac

Clinopodium nepeta (Calament glanduleux) est une vivace rameuse. Ses feuilles dégagent, tout au contraire de la Sariette commune, une puissante odeur mentholée et camphrée, unique en son genre. Le Calament (de son ancien nom Calamintha) est littéralement la «belle menthe» en grec (calê minthê).

Botaniquement parlant, le Calament glanduleux a de quoi dérouter... On lui reconnait plusieurs sous-espèces, dont l'habitat et l'apparence varient considérablement. Sauf mention contraire, les photos de la seconde partie de cet article présentent l’espèce type, Clinopodium nepeta subsp. nepeta, qui affectionne les rocailles ou les vieux murs exposés au soleil, assez commune dans le sud de la France mais plus rare ailleurs. Ses feuilles sont petites, le plus souvent vaguement dentées, brièvement pétiolées. Ses fleurs très pâles ont une légère teinte lilas violacé.

Clinopodium nepeta, Calament glanduleux, Poitiers sous Blossac
Fleurs mauve très pâle du Calament glanduleux: corolle en tube presque droit, étamines rangées sous la lèvre supérieure, lèvre inférieure trilobée.

Faux! Faux! Complètement faux! J’ai envie de te dire menteur!

(Brice de nice, James Huth)

Si le Calament glanduleux est une «fausse» menthe, il a parfois été surnommé Fausse Marjolaine ou Faux Nepeta... Bref, difficile pour le Sauvageon de se défaire de l'aura de faussaire qu'on lui prête. Il n'a pourtant rien à envier à ses sœurs Lamiacées les plus renommées.


Utilisé comme condiment dans la cuisine corse et italienne, le Calament glanduleux est commercialisé sous le nom de «népita» («nipitella» en Italie) et parfume les légumes, les poissons ou les viandes. On lui prête des vertus digestives (particulièrement contre les problèmes d'aérophagie). Au moyen âge, on le prescrivait contre le hoquet. Quant à la fraicheur de son parfum: un randonneur du sud de la France m'a confié un jour qu'il lui arrivait d'utiliser le Sauvageon comme dentifrice de fortune... En se frottant la plante sur les dents!


Clinopodium nepeta, Sauvages du Poitou!


Clinopodium nepeta subsp. sylvaticum, Calament des bois, Vouneuil-sous-Biard (86)

Clinopodium nepeta subsp. sylvaticum, une autre sous espèce. Surnommé le Calament des bois, Celui-ci préfère les bois et les lisières forestières et dresse des fleurs plus grandes que l’espèce type, aux couleurs généralement mieux marquées.


Pour aller plus loin:

- Clinopodium vulgare sur Tela-botanica

- Clinopodium vulgare: identification assistée par ordinateur

- Clinopodium nepeta sur Tela-botanica


Clinopodium acinos, Petit Basilic, Buxerolles (86)

Clinopodium acinos, alias le «Petit Basilic», un autre «Clinopode» des pelouses sèches.

>Voir le billet et ses commentaires...
 

Petite Pimprenelle, la mignonitude
Date 05/07/2020
Ico Prairies
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Poterium sanguisorba, Petite Pimprenelle, Poitiers quartier Chilvert

Petite Primprenelle: la mignonitude au jardin.


Poterium sanguisorba (Pimprenelle à fruits réticulés ou Petite Pimprenelle) appartient à la famille Rosaceae, où elle évolue entre les Roses et les Ronces, mais aussi les célèbres Cerisiers, Pommiers, Poiriers et autres géants; une famille assurément généreuse pour l'homme. Comme bon nombre de ses sœurs de sève (ce n'est pas une règle absolue), la Petite Pimprenelle présente des feuilles alternes, composées et nettement stipulées.


Poterium sanguisorba, Petite Pimprenelle, Biard (86)

Feuilles de la Petite Pimprenelle, composées imparipennées en 9 à 25 folioles dentées.


Les fleurs des Rosacées choisissent souvent d'arborer cinq pétales et cinq sépales, mais la Petite Pimprenelle joue la carte de l'originalité: ses fleurs regroupées en tête sont dénuées de pétales. Strictement mâles, strictement femelles ou hermaphrodites, elles n'en sont pas moins belles! Les fleurs femelles dominent au sommet (elles ressemblent a de minuscules anémones de mer rouges), les fleurs mâles pendouillent en bas, quelques fleurs hermaphrodites (aux étamines jaunes et courtes) assurent parfois la frontière entre dames et messieurs. Le tout formant un brushing rastafari plus flashy que le chignon de Lady Gaga un soir de bal.


Poterium sanguisorba, Petite Pimprenelle, Poitiers quartier Chilvert

Inflorescence de la Petite Pimprenelle : depuis leur calice à quatre sépales verts bordés de blanc, se dressent des stigmates rouges en haut (fleurs femelles). De longues étamines pendent en bas (fleurs mâles).


Alors que la plupart des Rosacées dépendent des insectes pour assurer leur pollinisation, la Petite Pimprenelle compte surtout sur le vent qui caresse ses cheveux (tous les insectes ne la boudent pas pour autant). Vous l'aurez compris : en séparant ainsi ses fleurs mâles et ses fleurs femelles, la Sauvage favorise la pollinisation croisée. D'autant plus que fleurs mâles et femelles n'arrivent pas forcément à maturité en même temps sur un même pied.


Poterium sanguisorba, Petite Pimprenelle, Poitiers quartier Chilvert

Love story de la Petite Pimprenelle: Monsieur au dessus, Madame en dessous, ne manque plus que le souffle du vent pour que ça matche!


La Petite Pimprenelle est une vivace commune qui pousse dans les prairies sèches, au bord des chemins ou dans les rocailles. Elle adapte sa prestance à la richesse de son milieu, se dressant entre 20 et 60 centimètres de hauteur entre mai et septembre. A titre de comparaison, sa grande sœur, la Grande Primprenelle (Sanguisorba officinalis), peut dépasser le mètre et se rencontre dans les milieux humides, avec une répartition très confidentielle en plaine. La Grande Pimprenelle est une espèce rare et déterminante pour tout le Poitou (elle est parfois introduite volontairement dans les jardins d'ornement).


En latin, Sanguisorba pourrait se traduire par «absorber le sang». Ce sont les parties souterraines de la Grande Pimprenelle qui sont inscrites à la liste la liste A de la Pharmacopée française. On leur reconnait des propriétés hémostatique, dues aux tanins concentrés dans les racines.


La Petite Pimprenelle ravira toutefois les amateurs de salade ou de pesto sauvages: ses feuilles fraiches, comestibles, présentent un léger goût de concombre. On peut éventuellement les laisser infuser à froid toute une nuit (une infusion normale, ou un séchage, risquerait d’anéantir sa saveur délicate) pour obtenir une boisson rafraîchissante et astringente, ses feuilles étant assez tanniques.


Poterium sanguisorba, Petite Pimprenelle, Poitiers quartier Chilvert

Petite Pimprenelle: l'envol d'une fée au jardin!

Tante Flora, Tante Pâquerette Tante Pimprenelle!

(La Belle au bois dormant, Walt Disney)

Surtout, son seul (pré)nom invoque à table ou au jardin une touche indéniable de poésie. Les plus anciens se souviendront de Nounours et de Pimprenelle, la poupée aux cheveux de laine, héroïne de la série Bonne nuit les petits. D'autre penseront à l'une des trois fées (celle qui porte une robe bleue) dans la Belle au bois dormant. Le calendrier républicain lui rend hommage vers le début du mois de mai, le 17ème jour du mois de Floréal. A l'heure où des prénoms comme Rose, Cerise ou Prune (d'autres Rosacées) ont le vent en poupe, Pimprenelle reste un prénom trop rare, fêté le jour de Sainte Fleur, le 5 octobre (ça ne s'invente pas). Alors si ce prénom est le votre, permettez moi de vous féliciter - considérez-vous comme une espèce protégée - et de vous dédicacer ce modeste article!



Poterium sanguisorba, Petite Pimprenelle, Poitiers quartier Chilvert

Orfèvrerie des fruits de la Petite Pimprenelle (akènes tétragones).



Le petit monde de Poterium sanguisorba


Dans les pelouses calcicoles poitevines, il est possible de croiser un petit papillon dont le vol typique, très rapide et bas, nous indique son appartenance à la famille des Hesperiidae (en français : les Hespéries): il s’agit de l’Hespérie des sanguisorbes (Spialia sertorius). Ses faibles dimensions et ses mœurs en rase-mottes en font un hôte discret, qui plus est localisé sur les pelouses maigres où vit sa plante-hôte favorite, la Petite Pimprenelle.

Il existe plusieurs types d’Hespéries et celle-ci fait partie d’un groupe où les individus ont le dessus des ailes gris/marron tachetées de blanc. Elles ne sont pas faciles à identifier. En Poitou, les plus communes de ce groupe sont l’Hespérie des sanguisorbes, l’Hespérie de la mauve (Pyrgus malvae) et l’Hespérie des potentilles (Pyrgus armoricanus). Toutefois, par rapport à ses cousines, l’Hespérie des sanguisorbes peut être reconnaissable avec un peu d’entraînement. D’abord, le dessus de ses ailes est rougeâtre avec des reflets bronze (plus mat et gris chez les deux autres). Ensuite, alors que l’Hespérie de la mauve et l’Hespérie des potentilles ont la quatrième tache blanche apicale des ailes antérieures décalée vers le bord de l’aile par rapport aux trois autres, l’Hespérie des sanguisorbes a les quatre alignées.

 Pyrgus malvae, Hespérie de la mauve (crédit photo Olivier Pouvreau)
Chez le genre Pyrgus (telle cette Hespérie de la mauve, Pyrgus malvae), la 4e tache de l'apex des ailes antérieures est décalée par rapport aux 3 autres.

Spialia sertorius, Hespérie des sanguisorbes (crédit photo Olivier Pouvreau)
Chez l'Hespérie des sanguisorbes, il est aligné, ce qui n'en fait pas un Pyrgus mais un Spialia!


Pour aller plus loin:

- Poterium sanguisorba: identification assistée par ordinateur

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Pourpier, le pied de poule
Date 05/09/2019
Ico Villes, chemins & terrains vagues
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Portulaca sp, Pourpier, Poitiers place Charles de Gaulle

Pourpier, place Charles de Gaulle à Poitiers


Portulaca oleracea (Pourpier ou Porcelane) appartient à la petite famille Portulacaceae (Portulacées) qui ne comprend qu'un seul genre en France dans la classification récente, le sien. Jusqu'à récemment, on ne comptait qu'une seule espèce de pourpier «sauvage» dans notre pays (il existe d'autres espèces cultivées dans les jardins): Portulaca oleracea. On en reconnait aujourd'hui sept. Malheureusement pour nous, celles-ci présentent une morphologie identiques à conditions égales et sont impossibles à différencier sur le terrain; à l’exception de leurs semences qui exigent un examen minutieux au microscope - doublé d'une lumière rasante - pour laisser entrevoir leurs différences. Voilà qui en éblouira certains tout en rasant d'autres!


Pourpier: tous à vos microscopes! Sauvages du Poitou


Les espèces les plus communes en France semblent être Portulaca trituberculata (hors méditerranée) et Portulaca granulatostellulata (méditerranée), devant Portulaca oleracea (source Flora Gallica). Pour ces raisons et en attendant des nouvelles fraîches de la planète botanique, les spécimens épinglés dans cet article renvoient aux Pourpiers «en général», sans chercher à préciser l’espèce.


Portulaca sp, Pourpier, Poitiers Porte de Paris

Pourpier: qui a renversé son bol de noodle sur le trottoir?


Le Pourpier est une plante pionnière, annuelle qui pousse le plus souvent sur les sols misérables et chauds. Ses tiges charnues, rougeâtres et rameuses courent sur le macadam en été comme un bol de nouilles renversé sur le trottoir. A vrai dire, le sauvageon sait s’accommoder à d'autres situations, jusqu'à l'exact opposé tels que les jardins détrempés en hiver (avec certaines limites: il est gélif).


Le secret de sa résistance repose sur ses parties aériennes charnues, gorgées de suc, à l'image des plantes «grasses» comme les Crassulacées, des championnes de la survie en milieu hostile. A tel point que même déraciné, le Pourpier peut subsister jusqu'à maturité de ses graines. Tolérant la plupart des pollutions, le Pourpier est un bon candidat pour la phytoremédiation des sols souillés par les métaux lourds qu'il absorbe (chrome, cadmium et arsenic).


Portulaca sp, Pourpier, Saint-Auvent (87)

Fleurs discrètes et matinales du Pourpier: 4 à 6 pétales jaunes.


Sur des terres saines, le Pourpier (quelle que soit l’espèce, le microscope et la lumière rasante) constitue bien sûr une formidable salade sauvage. Le Pourpier est comestible, croquant sous la dent, mucilagineux, généralement mangé cru en salade, mais aussi parfois frit dans des recettes sucrées ou salées (omelettes, soupes...). Il est peu calorique, plus riche en vitamines A, B, C que la plupart des fruits de consommation courante, ainsi qu'en minéraux (potassium, magnésium et calcium). Son goût légèrement acidulé provient de la présence d'acide oxalique; c'est à noter, il convient peut-être de ne pas en faire un régime soutenu chez ceux qui sont sujets aux rhumatismes ou aux calculs rénaux.


On récolte avant floraison (après, il gagne un peu en amertume, ce qui n'enlève rien à son charme) ses feuilles spatulées, fermes et juteuses. Des feuilles en forme de patte de poulet: son nom viendrait de «poule pied»! A travers l'histoire, il est le Piedpoul, le Polpied, le Porpier, le Poupié ou le Pipou en en poitevin-saintongeais.


Pourpier, le Pied de Poule! Sauvages du Poitou


Portulaca sp, Pourpier, Poitiers Parc des Expositions

Fruits (capsules) du Pourpier: mon royaume pour un microscope!

C’est ça être une star: c’est avoir plus d’influence que la Bible et le Coran réunis.

(Les jolies choses, Gilles Paquet-Brenner)

Malgré ses qualités, la présence du Pourpier dans les assiettes a pourtant fluctué avec le temps, oscillant entre mode (il est la star du régime crétois) et désintérêt (il est surtout une mauvaise herbe, braves gens, brave gens...). Le sauvageon a même réussi a obtenir une citation biblique, quoique peu flatteuse. Dans le livre de Job (6:6), des traducteurs proposent le verset suivant: «Ce qui est fade se mange-t-il sans sel? Y a-t-il une saveur dans la bave de Pourpier? ».


Comme pour compenser cette ingratitude, d'autres légendes orientales racontent que Mahomet, s'étant blessé le pied, marcha sur du Pourpier: sa blessure guérit instantanément. Le Prophète bénit le sauvageon, désignant le Pourpier comme «un remède à 99 maux». Il n'en fallait pas moins pour faire du Sauvageon le «légume béni» de la médecine arabe au Moyen-âge.


Portulaca sp, Pourpier, Poitiers quartier Chilvert

Décor oriental en centre ville: une oasis de Pourpier sur un désert de macadam.


Jean-Baptiste de La Quintinie, jardinier et agronome en charge du Potager de Versailles, invita le Pourpier en tant que «salade de santé» à la table du Roi Soleil (Louis XIV). La médecine populaire accorde au Sauvageon des qualités émollientes, dépuratives et diurétiques. Appliqué directement sur la peau, son suc serait hydratant, adoucissant, pouvant calmer des légères irritations cutanées. Mâcher quelques feuilles calmerait l’inflammation des gencives ou de la gorge, ou plus simplement, couperait la soif. Officiellement, la pharmacopée française ne retient pas le Pourpier comme plante médicinale (Liste A), mais on comprend pourquoi ses parties aériennes, gorgées d'un suc rafraichissant, ont été considérées comme un doux pansement, en usage externe comme en usage interne. Bref, le Pourpier est surtout une excellente salade, l'occasion de se remémorer ce vieil adage: «Mange salade, jamais malade»!


Pour aller plus loin:

- Portulaca oleracea sur Tela-botanica

- Le Pourpier à travers l'histoire sur le blog Books of Dante

- Les Portulaca en Iran (eng), pour voir des clichés de semences de plusieurs espèces au microscope: de l'orfèvrerie!

>Voir le billet et ses commentaires...
 

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