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Pavot de Californie, l'hypnotiseur
Date 11/07/2015
Ico Villes, chemins & terrains vagues
Comms 2 commentaires

Eschscholzia californica, Pavot de Californie, Poitiers L'îlot Tison

Pavot de Californie, Poitiers L'îlot Tison


Eschscholzia californica (Pavot de Californie) appartient à la famille Papaveraceae (Pavots, Coquelicots...). C'est une Sauvage particulière: elle n'est pas native des prairies et des forêts du Poitou. C'est une étrangère introduite volontairement — et récemment — par l'homme, à des fins purement ornementales. Mais sa faculté à se resemer spontanément (c'est une annuelle) et sa rusticité font qu'elle a vite franchi les limites décoratives où elle était cantonnée pour retrouver la rue et la liberté.


Eschscholzia californica, Pavot de Californie, Poitiers Chilvert

Jeunes feuilles du Pavot de Californiepennées, profondément découpées en segments linéaires.


Son nom à coucher dehors, elle le doit à Adelbert von Chamisso, poète allemand, qui voulait rendre hommage à son ami scientifique Johann Friedrich von Eschscholtz. Les compères partagèrent quelques aventures botaniques autour du monde au début du 19ème siècle.


Eschscholzia californica, Pavot de Californie, Poitiers L'îlot Tison

Fleur du Pavot de Californie: 2 sépales (ceux ci tombent lors de la floraison), 4 pétales soyeux, une armée d'étamines!

- Mimisiku c’est pas un nom ça !

- Et Roch Voisine tu crois que c’est un nom ?!

(Un indien dans la ville, Hervé Palud)

Sur son continent nord américain d'origine Eschscholzia californica est une véritable Sauvage, une autochtone, une Indienne! Elle se montre parfois envahissante sur les plaines canadiennes et californiennes — où elle est emblème d'état —, dans les déserts chiliens, ou plus proche de nous, dans le sud-ouest de la France.


Eschscholzia californica, Pavot de Californie, Nouaillé-Maupertuis (86)

Pavot Californien: un petit bout de Californie sur les déserts des parkings français.


Il faut dire qu'Eschscholzia californica se contente de trois fois rien... Non gélive (ses graines seules craignent le gel), elle se satisfait d'une terre pauvre en eau, pourvue qu'elle soit légère et ensoleillée; sa grosse racine pivotante lui permet d'aller chercher en profondeur les ressources dont elle a besoin. Sur les terres du Poitou riches en eau, Eschscholzia californica trouve plus que le nécessaire pour subsister; elle se gave, grossit et s'alourdit parfois exagérément, au point de ne plus parvenir à tenir debout. Ne plus tenir debout: quoi de plus normal pour une Sauvage aux talents d'hypnotiseuse...


Eschscholzia californica, Sauvages du Poitou


Les Amérindiens utilisaient traditionnellement Eschscholzia californica pour traiter maux de tête, maux de dents ou pour aider leurs enfants à s'endormir. On sait aujourd’hui que les parties aériennes fleuries de la plante en infusion (mieux vaut éviter les racines qui contiennent une dose non négligeable de Sanguinarine, toxique) ont des vertus anxiolytiques et sédatives. Eschscholzia californica peut aider ceux qui rencontre des problèmes d'endormissement ou d'insomnies (voir liens ci-dessous pour précautions et détails complets).

Tisane «bonne nuit» du shérif:

- Laisser infuser pendant une dizaine de minutes une grosse cuillère à soupe de parties aériennes d'Eschscholzia californica séchées dans 1/4 d'eau bouillante. Tilleul, mélisse, camomille ou verveine peuvent être associés pour parfumer le goût qui n'est pas désagréable, mais pas extraordinaire non plus!

Pour aller plus loin:

- Eschscholzia californica sur Tela-botanica

- Étude chimique pour une utilisation de la plante sur Phytomania

>Voir le billet et ses commentaires...
 

Grande Chélidoine, la dermatologue
Date 03/05/2015
Ico Murs et rocailles
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Chelidonium majus, Grande Chélidoine, Biard (86)

Grande Chélidoine, Biard (86)


Chelidonium majus (Grande Chélidoine) appartient à la famille Papaveraceae, ce qui en fait la sœur des Pavots et autres Coquelicots, des plantes productrices de latex (substance toxique liquide, collante et coagulante) à la floraison souvent spectaculaire.


Chelidonium majus, Grande Chélidoine, Poitiers Chilvert

Fleurs groupées (presque en ombelles) de la Grande Chélidoine : 2 sépales (qui tombent après la floraison, on peut les voir ici sur les fleurs pas encore ouvertes), 4 pétales, nombreuses étamines autour d'un pistil surmonté de 2 stigmates.


Chelidonium signifie «Hirondelle», Chelidonium majus est donc littéralement la Grande hirondelle. Ses premières floraisons printanières coïncident avec l’arrivée des oiseaux migrateurs de retour d’Afrique (et le départ des oiseaux avec ses premières fanaisons), mais il existe une autre légende qui pourrait expliquer le nom de la Sauvage: on raconte que les hirondelles ouvrent les yeux de leurs oisillons avec une bectée de suc de la plante, ce qui n’est bien sûr que pure fantaisie. Il faut dire qu'en médecine populaire, la Grande Chélidoine était autrefois réputée pour traiter les affections ophtalmiques. Une fantaisie en entrainant une autre, certains lui accordaient même le pouvoir de rendre la vue aux aveugles. C’est en tout cas ce qui valut à la Grande Chélidoine son autre nom vernaculaire : la Grande Éclaire.


Chelidonium majus, Sauvages du Poitou


Chelidonium majus, Grande Chélidoine, Poitiers quartier Chilvert

Feuilles de la Grande Chélidoine: «molles», alternes, pennatiséquées en segments plus ou moins lobés.


La Grande Chélidoine exige un sol basique ou calcaire pour pousser; c'est pourquoi on la retrouve fréquemment au pied des murs et des ruines (roches calcaires). Elle affectionne les excès d'azote et donc les bords de routes (pollution automobile).


Étant la seule représentante du genre Chelidonium, on peut se demander pourquoi la Grande Chélidoine est qualifiée de «Grande». Il faut se souvenir qu’autrefois, Chelidonium minus alias Petite Chélidoine désignait une Renonculacée, la Ficaire (aujourd’hui Ficaria verna). S’il n’existe aucun lien de parenté entre les deux sauvages, ces dernières partagent au moins le jaune d’or de leurs fleurs, ainsi qu’une alliance avec le peuple fourmi pour assurer le transport de leur graines.


Chelidonium majus, siliques, Poitiers bords de Clain

Capsules allongées de la Grande Chélidoine, Poitiers bords de Clain


En effet, la Grande Chélidoine est une vivace qui colonise rapidement l'espace alentour grâce aux semences (regroupées dans une capsule ou silique) disséminées par les fourmis. Ces dernières sont attirées par l'excroissance charnue des graines (élaïosome) qu'elles abandonnent dans les fissures des murs ou qu'elles emportent sous terre jusque dans leurs fourmilières. Ainsi, ses colonies s’étendent d'un saut de fourmi à un autre.


Chelidonium majus, siliques, Poitiers quartier Chilvert

Les graines de la Grande Chélidoine (munies d’un élaïosome blanc bien visible) attendent la fourmi qui les emportera (myrmécochorie)...


Jadis, les alchimistes utilisaient la Grande Chélidoine dans la formule qui aurait permis de transformer les métaux en or... La quête reste entière (ou du moins secrète) en ce jour, mais la Grande Chélidoine doit aujourd'hui sa célébrité au pouvoir supposé anti-verrues (antimitotique) de son latex jaune orangé  — d'où son surnom d'«Herbe aux verrues». Bien que son efficacité ne soit pas prouvée, son usage reste répandu et il n'est pas difficile de trouver des témoignages élogieux, ou tout au contraire déçus, à son sujet!

- Si je peux juste me permettre...
- Tu ne te permets juste rien du tout. Tu vas d’abord me soigner cette mauvaise peau et ensuite tu te permets, ok ?
(C’est arrivé près de chez vous, Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde)


Pour aller plus loin:

- Identification assistée par ordinateur

- Chelidonium majus sur Tela-botanica

- Chélidoine, par delà les murs sur le site Zoom Nature

- Chélidoine, comme un petit Coquelicot sur le site Zoom Nature

Chelidonium majus, semences, Poitiers quartier Chilvert
Grande Chélidoine: Bon voyage! (myrmécochorie)
>Voir le billet et ses commentaires...
 

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