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Séneçon commun, l'explorateur
Date 28/03/2015
Ico Villes, chemins & terrains vagues
Comms 2 commentaires

Senecio vulgaris, Séneçon commun, Poitiers bords de Boivre

Séneçon commun, Poitiers bords de Boivre


Senecio vulgaris (Seneçon commun ou Sanisson — pour Séneçon — en poitevin-saintongeais) est une Asteraceae, une plante dont chaque fleur discrète est composée en réalité d’une multitude de petites fleurs accolées les unes aux autres (on parle alors de capitule).


Senecio vulgaris, Séneçon commun, Poitiers quartier gare

Fleurons tubulés du Séneçon commun, Poitiers quartier gare


Senecio vulgaris apprécie les excès d’azote et donc les pots d’échappements, ce qui en fait une vagabonde commune des bords de routes. Elle fait partie du top 10 des Sauvages les plus communes de nos cités (source: Sauvages de ma rue)!


Senecio vulgaris, Séneçon commun, Poitiers bords de Clain

Séneçon commun: le vent l'emportera ! (akènes)


Pionnière, sauvage et solitaire, elle est mal à l’aise en présence d’autres végétaux et affectionne tout particulièrement les terrains découverts, les terra incognita que nulle racine n’a encore traversées. Elle adapte sa prestance au sol sur lequel elle pousse: fière et haute sur les sols fertiles, discrète et prostrée sur les sols misérables. C’est en hiver que la Sauvage se fait le plus remarquer, l’absence de concurrence végétale et de compagnie lui permettant de s’exprimer pleinement.


Séneçon commun, Sauvages du Poitou!


Senecio vulgaris, Séneçon commun, Poitiers quarteir Bellejouanne

Séneçon commun : à la conquête du parking du supermarché.

Je suis prêt à aller n'importe où, pourvu que ce soit en avant.

(David Livingstone)

Les fruits de Senecio vulgaris sont de petits akènes volants que la bise disperse (elle est annuelle). Les semis ne craigne ni le froid — c’est une des rares plantes capable de germer et de fleurir au cœur de l’hiver —, ni la plupart des herbicides; une résistance héritée de nombreuses générations d’exploratrices. Son esprit de conquête assure sa présence dans toutes les zones tempérées du globe. A noter que les plantes anémochores comme Senecio vulgaris savent profiter d’autres moyens de transports que le vent : le passage des voitures, des camions et des trains peuvent leur permettre de prolonger le voyage. Ainsi, on voit le Senéçon du Cap (Senecio inaequidens), une sauvage sud-africaine nettement plus expansive, progresser peu à peu vers le nord de la France d’une gare à l’autre, avant que de conquérir les villes.


Senecio vulgaris, Séneçon commun, Poitiers Chilvert

Séneçon commun, un aventurier timide, mais un aventurier quand même!


La légère toxicité du Séneçon commun le place à l’abri des cueillettes, son allure chétive à l’abri des bouquets et son enracinement peu profond à l’abri de la haine des jardiniers qu’il n’effraie guère. Bref, malgré son omniprésence et son goût de l’aventure, le Séneçon commun est un explorateur qui fait rarement la une des magazines !


Séneçon commun, Sauvages du Poitou!


Pour aller plus loin:

- Norb de Sauvages du Poitou raconte le Séneçon commun au micro de France Bleu Poitou.

- Identification assistée par ordinateur

- Senecio vulgaris sur Tela-botanica



>Voir le billet et ses commentaires...
 

Lamier pourpre, le cœur sur la feuille
Date 17/03/2015
Ico Villes, chemins & terrains vagues
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Lamium purpureum, Lamier pourpre, Poitiers bords de Boivre

Lamier pourpre, Poitiers bords de Boivre


Lamium purpureum (Lamier pourpre ou  Ortige de grange en poitevin-saintongeais) appartient à la vaste famille des Lamiaceae, les plantes à tige carrée et à fleur en bouche. Un œil peu intéressé par les choses de la vie pourrait confondre la jeune plante avec les piquantes Urtica (orties), mais Lamium purpureum n'a jamais piqué personne. Elle dégage tout au plus une odeur légèrement poivrée s'il nous prend à froisser sa robe entre les doigts.


Lamium purpureum, Lamier pourpre, Poitiers bords de Clain

Grande Ortie (en arrière plan) et Lamier pourpre (devant).

- Qu’est-ce que tu as fait pendant toutes ces années ?

- Je me suis levé tôt.

(Il était une fois en Amérique, Sergio Leone)

Lamium purpureum est une des premières sauvages de l'année, offrant ses lèvres roses-violettes et son nectar dès le début du mois de Mars aux insectes. Ceux-ci disposant de peu de ressources en début de printemps, arracher cette vagabonde est un acte aussi cruel que vicieux.


Lamium purpureum, Lamier pourpre, Poitiers bords de Boivre

Avis aux voisins et aux agents municipaux au sortir de l'hiver! (Lamier pourpre)


Ses petits fruits grisâtres (tétrakènes) contiennent huiles et substances appréciées des fourmis pour nourrir leur couvain; c'est d'ailleurs ces dernières qui assurent la dispersion des graines pour les saisons suivantes (c'est une annuelle).


Lamium purpureum aime les excès d’azote; c’est pourquoi elle affectionne les bords de route arrosés par les pots d’échappements.


Lamium purpureum, Lamier pourpre, Poitiers bords de Boivre

Couvert rougissant du Lamier pourpre au début du printemps: des feuilles opposées décussées, ovales, cordée et crénelées.


La tige traçante et souterraine de Lamium purpureum se plait dans les terres laissées à nue des potagers en attente de culture. Ses feuilles velues offrent une couverture d'hiver nécessaire au sol. Son enracinement peu profond en fait une invitée discrète, qui sait s'effacer rapidement au moment voulu. L'arracher sans considération est cruel et vicieux, mais c’est aussi stupide.


Lamium purpureum, Lamier pourpre, Poitiers bords de Boivre

Fleurs du Lamier pourpre: une corolle formée par une lèvre supérieure entière et concave, une lèvre inférieure trilobée (les deux lobes latéraux ne forment guère plus que deux petites dents; le lobe médian, plus large, sert de piste d’atterrissage pour le butineurs).


Toutefois, lorsqu'elle est cueillie, Lamium purpureum peut se déguster en salade, en condiment ou sautée à la poêle; peu importe les modes et les recettes, elle est toujours généreuse en fer et en sels minéraux. On peut donc considérer qu'en plus d'être précoce, féconde et serviable, Lamium purpureum n'est guère rancunière.


Lamium maculatum et purpureum, Lamier maculé et pourpre, Dagenux (01)

Le Lamier maculé (Lamium maculatum, à gauche), un proche membre du clan Lamiacées, bien plus grand que le Lamier pourpre (à droite), vivace, malheureusement très rare au nord ouest de la France.


Lamium hybridum, Lamier hybride, Pommier (69)

Un autre Lamier printanier, le Lamier hybride (Lamium hybridum), dont les feuilles profondément et irrégulièrement dentées affichent une base en pointe.


Pour aller plus loin:

- Norb de Sauvages du Poitou raconte le Lamier pourpre au micro de France Bleu Poitou

- Lamium purpureum: identification assistée par ordinateur

- Lamium purpureum sur Tela-botanica

- Lamium maculatum: identification assistée par ordinateur

- Lamium maculatum sur Tela-botanica

- Lamium hybridum sur Tela-botanica


Lamium purpureum et Gonepteryx rhamni, Poitiers bords de Boivre

Un des premiers butineurs au sortir de l'hiver: le Citron (Gonepteryx rhamni), un adepte du Lamier pourpre, forcément!

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