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Grand banditisme
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Faut-il sauver le soldat Amorpha fruticosa?
Date 25/06/2016
Ico Grand banditisme
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 Amorpha fruticosa, Amorphe buissonante, Poitiers Mérigotte


Amorpha fruticosa (Amorphe buissonante ou Indigo du bush) est un arbuste à croissance rapide de la famille des Fabaceae, celle des Fèves, Pois, Haricots, Trèfles, Luzernes, Vesces ou encore Gesses...  Une confrérie au milieu de laquelle notre Sauvage fait office d'excentrique: Amorpha est d’ailleurs la «déformée» en grec, tant ses fleurs ne ressemblent guère a celles de ses consœurs.


 Amorpha fruticosa, Amorphe buissonante, Poitiers Mérigotte

Amorphe buissonante, Poitiers quartier Mérigotte


Amorpha fruticosa est une Sauvage américaine (Amérique du Nord et Mexique), importée sur le territoire européen dès le 18ème siècle pour ses qualités ornementales: elle pousse vite, son système racinaire étendu fixe efficacement les berges et les talus, sa floraison est élégante et très mellifère.


Si certaine région française sont déjà très impactées par sa présence, Amorpha fruticosa reste une curiosité botanique en Poitou Charentes: on ne recense que quelques pieds sauvages autour de Poitiers. Pour le botaniste Yves Baron (Les plantes sauvages & leurs milieux en Poitou-Charentes), ceux ci nous auraient été laissés par le passage de l'armée américaine en 1917 (volontairement ou fortuitement).

- T’es de quelle tribu?

- L’armée américaine.

(La planète des singes, Tim Burton)

 Amorpha fruticosa, Amorphe buissonante, Poitiers Mérigotte

Feuilles imparipennées de l'Amorphe buissonante qu'on pourrait confondre avec celles d'un autre membre du clan Fabaceae, le Robinier faux-accacia (Robinia pseudoacacia).


Dans les parties les plus colonisées au sud du pays, c'est le long des cours d'eau, au bord des lacs et des marais, que Amorpha fruticosa aime planter ses racines; elle supporte cependant n'importe que type de sol, même les plus pauvres et les plus secs... Ce qui ne va pas sans poser quelques préoccupations:


En terrain favorable, la Sauvage se resème abondamment. Ses graines lourdes et imposantes restent généralement à proximité du pied mère, mais présentent un pouvoir germinatif exceptionnel (certains auteurs avancent un taux de réussite de 80%). La croissance rapide des nouveaux nés asphyxie la concurrence alentour. A cette reproduction sexuée efficace s'ajoute une forte capacité à la multiplication végétative, via des rejets vigoureux, ainsi que des tiges et des racines qui se bouturent sans peine en milieu humide.


 Amorpha fruticosa, Amorphe buissonante, Poitiers Mérigotte

Fruits de l'Amorphe buissonante, Poitiers Mérigotte


Amorpha fruticosa ne connait pas de prédateurs sous nos latitudes (ses feuilles et ses gousses contiendrait des toxines la mettant à l'abri des ravageurs). Elle supporte le froid, la sécheresse comme les grands vents. Bref, dans le sud du pays (et dans les pays du bassin méditerranéen, comme l'Italie), la belle a déjà gagné son titre d'invasive et rejoint les rangs du grand banditisme végétal au côté de la Renouée du Japon ou de la Jussie.


 Amorpha fruticosa, Amorphe buissonante, Poitiers Mérigotte

Foliole "perforée" de petites glandes (contenant des substances aromatiques) de l'Amorphe buissonante, Poitiers Mérigotte


Amorpha fruticosa profite des erreurs de gestion (absence de programme de végétalisation après des coupes à blanc ou des réfections de berges) pour s'implanter avant tout le monde. Ainsi, du côté de la Vallée du Rhône, certaines colonies d'Amorpha fruticosa semblent échapper à tout contrôle, comme l’atteste cette impressionnante carte postale envoyée par un ami qui herborise sur les berges de la Lône de Caderrouse (84):


Amorpha fruticosa, Amorphe buissonante, berges de la Lône de Caderrouse (84), crédit photo: C.Mora

« ...On observe des dizaines de kilomètres de berges dont le peuplement végétal est monospécifique: Amorphe buissonnante. Dans le sud  — j'ai observé la même chose en Italie  — elle peut recouvrir 100% des berges des annexes fluviales, où elle remplace les Saules et bloque toutes les successions végétales.... »


Curieux paradoxe, Amorpha fruticosa est également susceptible de bouleverser les milieux naturels qu'elle colonise... Par la richesse qu'elle apporte au sol! Comme les autres membres Fabaceae, la Sauvage puise ses forces depuis l'azote atmosphérique (grâce à une symbiose avec une bactérie, ou nodosité, voir l'article sur Medicago arabica). Force qu'elle rend au sol au fur et à mesure de son dépérissement (c'est la raison pour laquelle nombre de Fabaceae sont utilisés comme «engrais verts»). Sa présence est donc marquante pour le sol, au risque de voir certaines populations végétales, pour qui une forme de pauvreté du milieu est une nécessité, se faire définitivement déloger.

- Qu'est ce que tu viens me chanter là avec ces pauvres? Plus vite ces crève-la-faim repartiront et plus vite arriveront les Yankee! Et eux au moins ils ne paient pas en monnaie de singe! Ils règlent en dollars! Et cash!

(Le Bon la Brute et le Truand, Sergio Leone)

 Amorpha fruticosa, Amorphe buissonante, Poitiers Mérigotte

Fleurs en épis de l'Amorphe buissonante, Poitiers quartier Mérigotte


Pour l'heure, du côté du Poitou, la présence très discrète (mais surveillée) de la Sauvage Yankee n’inquiète guère. Elle est même, de par sa rareté à l'état sauvage, une «attraction botanique» à l'heure de sa floraison atypique: chaque fleur est constituée d'un unique pétale pourpre, enroulé sur lui même comme une galette mexicaine, d'où jaillissent ses étamines oranges. Des atouts qui attirent quelques promeneurs, mais surtout les butineurs qui se bousculent autour de ses fleurs à la fin du printemps.


Amorpha fruticosa, Sauvages du Poitou!


Pour aller plus loin:

- Amorpha fruticosa sur Tela-botanica


 Amorpha fruticosa, Amorphe buissonante, Poitiers Mérigotte

Amorphe buissonante, un gringo placé sous la garde des Ailanthes, Poitiers quartier Mérigotte

>Voir le billet et ses commentaires...
 

Pétasite odorant, la Sauvage au chapeau
Date 26/02/2016
Ico Pirates des bords d'eau
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Petasites pyrenaicus (syn. Petasites fragrans ou Tussilago fragrans), Pétasite odorant, Sauvages du Poitou

Petasites pyrenaicus, ex-Petasites fragrans, ex-Tussilago fragrans!


Petasites pyrenaicus (Pétasite odorant ou Héliotrope d'hiver) appartient au clan Asteraceae, les plantes aux très nombreuses fleurs réunies en de gros «capitules» (Pâquerettes, Pissenlits, Marguerites...). Les Petasites doivent leur noms à leurs grandes feuilles, petasos désignant un chapeau rond en grec.


Petasites, Sauvages du Poitou


Petasites pyrenaicus, Pétasite odorant, Poitiers bords de Boivre

Feuille radicales, réniforme et denticulées du Pétasite odorant, Poitiers bords de Boivre


Petasites pyrenaicus est une plante vivace, rustique, d'origine méditerranéenne (Sardaigne, Sicile, Afrique du Nord). Introduite dans les jardins français pour son charme et son parfum, la Sauvage semble avoir réussi son évasion: aujourd'hui, il n'est pas rare de la croiser au détour d'un chemin frais et humide, bien loin de ses terres natales.

- Regardez moi Monsieur, regardez moi bien je suis un évadé!

- Moi aussi, du commissariat.

- Ah! Peccadilles! Foutaises! Moi je suis évadé d'un HLM!

(Un idiot à Paris, Serge Korber)

Petasites pyrenaicus, Pétasite odorant, Poitiers bords de Boivre

Pétasite odorant, Poitiers bords de Boivre


Dès la fin de l'hiver, Petasites pyrenaicus pointe ses feuilles et ses capitules à l'odeur de vanille, riches en nectar.


Un capitule est un regroupement de nombreuses fleurs de petites tailles (un bouquet de fleur en somme). Ceux de Petasites pyrenaicus rassemblent des fleurs «tubulées» au centre (en forme de tube, couronnées par 5 «dents») et des fleurs prolongées par une grande languette à la périphérie, comme un long pétale unique ouvert vers l’extérieur (on dit de ces dernières qu'elles sont «ligulées»).


Petasites pyrenaicus, Pétasite odorant, Poitiers bords de Boivre

Capitule du Pétasite odorant, Poitiers bords de Boivre


Sur les pieds mâles, les fleurs tubulées au centre assurent la production de pollen, les fleurs ligulées à la périphérie sont parsemées et stériles. A l'inverse, sur les pieds femelles, les fleurs tubulées au centre sont stériles, alors que les nombreuses fleurs ligulées à la périphérie portent les ovaires...


Petasites pyrenaicus, Pétasite odorant, Poitiers bords de Boivre

Fleurons tubuleux (à gauche) et ligulés (à droite) du Pétasite odorant


Ainsi, la Sauvage peut tromper l'apprenti botaniste en lui laissant penser que le capitule (d'un pied mâle ou femelle) qu'il contemple est une grosse et unique fleur couronnée de pétales... Et c'est bien là le but de Petasites pyrenaicus, comme celui des nombreuses Asteracea qui partagent ses caractéristiques! Non pas de nous tromper, mais de tromper les butineurs, et de pallier à la miniaturisation de leurs organes sexuels, qui sans ce stratagème ne constitueraient que de maigres arguments marketings vus du ciel...


Asteraceae, Sauvages du Poitou!


Il n'est pas rare de lire que les inflorescences (ainsi que les pétioles et les feuilles) de Petasites pyrenaicus sont comestibles après cuisson... Pour ma part, je préfère m'abstenir: des études indiquent la présence d'alcaloïdes mutagènes, pouvant provoquer des tumeurs hépatiques en cas de consommation répétée. La nature offre tellement d'autres ressources!

De plus, il convient de ne pas confondre Petasites pyrenaicus avec un autre membre du clan, Petasites hybridus (Petasite hybride), généralement considéré comme toxique (sans doute pour des raisons similaires). Ce dernier se distingue par la taille imposante de ses feuilles qui apparaissent en été, bien après ses capitules réunis en grappes serrées (c'est lui le vrai «chapelier»: ses feuilles peuvent atteindre 50cm de diamètre, contre 15 cm seulement pour Petasites pyrenaicus).


Petasites pyrenaicus, Pétasite odorant, Poitiers bords de Boivre

Couvert dense du Pétasite odorant, Poitiers bords de Boivre


Les fruits de Petasites pyrenaicus sont de petits akènes plumeux que le vent disperse. En dehors de son bassin natal, il semble que la reproduction sexuée ne soit pas son point fort. Peut-être parce que la répartition des sexes n'est pas toujours équitable au sein de ses colonies (voir même inexistante: chez nos voisins anglais, seul les pieds mâles se sont naturalisés sur l'île).


En revanche, ses couverts vastes et denses illustrent sa capacité à se multiplier via son rhizome charnu (reproduction végétative); dès la fin de l'hiver, Petasites pyrenaicus sape la concurrence, reléguée à l'ombre de ses feuilles en parasol. Au point que la Sauvage commence à être surveillée de près dans la partie ouest du pays (particulièrement en Bretagne), où ses débordements dans les zones humides sont de plus en plus courants. Quoiqu'il en soit, il convient aujourd'hui de ne pas encourager son implantation en milieu sauvage de manière inconsidérée.

On veut pas de types comme vous dans cette ville: des vagabonds. Parce qu'on en a déjà toute une bande de types comme vous dans cette ville, voilà pourquoi. Et puis toute façon vous ne vous plairiez pas ici: c'est une petite ville tranquille... On peut même dire qu'on s'emmerde ici.

(Rambo, Ted Kotcheff)

Pour aller plus loin:

- Petasites pyrenaicus sur Tela-botanica


Petasites pyrenaicus, Pétasite odorant, Saint Benoît

Pour descendre vers le Clain, suivez le Pétasite odorant! (Saint Benoît)

>Voir le billet et ses commentaires...
 

Renouée du japon, la terreur
Date 02/10/2015
Ico Grand banditisme
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Reynoutria japonica, Renouée du Japon, Sauvages du Poitou


Reynoutria japonica (Renouée du japon) appartient à la famille Polygonaceae, aux côtés des Sarrasin, Rhubarbes et autres Rumex. La Sauvage se dresse sur une tige solide parcourue de plusieurs «nœuds», signe distinctif des Renouées, qu'elles soient minuscules (Polygonum aviculare, la petite Renouée des oiseaux) ou géantes, comme la Renoué du Japon.


Pour le grand public, la désignation Renouée du Japon recouvre généralement trois plantes proches, difficiles à différencier: Renoutrya japonica, Reynoutria sachalinensis (Renouée de Sakhaline, aux feuilles deux fois plus longues, jusque là, tout va bien) et Reynoutria x-bohemica (Renouée de Bohême, une hybride des deux précédentes, ça se complique franchement!). Les trois fausses jumelles, courantes sur le territoire français, présentent des comportements semblables: ce qui est dit sur Reynoutria japonica dans cet article est également vrai pour ses deux sœurs.


Reynoutria japonica, Renouée du Japon, Poitiers Chilvert

Jeune pousse de Renouée du Japon,

Poitiers quartier Chilvert


Une fois n'est pas coutume, commençons d'abord par nous intéresser aux vertus culinaires de la Sauvage: Reynoutria japonica est une excellente comestible. C'est d'ailleurs à ce titre qu'elle fut introduite en Europe, dès le moyen âge, depuis l'Asie (Chine, Corée, Japon et Sibérie). Capable de produire une biomasse importante en un temps record, elle a tout le potentiel d'une bonne fourragère (en pratique malheureusement, le bétail n'en raffole pas). L'homme préfère consommer les jeunes pousses ou l'extrémité des grandes tiges, cuites dans l'eau comme des asperges.


Reynoutria japonica profita d'une seconde vague d'importation vers l'Europe au 18ème siècle, sans doute grâce à ses qualités ornementales: la Sauvage pousse haut et vite, avant d’agrémenter, à la fin de l'été, ses massifs de fleurs blanches très mellifères (précieuses pour les abeilles à l'approche de l'automne). Les graines produites par la plante sont généralement stériles, les pieds de Reynoutria japonica disposant de fleurs mâles fertiles étant inexistants en France (des hybridations avec les autres Renouées géantes, pour peu qu'elles se croisent sur un même territoire, restent possibles).


Reynoutria japonica, Renouée du Japon, Saint-Gildas-de-Rhuys (56)

Fleurs en panicules de la Renouée du Japon, Saint-Gildas-de-Rhuys (56)


A ce point de l'article, on est en droit de se demander comment la Renouée du Japon a réussit à devenir l'archétype même de la plante invasive, et pourquoi la simple évocation de son nom cause des sueurs froides à ceux qui la côtoient de près... Car il se trouve que la Sauvage est aujourd'hui épinglée comme une véritable peste végétale, une terreur surveillée de très près par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature!


Comme on l'a vu, en Europe, Reynoutria japonica n'a guère pu compter sur la reproduction sexuée (via des fleurs) pour se propager. Sa survie et son développement repose donc sur son mode de reproduction végétatif (via ses racines)... Et ce dernier s'avère d'une efficacité redoutable!
Reynoutria japonica, Sauvages du Poitou

Reynoutria japonica est vivace, avec des parties souterraines capables de s'enfoncer à 2m de profondeur et de s'étendre jusqu'à 7m autour d'un seul pied. Ses rhizomes démesurés libèrent une toxine dans le sol, pénalisant toute vie végétale alentour, histoire de saper la concurrence. Si l'on tente de s'en débarrasser (voir liens en bas d'article), il faut savoir que le moindre centimètre de rhizome oublié en terre donnera naissance à un nouveau plant... De plus, en milieu humide (bords de rivières), une tige emportée par le courant et laissée à même le sol suffit pour démarrer une bouture.


Reynoutria japonica, Renouée du Japon, Poitiers bords de Clain

Petites Renouées du Japon...

Deviendront grandes, Poitiers bords de Clain.


Le moins que l'on puisse dire, c'est que les colonies géantes de Reynoutria japonica imposent le respect. Fauchées aux pieds, elles sont capables de repartir de plus belles et ce en un temps record (les jeunes pousses peuvent atteindre 3m de hauteur en une seule saison), occupant un espace ahurissant et laissant tous les autres végétaux sur le carreau... Autant de paysages où la biodiversité est mise à mal.


Les plus perspicaces se demanderont peut être: comment se fait-il qu'une plante présente sur le territoire depuis le Moyen-âge devienne brusquement, au 20ème siècle, une hors-la-loi incontrôlable? Qui a fâché Reynoutria japonica?


Reynoutria japonica, Renouée du Japon, Poitiers Chilvert

Colonie de Renouées du Japon, Poitiers Chilvert


Répondre à cette question reste une affaire de spécialistes, mais on peut entendre aujourd'hui quelques pistes de réflexions intéressantes:


Revenons aux origines asiatiques de Reynoutria japonica: au Japon, la Sauvage habitait le plus souvent les flancs des volcans; autant dire des sols naturellement hostiles et perturbés! Reynoutria japonica est donc dès son berceau une plante coriace, élevée à la dure, qui se sent comme un pied dans une pantoufle sur les sols métallifères.


Les pollutions industrielles ont probablement favorisé le réveil de la Sauvage (et pénalisé la concurrence), dont les rhizomes peuvent patienter plusieurs années dans le sol sans broncher, en l'attente de jours meilleurs. En tant que plante bio-indicatrice, Reynoutria japonica est souvent le signe inquiétant de sols pollués aux métaux lourds et à l'aluminium.


De plus, dans les zones urbaines, les travaux de terrassement incessants ont sans doute boosté la propagation des rhizomes: rien de tel qu'un bon coup de pelleteuse dans un rhizome de Renouée du Japon pour transformer ce dernier en vaste massif!


Reynoutria japonica, Renouée du Japon, Saint Gildas de Rhuys (56)

La Renouée du Japon s'épanouit...

Sur les sols en mauvaise santé!


A Poitiers (quartier Chilvert), j'observe régulièrement l'évolution inquiétante d'une imposante colonie de Reynoutria japonica qui encadre un terrain de foot municipal; une innocente surface de gazon, polluée, au pire, par la transpiration des minis «Zidane» qui la foule. A l'horizon, pas d'usines, seulement quelques pavillons tranquilles...


Reynoutria japonica, Renouée du Japon, Poitiers Chilvert

Renouée du Japon, Poitiers Chilvert (feuilles alternes, presque tronquées à leur base)


Un jour de promenade, les anciens me confient le secret oublié du quartier: à la fin de la seconde guerre mondiale, la ville de Poitiers qui a souffert des bombardements alliés doit se reconstruire. La zone où s'étend aujourd'hui le terrain de sport devient une gigantesque décharge à ciel ouvert où sont entassés tous les débris d'après guerre. Finalement, la décharge est cachée sous une bonne couche de terre, une pelouse est semée, deux cages de foot plantées! Voyez, où Reynoutria japonica prolifère crânement, la suspicion de pollution lourde n'est jamais bien loin...


Aujourd'hui, l'expansion de la Sauvage est telle qu'il n'est pas rare d'observer des massifs importants sur des terres — à priori — saines. Reynoutria japonica est devenu, à force de voyages et surtout à force de côtoyer l'homme, une hors-la-loi avec laquelle il convient de faire preuve d'humilité, et surtout de la plus grande vigilance!


Reunoutria japonica, Renouée du Japon, Poitiers bords de Boivre

Pied de Renouée du Japon sur lit de Pétasite odorant, Poitiers bords de Boivre

Addenda (février 2016): les scientifiques anglais terminent cette année un programme de recherche démarré en 2004, qui vise à tester l'introduction de prédateurs naturels de la Renouée du Japon en Europe (sur son aire d'origine, l'expansion de la Sauvage est naturellement contrôlée par la faune autochtone). Un psylle (sorte de petite cigale), Aphalara itadori, présente des résultats très prometteurs; tout laisse à penser que son introduction sera validée puis généralisée sous peu. (source: La Garance voyageuse, N°112)

Pour aller plus loin:

- Identification assistée par ordinateur

- Reynoutria japonica sur Tela-botanica

- «Que faire si j'ai de la Renouée du Japon dans mon jardin?»; Les conseils abondent sur la toile, ceux de la ville de Juvisy sont particulièrement clairs et concis.

- Une recette de cuisine originale pour (essayer de) se réconcilier avec la Sauvage!

>Voir le billet et ses commentaires...
 


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