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Vocabulaire de la botanique (6): inflorescences et capitules
Date 13/11/2017
Ico Cours de botanique joyeuse!
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Inflorescences et capitules, Sauvages du Poitou

Après les articles consacrés aux fleurs régulières et aux fleurs irrégulières (Papilionacées, Lamiacées, Orchidées...), continuons notre promenade autour des mots qui nous permettent de décrire, et donc d'observer avec acuité, les fleurs de nos Sauvages. Notre vocabulaire est suffisamment fourni pour décrire les organes sexuels des plantes un par un, jusque dans le détail. Reste à prendre un peu de recul pour regarder l'ensemble: l'inflorescence. La fleur est-elle seule et isolée, tel un Robinson perché en haut de son cocotier? Ou les fleurs sont-elles au contraire nombreuses sur la tige, réunies en bande?
Rassemblez vos hommes. On se met en formation...
(Il faut sauver le soldat Ryan, Steven Spielberg)

Les inflorescences simples, Sauvages du Poitou

Grappe: ensemble de fleurs pédicellées sur un axe, le pédicelle étant la petite ramification qui porte la fleur, l'ultime pédoncule en quelque sorte (ex: Cardamine des prés).

Épi: ensemble de fleurs sessiles (dépourvues de pédicelle) sur un axe (ex: Verveine officinale).

Corymbe: les fleurs, aux pédicelles de plus en plus courts au fur et à mesure qu'on se rapproche du sommet, s'épanouissent toutes sur un même plan.

Les inflorescences simples, Sauvages du Poitou

Ombelle: les fleurs sont portées par des pédicelles rayonnants, égaux ou presque (ex: Ail des ours).

Cyme bipare: deux axes secondaires s'insèrent sous l'axe principal.

Cyme unipare: sous l'axe principal s'insère une seule ramification secondaire, qui porte elle-même une ramification, etc. Lorsque l'ensemble dessine une «queue de scorpion», on parle de Cyme scorpioïde (ex: Myosotis des champs).

Cette liste n'est bien sûr pas exhaustive, et plusieurs combinaisons sont possibles. Vous connaissiez déjà les feuilles simples et les feuilles composées... Voilà maintenant les inflorescences simples et les inflorescences composées!


Les leçons de botanique de Sauvages du Poitou!


Exemple d'inflorescence composée: les grappes de grappes des fleurs du Troène commun (Ligustrum vulgare) qui forment ce qu'on appelle une «panicule». Ce n’est pas les butineurs qui se plaindront d'une telle surenchère, les fleurs du Troène commun étant aussi mellifères que parfumées.


Ligustrum vulgare, Troène commun, Poitiers Chilvert

Panicule dense du Troène commun, Poitiers quartier Chilvert


Il est une famille de Sauvages, les Apiaceae ou «Ombellifères», qui s'est fait une spécialité dans la confection d'ombelles sophistiquées. Certains membres du clan vont jusqu'à afficher des ombelles d'ombelles (on parle plutôt d'ombelles d'ombellules), à l'image de la divine Angélique des bois (Angelica sylvestris):


Angelica sylvestris, Angélique des bois, Poitiers bords de Boivre

Ombelle d'ombellules de l'Angélique des bois, Poitiers bords de Boivre


Je capitule! Vous m'avez conquis sans résistance!

(La Tulipe noire, Christian-Jacque)

Pourtant, même la plus inspirée des Ombellifères ne peut rivaliser avec l'ingéniosité des Asteracées (les «Composées») qui semblent atteindre des sommets d'astuce en matière d'inflorescence. Il faut dire que les Astéracées sont une des familles les plus récentes dans la grande histoire de l'évolution végétale, et qu'elles bénéficient à ce titre des trouvailles les plus modernes en matière de reproduction.


Le coup du capitule, Sauvages du Poitou!


Les Astéracées ont miniaturisé leurs fleurs, de manière à pouvoir en entasser le plus grand nombre sur un seul réceptacle... Jusque-là, rien d'extraordinaire. Mais elles ont aussi conçu un emballage marketing très particulier à destination des butineurs: les minuscules fleurs (les «fleurons») sont regroupées en une inflorescence qui prend l'apparence d'une grosse fleur unique, nommée capitule. Ainsi, certaines fleurs se chargent d'imiter les pétales à la périphérie (les fleurons ligulés), pendant que les autres dessinent un cœur au centre (les fleurons tubuleux). Le butineur, pensant plonger dans une fleur aux rondeurs généreuses, pollinise d'un coup d'un seul une myriade de fleurs...


Le Capitule par Sauvages du Poitou!

Si l'on appelle sépales les feuilles spécialisées qui entourent et protègent une fleur, on appelle bractées les feuilles spécialisées qui entourent et protègent une inflorescence (ou un capitule). La collerette formée par l''ensemble des bractées se nomme involucre.


Difficile de rendre hommage à la richesse des fleurs à capitule en quelques coups de crayons. Les variations sur ce thème sont nombreuses : les fleurons peuvent être stériles, mâles, femelles ou les deux en même temps. Le dessin ci-dessus pourrait illustrer, par exemple, le capitule du Séneçon jacobée, qui présente des fleurons tubuleux hermaphrodites (mâles et femelles) au centre de ses fleurs, et des fleurons ligulés strictement femelles à leur périphérie. 

En terme de pollinisation (et donc de reproduction) les Astéracées ont en quelque sorte initié l'ère industrielle du règne végétal! Marketing, efficacité, industrie... On ne fait pas dans la poésie champêtre, mais remarquez comme les fleurs à capitules vivent en parfaite adéquation avec leur temps (et donc le notre). Sur les 10 sauvages les plus fréquentes dans les villes françaises (source Sauvages de ma rue), la moitié sont des Asteracées: Pissenlit, Laiteron potager, Laitue scariole, Séneçon commun et Vergerette du Canada. Alors si vous découvrez avec cet article les subtilités du capitule, sachez que vous avez forcément observés ceux ci à maintes reprises, et ce depuis votre tendre enfance...


Leucanthemum vulgare, Taraxacum officinale et Lactuca muralis, Vienne (86)

De gauche à droite: capitules de la Marguerite commune, du Pissenlit et de la Laitue des murailles.


Ainsi, la Marguerite commune (Leucanthemum vulgare) présente des fleurons tubuleux jaunes en son centre, et des fleurons ligulés blancs à sa périphérie. «Je t’aime, un peu, passionnément, à la folie…». Vous l'aurez compris, nul amoureux (et surtout nul botaniste)  n'a jamais effeuillé les pétales de la Marguerite: ce sont les fleurons ligulés qu'on effeuille!


Le Pissenlit (Taraxacum officinale) ne possède aucun fleuron tubuleux: chez lui, tous les fleurons sont jaunes et ligulés. Son célèbre capitule, constitué d’innombrables languettes, ressemble un peu aux pompons de notre enfance.


La Laitue des murailles (Lactuca muralis), une locataire des trottoirs et des murs ombragés de nos cités, dresse ses petites fleurs jaunes à 5 pétales à l'entame de l'été... Sauf qu'il ne s'agit pas de fleurs, mais de capitules: ceux-ci sont constitués de 5 fleurons seulement, tous ligulés. L'illusion est totale, l'abeille et l'apprenti botaniste ne peuvent qu'applaudir la magicienne!


Terminons en regardant de près les fleurs de l'Achillée millefeuille (Achillea millefolium), à l'image de ce papillon, un Cuivré commun (Lycaena phlaeas), surpris en flagrant délit de révisions botaniques:


Achillea millefollium, Achillée millefeuille, St Gildas de Rhuis (56)

Achillée millefeuille, St Gildas de Rhuys (56)


Si l'Achillée millefeuille a l'allure d'une Ombellifère, elle n'en a que l'allure: chacune des petites fleurs de ses corymbes est en réalité un capitule constitué de fleurons tubuleux et ligulés blancs. On peut donc dire de la Sauvage (un membre de la famille Asteraceae en réalité) que ses inflorescences (composées) sont des corymbes de capitules... Rien que ça!

T’es comme Superman, mais sans les collants.

(90210 Beverly Hills, Rob Thomas)

Pourtant, même la légendaire Achillée millefeuille s'incline devant l’Edelweiss (Leontopodium nivale), une montagnarde qu'on rencontrera peut être si l'on parvient à passer la barre des 1200 mètres d’altitude (même avec une échelle de pompier, c'est impensable dans le Poitou). L'Edelweiss rassemble des capitules jaunes (composés de fleurons tubuleux) par paquet de cinq ou six, et les entoure d'une couronne de feuilles blanches pointues et duveteuses (des bractées) qui revêtent l'allure de pétales. En somme, l’Edelweiss, une super Sauvage, a inventé le capitule de capitules, le super capitule!


Leontopodium nivale, Edelweiss, Sauvages du Poitou!


D'autres leçons de botanique consacrées aux fleurs sur Sauvages du Poitou:

- Le vocabulaire de la botanique (4): les fleurs régulières

- Le vocabulaire de la botanique (5): les fleurs irrégulières

- Le vocabulaire de la botanique (7): Poacées, herbes, céréales, pelouses et gazons


Pour aller plus loin:

- L'inflorescence sur Wikipedia.

- Vocabulaire illustré de la botanique par Maurice Reille


Référence bibliographique:

- La botanique redécouverte de Aline Raynal-Roques

>Voir le billet et ses commentaires...
 

Vocabulaire de la botanique (5): fleurs irrégulières
Date 20/10/2017
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Bouquet de fleurs sauvages zygomorphes du Poitou!


Après l'article consacré aux fleurs régulières (les fleurs en tout point symétriques par rapport à leur centre, de forme «classique» et circulaire en somme), il est temps de se pencher vers des spécimens d'apparence plus excentrique: les fleurs irrégulières (ou «zygomorphes») qui apportent avec leurs silhouettes alambiquées un cortège de nouveaux mots. On peut dégager quelques clans de Sauvages emblématiques (mais pas exclusifs) au sein de ce courant botanico-artistique!

On dirait un Picasso période déstructurée!

(Sacré Robin des Bois, Mel Brooks)

Les fleurs irrégulières, Sauvages du Poitou!




La famille Fabaceae (où se côtoient des célébrités telles que les Fèves, Pois, Haricots, Trèfles, Luzernes, Vesces, Gesses...) est une des plus riches en matière de fleurs irrégulières. Et plus particulièrement ses membres qualifiés de «Papilionacés»: c'est dans les filets des amateurs de papillons, mais surtout au fond des cales des voiliers de plaisance (Hisse et ho!) qu'on va attraper les mots nous permettant de décrire leur cinq pétales.


La fleur papilionacée, Sauvages du Poitou

Étendard : le pétale supérieur, généralement le plus large.

Ailes : les deux pétales latéraux.

Carène : ensemble des deux pétales inférieurs.

Medicago arabica, Luzerne d'Arabie, Poitiers Chilvert


Fleurs de la Luzerne d'Arabie (Medicago arabica): une corolle jaune formée d'un étendard (l'imposant pétale supérieur), de deux ailes (les deux courts pétales recourbés en bas, à gauche et à droite) et d'une carène (deux pétales soudés entre eux, en bas au centre).


Vicia faba, Fève cultivée, Poitiers Chilvert


Atterrissage d'une Abeille charpentière (Xylocopa violacea) sur les fleurs de la Fève cultivée (Vicia faba): une corolle formée d'un grand étendard blanc zébré de noir, de deux ailes blanches tachées de noir et d'une carène blanche et discrète (masquée par les deux ailes).


Leptidea sinapis sur Lotus corniculatus, Saint Aignan (41)


La Piéride du lotier (Leptidea sinapis) et le Lotier corniculé (Lotus corniculatus): un papillon et une Papillonacée, forcément inséparables! Le large étendard du Lotier corniculé surplombe les deux ailes (celles-ci peuvent être aussi grandes que l'étendard). Les ailes recouvrent et cachent une carène fortement coudée, telle une petite corne. C’est peut-être de là que la Sauvage tire son nom, corniculatus étant la corne en latin.



T’es mal placé dans la chaîne alimentaire pour faire ta grande gueule!

(L’âge de glace, Chris Wedge et Carlos Saldanha)

Du côté des Lamiaceae (anciennement «Labiées»), représentées par les Menthes, Mélisses, Thyms, Romarins, ou Origans, on puise l'inspiration dans la mythologie grecque: la jeune et séduisante Lamia était l'amante de Zeus. Un jour, la femme du Dieu, Héra la jalouse, tua leur enfant illégitime. Lamia, inconsolable, décida qu'aucune mère n'avait le droit d'être heureuse, et se transforma en un monstre qui mangeait les enfants des autres! Ainsi, les fleurs des Lamiaceae qui évoquent une gueule ouverte doivent leur nom à la terrible ogresse... Leurs pétales deviennent tout naturellement des «lèvres».


Lamiaceae...? Sauvages du Poitou!


Les lèvres se présentent toujours deux par deux: une supérieure et une inférieure (quoi de plus normal pour une bouche). Quant à l'entrée du tube formé par la corolle, elle est désignée comme étant... «La gorge»!


Rosmarinus officinalis, Romarin officinal, Poitiers Chilvert


Fleurs du Romarin officinal (Rosmarinus officinalis) en train d'«avaler» une abeille: la lèvre supérieure de la corolle forme une sorte de «casque» fendu (on appelle «casque» un sépale ou un pétale supérieur recourbé vers l'avant). La lèvre inférieure possède trois lobes, le central plus large et concave: c'est la «piste d'atterrissage» pour les butineurs.


Lamium maculatum, Lamier maculé, Dagneux (01)


Fleurs du Lamier maculé (Lamium maculatum): la corolle forme un tube courbé qui enfle au niveau de la gorge. La lèvre supérieure est entière et un peu poilue sur les bords. La lèvre inférieure a trois lobes: les deux lobes latéraux ne forment guère plus qu'une petite dent de chaque côté. Le grand lobe médian, maculé de rose et de blanc, est comme une grosse langue pendante. Bien souvent, c’est la première chose qui nous frappe lorsqu’on rencontre une Lamiacée : elle nous tire la langue !


Les fleurs zygomorphes des Lamiacées cachent parfois des mécanismes complexes, destinés à favoriser leur reproduction. Ainsi, les butineurs qui s'engouffrent dans les corolles de la Sauge des prés (Salvia pratensis) s'opposent à des «barreaux» qui barrent l'accès au nectar. En forçant le passage, le butineur enclenche une mécanique de contrepoids qui fait pivoter des étamines vers le bas, jusqu'à ce que leur anthère touche le dos de l'insecte pour y déposer le pollen.

Salvia pratensis, Sauvages du Poitou!

Les épaules ainsi saupoudrées, le butineur s'envole vers d'autres fleurs où son dos caressera la «langue de serpent» qui surplombe la fleur, en fait le style recourbé d'un pistil à maturité... Ingénieuse nature!


Salvia pratensis, Sauge des prés, Biard Petit Mazay (86)



Je suis un artiste et mon œuvre c’est moi.

(Hell, Bruno Chiche)

Les Orchidées (Orchidaceae) constituent une grande famille éclectique et c'est probablement en son sein qu'on trouve les artistes les plus perchés! Si le vocabulaire qui permet d'observer leurs chefs d’œuvres devient un poil plus hermétique, le piège réside surtout dans la ressemblance entre pétales et sépales (certains auteurs préfèrent même parler de six tépales), tous richement colorés. Disons qu'une fleur d'Orchidée présente généralement une structure à trois sépales (une première couronne extérieure) et trois pétales (une seconde couronne intérieure), disposés autour d'une pièce centrale nommée «colonne» qui regroupe les organes sexuels de la plante. Plongeons du côté obscur de la botanique:


Fleur de l'orchidée, Sauvages du Poitou!


Le sépale dorsal et les deux pétales latéraux convergent souvent pour former un «casque» protecteur au-dessus de la colonne. L'élément le plus spectaculaire est le pétale inférieur qui sert d'appât et de piste atterrissage pour les butineurs: on nomme celui-ci «labelle». Ce dernier est parfois prolongé d'un éperon vers l'arrière.


Anacamptis morio, Orchis bouffon, Biard aerodrome (86)


Fleurs l'Orchis bouffon (Anacamptis morio): les trois sépales et les deux pétales latéraux, nettement striés, forment un «casque» qui protège la colonne. Le labelle, plus large que long, est maculé en son centre, divisé en trois lobes (les lobes latéraux sont crénelés) et prolongé à l’arrière par un éperon.


C'est généralement une offrande de nectar (lorsqu'il y a un éperon, celui ci en constitue la réserve) qui permet aux Sauvages d'attirer les butineurs dans leurs fleurs. Chez certaines Orchidées, la stratégie est toute autre. Le labelle s'est transformé au fil de l'évolution en une imitation de la seule chose qui compte plus qu'un festin aux yeux d'un insecte: un partenaire pour la reproduction


Ophrys aranifera, Ophrys araignée, Biard aerodrome (86)


Fleur de L'Ophrys araignée (Ophrys aranifera): les trois sépales et les deux pétales latéraux sont verts «feuille». Le labelle est brun, bombé et velouté (pas d'éperon). Il est marqué d'une sorte de «H» au centre; ce genre de motif, nommé «macule», est très significatif lors de l'identification. De loin, le curieux labelle pourrait faire penser au corps d'une araignée... Mais Monsieur Andrena nigroaenea (c'est une abeille) y reconnait plutôt l'abdomen de sa femelle (les phéromones sexuelles dégagées par la Sauvage parachèvent l'illusion) sur lequel il se précipite et se frotte, assurant la pollinisation de l'orchidée!


Orchis anthropophora, Orchis homme pendu, Chasseneuil-du-Poitou (86)


Fleurs de l'Orchis homme pendu (Orchis anthropophora): les trois sépales et les deux pétales latéraux forment ensemble un «casque», pour ne pas dire une tête... Les lobes très découpés du labelle semblent dessiner le corps, les bras et les jambes d'un petit bonhomme! Notez que la Sauvage ne cherche pas spécialement à tromper les randonneurs pour les attirer jusque dans sa corolle: c'est la présence de nectar à la base du labelle qui incite les butineurs à visiter ses fleurs.


Les Orchidées fascinent, et le vocabulaire sophistiqué qui leur est associé (ne serait-ce qu'autour de leurs fleurs) ne saurait être présenté ici de manière exhaustive. Les termes étudiés dans cet article devraient toutefois vous permettre de vous orienter tranquillement vers une carrière d'orchidophile...




Je vous invite à nous retrouver dans un prochain article, où il sera question des inflorescences particulières en grappes, en ombelles, en corymbes ou encore en capitules (pour ne citer que les plus célèbres), et du vocabulaire spécifique aux Poaceae (ou Graminées), des Sauvages aux fleurs très discrètes. To be continued...


D'autres leçons de botanique consacrées aux fleurs sur Sauvages du Poitou:

- Le vocabulaire de la botanique (4): les fleurs régulières
- Le vocabulaire de la botanique (6): inflorescences et capitules
- Le vocabulaire de la botanique (7): Poacées, herbes, céréales, pelouses et gazons

Pour aller plus loin:

- Société Française d'Orchidophilie de Poitou-Charentes et Vendée

- Vocabulaire illustré de la botanique par Maurice Reille


Référence bibliographique:

- La botanique redécouverte de Aline Raynal-Roques

>Voir le billet et ses commentaires...
 

Vocabulaire de la botanique (4): fleurs régulières
Date 07/09/2017
Ico Cours de botanique joyeuse!
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Bouquet de fleurs sauvages régulières du Poitou!

Fleurs sauvages régulières (en tout point symétriques par rapport à leur centre)


Après la trilogie consacrée à l'étude du vocabulaire relatif aux feuilles en botanique, je vous propose de ressortir nos dictionnaires pour nous intéresser à la partie la plus solaire de nos Sauvages: la fleur. Si on devait définir cette dernière simplement, on pourrait dire:

Fleur: partie d'un végétal (souvent odorante et richement colorée) chargée de donner le sourire aux hommes et aux butineurs qui la contemplent.

Ce ne serait pas faux, mais incomplet. Pour que l'émerveillement soit total, il nous faut avancer plus loin... Ce qu'on appelle fleur renvoie à l'ensemble des organes de reproduction de la plante, ainsi que les diverses coquetteries qui les embellissent et les complètent.


Il faut se souvenir que tout ce qui est vert ne présente forcément de véritables fleurs (une fleur «vraie» est une fleur qui regroupe à la fois les organes de reproduction, mais aussi tous les accessoires sophistiqués — que nous allons énumérer dans cet article — qui les accompagnent). Les plantes à fleurs vraies (les angiospermes) sont apparues récemment dans la grande histoire de la vie, les premières remontant probablement au crétacé, il y a seulement une grosse centaine de millions d'années.


Bienvenue à Botanic Park avec Sauvages du Poitou!


Le plus souvent, les fleurs présentent à la fois des organes mâles et des organes femelles (lorsque c'est le cas, la fleur est dite «hermaphrodite»). Aussi, pour commencer notre exploration, emportons un couple de mots dans notre besace: Madame pistil et Monsieur étamine.


Le pistil est l'appareil reproducteur femelle de la fleur, les étamines en sont les organes mâles. La langue française n'étant pas à un traquenard près, notez que le pistil (femelle) est un nom masculin, alors que l'étamine (mâle) est un nom féminin. A ce point, deux voies s'offrent à vous: soit le simple souvenir de ce piège vous aide à retenir qui est qui, soit vous vous perdez définitivement! Reste à espérer que cette astuce orientera votre esprit dans la bonne direction...


Pistil et étamines, Sauvages du Poitou


Chaque fleur présente ses particularités, mais nous pouvons déjà imaginer une fleur «théorique», simple, comme la dessinerait un enfant :


La fleur théorique, Sauvages du Poitou

Pédoncule: petite tige ou «queue» qui porte la fleur ou l’inflorescence.

Réceptacle: sommet élargi du pédoncule sur lequel sont insérées les pièces florales.

Sépales: feuilles spécialisées qui supportent et protègent la fleur (l'ensemble des sépales est nommé calice).

Pétales: pièces chargées de protéger la fleur et surtout de la rendre attrayante pour les butineurs (l'ensemble des pétales est nommé corolle).

Retenez surtout deux points: les sépales sont des petites feuilles spécialisées (le plus souvent vertes) qui supportent et assurent un rôle de protection vis à vis du reste de la fleur, avant (et parfois même après) l'ouverture de celle ci.

Le rôle des sépales, Sauvages du Poitou

Les pétales sont aussi des feuilles spécialisées, aux formes variées et colorées. Leur rôle principal est d'attirer les insectes: chaque pétale est un panneau publicitaire à destination des butineurs!

Le rôle des pétales, Sauvages du Poitou!

Si l'on se penche d'un peu plus près sur ce puzzle, on observe d'autres pièces: les étamines (également appelées androcée, littéralement andros oikos «la maison de l'homme» en grec) sont composées d'une sorte de tige, appelée filet, au bout de laquelle se dresse l'anthère, un réservoir à pollen (le pollen est une sorte de véhicule dans lequel voyagent les spermatozoïdes, grâce au vent ou aux insectes).


Au centre de la fleur se trouvent un ou plusieurs carpelles. Chaque carpelle est une enveloppe foliaire qui protège un ovaire (contenant les ovules) surmonté d'un tube, le style. Ce dernier se termine en une extrémité visqueuse, le stigmate, chargé de capturer les grains de pollen qui lui passent sous le nez. C'est l'ensemble des carpelles qu'on appelle pistil (ou gynécée, littéralement gunè oikos, «la maison de la femme»). Résumons en image:


Psitil, carpelle et étamine, Sauvages du Poitou

L'ovaire peut être disposé au dessus des sépales et des pétales, auquel cas on dit qu'il est supère (et non pas super!): c'est par exemple le cas au potager pour les tomates, sur lesquelles on observe à maturité un fruit, issu de l'ovaire, placé au dessus des sépales. A l'inverse, un ovaire placé sous les sépales et les pétales est dit infère: c'est par exemple le cas sur les fleurs femelles des courgettes, où l'ovaire sous la fleur affiche une taille impressionnante (c'est lui qui grossira pour devenir une courgette après fécondation).


Ovaire supère et infère au potager, Sauvages du Poitou!

Elles sont belles mes tomates (ovaire supère), elles sont belles mes courgettes (ovaire infère)!


Il se peut que l'étude de ces mots savants vous procurent moins de plaisir qu'une promenade au grand air. Ce vocabulaire se révèle pourtant très utile lors de nos efforts d’identification sur le terrain: les mots vont nous aider à prêter attention a d'infimes détails (c'est peu de le dire, n'oubliez pas de vous munir d'une loupe), comme autant de signes indiens. En avant pour les travaux pratiques!


Vinca minor et Vinca major, Petite et Grande Pervenche, Poitiers


Petite pervenche (Vinca minor): la corolle présente cinq pétales tronqués au sommet, disposés au bout d'un «tube». Les cinq étamines et le pistil (tous très velus) sont difficiles à observer, car cachés à l'intérieur de la partie tubulaire de la corolle. C'est le calice qui va nous intéresser ici: les cinq sépales sont courts chez la Petite Pervenche (photo du centre), mais allongés chez la Grande Pervenche (Vinca major, photo de droite). Un élément qui va nous permettre (avec l'observation des feuilles) de distinguer l'une et l'autre.


Convolvulus arvensis, Liseron des champs, Poitiers Bellejouanne


Liseron des champs (Convolvulus arvensis): corolle composée d'une unique pièce en «entonnoir» (qui semble esquisser cinq pétales), cinq étamines soudées à la corolle entourent le pistil (constitué de deux carpelles soudés) au centre. Ces indices peuvent déjà nous mettre sur la piste du clan Convolvulaceae, dont les membres sont principalement des plantes grimpantes, des rampantes ou des lianes (Convolvere signifie «enrouler» en latin).


Helleborus foetidus, Hellébore fétide, Poitiers Bellejouanne


Hellébore fétide (Helleborus foetidus): cette Sauvage qui fleurit à la fin de l'hiver illustre bien le rôle protecteur des sépales. Ses grosses «clochettes» sont en réalité constituées de cinq sépales (bordés de rouge) chargés de protéger le reste de la fleur planquée à l'intérieur, bien à l'abri des intempéries et de la neige. Je vous l'accorde, ces sépales ressemblent fort à des pétales... On les qualifie pour cette raison de pétaloïdes! Les cinq véritables pétales se cachent sous les sépales. Ils ressemblent à des «cornets» et sont tous remplis d'un précieux nectar; les pétales ne sont guère visibles vus du ciel, mais ils remplissent leur rôle d’appât à butineurs en se comportant comme des cornes d'abondance. Le gynécée au centre est entouré par une armée d'étamines, bien plus longues que les pétales et disposées en spirale.


Hypericum perforatum, Millepertuis perforé, Poitiers Chilvert

Millepertuis perforé (Hypericum perforatum): cinq pétales à la symétrie imparfaite, denticulés d'un seul côté, ponctués de noir, trente à soixante étamines soudées entre elles par leur base entourent trois carpelles soudés entre eux (les trois styles divergent franchement). Ces signes (et d'autres, il convient toujours de croiser plusieurs éléments d'identification) nous mettent sur la piste du Millepertuis perforé, le seul parmi les nombreux Millepertuis à présenter de fortes qualités médicinales (anti-dépresseur).

Ornithogalum umbellatum, Ornithogale en ombelle, Poitiers brods de Boivre

Ornithogale en ombelle (Ornithogalum ombellatum): voilà un cas intriguant... Si vous observez les six pétales, blancs au dessus, verts «feuille» en dessous, vous serez bien en peine de dire s'il s'agit de pétales ou de sépales. Lorsque pétales et sépales sont indifférenciés, les botanistes ne tranchent pas, mais parlent plutôt... De tépales! Notez aussi les filets aplatis des six étamines libres (non soudées entre elles) qui entourent le pistil. Les Ornithogales empruntent leur nom à une expression grecque: ornithos est l'oiseau, gala le lait. Le lait d'oiseau étant chose fantastique, il désignait chez les grecs une chose rare et merveilleuse!

Colchicum autumnale, Colchique d'automne, Vouneuil sous Biard (86)

Les fleurs du Colchique d'automne (Colchicum autumnale) paraissent à la fin de l’été («Colchiques dans les prés, fleurissent, fleurissent, Colchiques dans les prés, c’est la fin de…»). Dépourvues de feuilles (feuilles et fruits sont visibles au printemps seulement), leurs fleurs reposent mollement au sol au bout d’une sorte de tige tubuleuse (la spathe). Elles aussi sont formées de six tépales: en fait trois pétales roses et trois sépales de même couleur et de même aspect. Six étamines, insérées sur deux niveaux différents, entourent trois styles aux stigmates recourbés en crochet. Une signature qui nous permettra de différencier Colchiques et Crocus, ces derniers affichant seulement trois étamines et un seul style.

Reste à digérer cette aventure en miniature avant d'aborder, dans un prochain article, quelques cas particuliers d'orfèvrerie végétale: les fleurs irrégulières (à la symétrie non radiale), les capitules et autres organisations spécifiques des inflorescences... En attendant, prenez votre temps et suivez les abeilles, elles connaissent forcément le chemin!

Suite des leçons de botanique consacrées aux fleurs sur Sauvages du Poitou:

- Le vocabulaire de la botanique (5): les fleurs irrégulières

- Le vocabulaire de la botanique (6): inflorescences et capitules

- Le vocabulaire de la botanique (7): Poacées, herbes, céréales, pelouses et gazons


Pour aller plus loin:

- La fleur sur Wikipedia

- La fleur sur Tela-botanica

- Vocabulaire illustré de la botanique par Maurice Reille


Référence bibliographique:

- La botanique redécouverte de Aline Raynal-Roques

>Voir le billet et ses commentaires...
 

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