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Jacinthe des bois, le trésor
Date 13/04/2020
Ico Haies & forêts
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Hyacinthoides non-scripta, Jacinthe des bois, Poitiers bords de Boivre

Jacinthe des bois, Poitiers bords de Boivre


Hyacinthoides non-scripta (Jacinthe sauvage ou Jacinthe des bois) appartient à la famille Liliaceae dans la classification classique, ou Asparagaceae dans la classification contemporaine. Elle rejoint donc le clan des Asperges (Asparagus, le genre type), du Muguet de mai, des Sceaux de Salomon, des Ornithogales («Dame d'onze heures» et «Aspergette») ou encore du Fragon.

Tous les trésors ne sont pas d'argent et d'or mon ami!

(Pirates de Caraïbes, Gore Verbinski)

La Jacinthe des bois est une Sauvage à la répartition typiquement atlantique: son aire se concentre sur la partie centre, nord et ouest de la France, et bien sûr au-delà sur les Iles Britanniques et en Belgique. Absente dans l'est du pays, rare aux frontières de ses limites de répartition, elle est une espèce déterminante, voire protégée dans plusieurs départements (en Nouvelle Aquitaine, elle est déterminante en Gironde ainsi que dans le Lot-et-Garonne). On retiendra surtout qu'elle est un trésor - le mot hyacinthe désigne également une pierre précieuse - et que par précaution, mieux vaut ne pas la cueillir pour en faire des bouquets, où que l'on soit!

Jacinthe des bois, le trésor. Sauvages du Poitou!

La Botanical Society of Britain and Ireland, la plus prestigieuse société botanique des Iles Britanniques, en a d'ailleurs fait sa mascotte (à travers un logo certes très stylisé). Il faut dire que la Jacinthe des bois, alias Bluebell outre Manche (la «clochette bleue»), est la chouchoute du peuple anglais. En 2004, Plantlife (un organisme de bienfaisance pour la conservation des plantes sauvages) organise une enquête visant à déterminer la fleur préférée de chaque grande ville des Iles Britanniques. Les organisateurs décident d'exclure la Jacinthe des bois du concours: sa cote de popularité est telle qu'elle anéantirait toute surprise ou variété dans les résultats!

Hyacinthoides non-scripta, Jacinthe des bois, Poitiers bords de Boivre
Jacinthe des bois: lorsque sonnent les clochettes bleues!

La Jacinthe des bois est une vivace (de par son bulbe) qui colonise les sous bois frais, en plaine uniquement (sous 500m d'altitude).  Elle fait parties du gang des vernales, des forestières qui profitent du début de printemps pour fleurir, profitant des premiers rayons de soleil avant que le milieu ne se ferme avec le retour du feuillage des arbres.

Il n'est guère de spectacle plus réjouissant que le défilé des vernales au sortir de l'hiver, qui se succèdent selon un ordre rituel au fil des semaines: Ficaires (parmi les plus pressées), Pervenches, Anémones, Primevères, Jacinthes et finalement Ail des ours, Aspergettes... Un ballet très (trop!) éphémère, ces Sauvages disparaissant rapidement de la surface du sol pour roupiller sous terre jusqu'au printemps suivant.

Hyacinthoides non-scripta, Jacinthe des bois, Exireuil (79)
Feuilles linéaires dressées puis recourbées de la Jacinthe des bois.

La Jacinthe des bois peut-être confondue avec une autre espèce très appréciée au jardin d'ornement: la Jacinthe d'Espagne (Hyacinthoides hispanica). Il faut dire que cette espèce horticole saute parfois la clôture pour s'ensauvager, répondant peut-être à l'appel de la forêt (dans les faits, la Jacinthe d'Espagne reste souvent à proximité des parcs et des habitations).

Hyacinthoides hispanica, Jacinthe d'Espagne, Poitiers quartier Chilvert
Jacinthe d'Espagne: une Jacinthe des jardins qui se prend parfois pour une Sauvage.

Cette fausse sauvageonne se distingue de la véritable forestière par ses touffes denses, ses feuilles plus larges, ses inflorescences non odorantes réparties en tout sens (l'inflorescence est plutôt unilatérale chez la Jacinthe des bois) et la pointe de ses pétales (tépales) peu récurvés (ceux de la Jacinthe des bois sont franchement retroussés). Les deux espèces peuvent s’hybrider à l'occasion, donnant naissance à un spécimen stérile dépourvu de fruits (Hyacinthoides × massartiana), délicat à distinguer de la Jacinthe d'Espagne mais empruntant quelques caractéristiques de sa parente sauvage: pétales plus recourbés, inflorescence plus ou moins unilatérale...

Les pétales (en fait des tépales) complètement recourbés de la Jacinthe des bois, la «Sauvage».
Dieu, c’est un type hyper jaloux.
(P.S. I Love You, Richard LaGravenese)
Toutes les Jacinthes empruntent leur nom à la mythologie grecque: Hyacinthe est un jeune et beau garçon. On peut imaginer qu'il incarne le charme sans égal du retour de la végétation au printemps. Il attise les désirs autour de lui, à commencer par ceux de Zéphyr (qui personnifie le vent) et d'Apollon (dieu de la beauté et de la pleine lumière, il est le soleil d'été). A cause de leur rivalité et de leur jalousie, Hyacinthe est tué... Afin que le pauvre garçon ne soit pas emporté au royaume des morts, Apollon le change finalement en fleur. Générique. Applaudissements!

Hyacinthoides non-scripta, Jacinthe des bois, Poitiers bords de Boivre
Coffres à trésor (capsules trigones) de la Jacinthe des bois à la fin du printemps.

Pour aller plus loin:
- Hyacinthoides non-scripta sur Tela-botanica
- Hyacinthoides non-scripta: identification assistée par ordinateur
- Les fleurs préférées des Iles Britanniques ville par ville! (english)
>Voir le billet et ses commentaires...
 

Hair'borisation parmi les Géraniums
Date 17/02/2020
Ico Villes, chemins & terrains vagues
Comms 2 commentaires
Geranium robertianum, Herbe-à-Robert, Poitiers bords de Boivre
Herbe-à-Robert en plein Hellfest: cheveux au vent et cornes diaboliques!

Nous avions déjà croisé lors d'un article précédent le Géranium herbe-à-Robert (Geranium robertianum). La sulfureuse Herbe-à-Robert appartient au clan des Geraniaceae. Géranium dérive du grec geranos, la grue, les fruits des Géraniacées présentant généralement des pointes qui évoquent le bec d’un oiseau. A maturité, leurs styles s’enroulent brusquement sous l’effet de la chaleur, catapultant les semences alentour (autochorie).

Geranium dissectum, Géranium découpé, Vouneuil-sous-Biard (86)
Fruits (becs!) du Géranium découpé, Vouneuil-sous-Biard (86)

Géraniacées, Sauvages du Poitou!

Quant aux célèbres fleurs ornementales de nos balcons, injustement nommées «géraniums», elles sont en réalité des Pélargoniums, également membres de cette famille mais originaires d’Afrique du sud, aux fleurs irrégulières. Ils tirent leur nom du grec pelargos, la cigogne… De la botanique à l’ornithologie, il n’y a qu’un tout petit saut de mésange!

Pelargonium sp, Rochechouart (87)
Fleurs irrégulières d'un Pélargonium horticole

Les oiseaux volent haut dans le ciel mais il faut bien qu’ils redescendent parfois.
(True blood, Alan Ball)

La dentelle des feuilles palmatiséquées, pétiolulées, au contour triangulaire de l'Herbe-à-Robert est reconnaissable au premier coup d’œil (attention, Il existe une espèce proche moins commune, le Géranium pourpre, Geranium purpureum, dont la répartition se concentre au sud d'une diagonale allant de Normandie jusqu’en Savoie). Mais on croise bien d'autres géraniums autour des villes, moins évidents à distinguer les uns des autres. On prêtera attention à leurs feuilles, à leurs fleurs, à leurs fruits et surtout à leurs plumes, c'est à dire à la pilosité de ces drôles d'oiseaux. En avant pour un défilé de chignons; et comme de coutume dans le milieu du cheveu, en avant pour une série de jeux de mots capillaires dignes des enseignes de nos salons de coiffure préférés!

Hair'borisons avec Sauvages du Poitou!

Geranium molle, Géranium mou, Poitiers porte de Paris
Géranium mou: le Hair'Hissé

Entamons cette promenade non exhaustive au pays des Géraniums avec le Géranium mou (Geranium molle), une annuelle qui aime la chaleur et colonise les cultures, les bords des routes et les terrains vagues (sols gavés en azote par les amendements ou les pollutions citadines). Plus que le Sauvageon, c'est son coiffeur qui connait un sérieux coup de mou: ses poils sont denses, relachés, de tailles inégales. Ses petites fleurs affichent cinq pétales échancrés. Ses feuilles douces à silhouette ronde sont souvent alternes, palmatifides, en cinq à sept lobes, chaque lobe étant lui même divisé en trois à son extrémité.


Geranium rotundifolium, Géranium à feuilles rondes, Poitiers sous Blossac

Géranium à feuilles rondes: le Milit'Hair


Le Géranium à feuilles rondes (Geranium rotundifolium) est une annuelle, qui fréquente les mêmes lieux que le Géranium mou. Les feuilles de Geranium rotundifolium présentent aussi des feuilles «rondes» palmatifides, mais opposées. Ses pétales ne sont pas (ou très peu) échancrés, avec un bord presque droit. Son coiffeur a un excellent coup de ciseaux: ses poils sont courts, dressés à la perpendiculaire et assez réguliers (parfois surmontés de minuscules glandes rougeâtres): une jolie brosse!


Geranium pyrenaicum, Géranium des Pyrénées, Angles-sur-l'Anglin (86)

Géranium des Pyrénées: le Fi'Hair


Le Géranium des Pyrénées (Geranium pyrenaicum) est une vivace qui, comme son nom ne l'indique pas et contrairement aux ours, fréquente les décombres, les bords des chemins et les sols enrichis en azote. Ses feuilles opposées ont une silhouette rondes à la base et sont de plus en plus petites en haut des tiges. On peut le confondre avec le Géranium Mou; il s'en distingue par ses fleurs souvent plus grandes (jusqu'à 2cm de diamètre) aux pétales nettement échancrés, deux fois plus longs que les sépales (ces derniers ont tendance à se recourber vers le bas). La pilosité de ses pétioles regroupe des poils minuscules, glanduleux (loupe!) et quelques rares long poils, épars: c'est un coiffé décoiffé.


Geranium molle, Geranium rotundifolium et  Geranium pyrenaicum, Poitiers quartier Chilvert

De gauche à droite, trois coupes de cheveux caractéristiques:

Géranium mou, Géranium à feuilles rondes et Géranium des Pyrénées.


Geranium lucidumn Géranium luisant, Angles-sur-l'Anglin (86)

Géranium luisant: l'Imb'Hair'Be


Le Géranium luisant (Geranium lucidum) est une annuelle qui affectionne les vieux murs; il est plus rare dans le nord est du pays. Lui aussi dresse des feuilles «rondes» palmatifides, mais leur aspect est nettement luisant et charnu. Elles peuvent rougir avec l'âge. Les pétales de ses petites fleurs ne sont pas échancrés, leur bord est arrondi. Ses tiges et ses feuilles sont presque lisses et glabres, parfois rougeâtres. C'est le chauve de la bande!


Geranium dissectum, Géranium découpé, Poitiers bords de Clain

Géranium découpé: Cut Kill'Hair


Avec le Géranium découpé (Geranium dissectum), une annuelle nitrophile, la silhouette des feuilles change de registre: elles sont très découpées (quasiment jusqu'au pétiole), en des lobes linéaires. Cet as du ciseau porte bien son nom! Ses petites fleurs font au plus 5mm et sont brièvement pédonculées. Sur ses pétioles et sur ses feuilles, les poils sont hérissés (parfois glanduleux).


Geranium columbinum, Géranium colombin, Biard (86)

Géranium colombin: Sup'Hair Man


Le Géranium colombin (Geranium columbinum) est une annuelle (parfois bisanuelle) qui dresse également des feuilles très découpées, en des lobes linéaires, mais d'une couleur nettement plus glauque que le Géranum découpé. De plus, ses fleurs sont plus grosses, jusqu'à 10mm, longuement pédonculées. Là aussi, l'observation de sa pilosité peut nous aider: ses poils sont très appliqués sur les pétioles et sur ses feuilles (non glanduleux). Comme superman, c'est un adepte de la gomina!


Ici s'arrête cette série de portraits capillaires. La clientèle des salons de coiffure français mériterait un book bien plus fourni : on recense dans notre pays 27 espèces de Géraniums, le plus souvent nitrophiles (amateurs d'azote). Mais avant que de manquer de pellicule, laissons place à l'objectif de notre lépidoptériste maison, Olivier Pouvreau, qui faute de poux conserve toujours quelques bestioles colorées dans sa forêt de tifs.


Geranium sanguineum, Géranium sanguin, Poitiers Rochers du Porteau Geranium nodosum, Géranium noueux, Lyon (69)

Géranium sanguin (Geranium sanguineum) à gauche;

Géranium noueux (Geranium nodosum) à droite... A suivre!



Le petit monde des Géraniacées


Sur les cheveux de certaines espèces de Géraniums (robertianum, molle, rontudifolium et dissectum) vivent de minuscules chenilles dont l’aspect rappelle celui des cloportes. Elles appartiennent à une petite espèce de Lépidopt'«hair» diurne appelée Collier de corail (Aricia agestis). Pourquoi ce nom? C’est que ce dernier, qu’il soit mâle ou femelle, apparaît décoré d’un superbe collier orange bordant ses ailes.


Aricia agestis, Collier de corail (crédit photo Olivier Pouvreau)

Collier de corail: le mariage de l’entomologie et de la joaillerie.


Cela dit, ce bijou est aussi un piège pour l’observateur car d’autres papillons de la même famille (celle des Lycénidés) exhibent la même breloque (la femelle de l’Azuré commun, Polyommatus icarus par exemple). Conseil de Sauvages du Poitou: méfiez-vous de ces espèces lors de vos identifications sur le terrain!


Aricia agestis, Collier de corail (crédit photo Olivier Pouvreau) Polyommatus icarus, Azuré commun (crédit photo Olivier Pouvreau)

Collier de corail à gauche et Azuré commun femelle à droite: le jeu des différences.


Si le Collier de corail a choisi quelques espèces de géraniums comme plantes nourricières pour ses chenilles, nous ne pouvons pas passer sous silence un autre papillon amateur de Géraniacées: le Brun des pélargoniums (Cacyreus marshalli) dont le nom indique sans équivoque la plante-hôte larvaire.


Cacyreus marshalli, Brun des pélargoniums (crédit photo Olivier Pouvreau)

Brun des pélargoniums: commun en ville non loin des parterres fleuris, des jardinières...


S’il est aujourd’hui bien établi dans le Poitou, son arrivée date de la fin des années 1990 en France, venu d’Afrique du sud par bateaux transportant des pieds de sa plante favorite. Alors, le petit brun, nous direz-vous, est-il une nouvelle espèce invasive? En réalité, si la législation française le considère comme «nuisible», il n’est franchement pas dommageable pour vos jardinières. Et puis avec son dessous marbré et sa petite queue aux ailes postérieures, il ne manque pas d'«Hair»!


Cacyreus marshalli, Brun des pélargoniums (crédit photo Olivier Pouvreau)

Œufs de Brun des pélargoniums sur bouton floral de Pélargonium


Cacyreus marshalli, Brun des pélargoniums (crédit photo Olivier Pouvreau)

Des crottes sur des feuilles de Pélargonium? Le petit brun a encore frappé! Avez-vous trouvé la chenille sur la photo?


Pour aller plus loin:

- Geranium molle : identification assistée par ordinateur

- Geranium rotundifolium : identification assistée par ordinateur

- Geranium pyrenaicum sur Tela-botanica

- Geranium lucidum : identification assistée par ordinateur

- Geranium dissectum : identification assistée par ordinateur

- Geranium columbinum sur Tela-botanica

>Voir le billet et ses commentaires...
 

Familles de la flore française (Game of thrones et botanique, épisode 4)
Date 15/12/2019
Ico Initiation à la botanique joyeuse!
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Botany is coming, deuxième saison! Sauvages du Poitou


Cet article fait suite à notre trilogie fantasy à succès consacrée aux grandes familles en botanique. Lors des épisodes précédents, nous avions survolés les familles les plus importantes de la flore française en terme de nombre d’espèces: Astéracées, Poacées, Fabacées, Rosacées, Brassicacées, Caryophyllacées, Apiacées et Lamiacées regroupent à elles seules près de la moitié des espèces végétales françaises (indigènes et naturalisées). Avaient aussi été évoquées les prestigieuses lignées Renonculacées, Orchidacées et la «vieille» famille des Liliacées. Enfin, la troisième session nous avait présenté des maisons plus modestes, mais pas moins admirables, telles que les Boraginacées, Rubiacées, Campanulacées, Amaranthacées, Euphorbiacées et Crassulacées. Dans cette nouvelle saison, place a des clans moins fournis, mais hauts en couleurs et surtout riches en personnalités!



House Polygonaceae, Sauvages du Poitou!
Un adolescent s’était agenouillé, et c’était un chevalier qui se relevait.
(Le Trône de Fer, George R.R. Martin)
Les Polygonacées comptent une cinquantaine d’espèces sur le sol français. Elles tirent leur nom des termes grecs polys, «plusieurs» et gonu, «genoux»: leur tige solide est parcourue par de nombreux nœuds comme autant d’articulations. Autre spécificité: une gaine membraneuse (l’ochréa) enveloppe leur tige au point d’insertion des pétioles.

Persicaria maculosa, Renouée Persicaire, Poitiers
Ochréa de la Renouée Persicaire (Persicaria maculosa)

Les feuilles des Polygonacées sont alternes, simples et généralement entières. L’observation de leurs fruits trigones (ovaire supère) est souvent un critère d’identification important. C’est (entre autres) le clan des petites ou des grandes Renouées, des Sarrasins, des Rhubarbes ou des Oseilles (Rumex spp, environ 25 espèces en France).

Rumex acetosa, Oseille des prés, Poitiers quartier gare
Fruits trigones de l'Oseille des prés (Rumex acetosa)



House Geraniaceae, Sauvages du Poitou!

Willos a les meilleurs oiseaux des Sept Couronnes... Il fait parfois voler un aigle, vous verrez. (Le Trône de Fer, George R.R. Martin)

On retrouve à la tête des Géraniacées (une quarantaine d’espèces en France) plusieurs géraniums sauvages et citadins. Leurs fleurs comptent cinq pétales, cinq sépales et dix étamines. Leurs feuilles sont stipulées, souvent velues et très découpées. Géranium dérive du grec geranos, la grue, les fruits des Géraniacées (des pentakènes) présentant généralement des pointes qui évoquent le bec d’un oiseau (ovaire supère). A maturité, leurs styles s’enroulent brusquement sous l’effet de la chaleur, catapultant les semences alentour.


Geranium robertianum, Geranium molle et Geranium dissectum

Herbe-à-Robert (Geranium robertianum), Géranium à mou (Geranium molle) et Géranium découpé (Geranium dissectum, fruits)


C’est aussi le clan des Érodiums qui empruntent leur nom au grec erodios, le héron. Les célèbres fleurs ornementales de nos balcons, injustement nommées «géraniums», sont en réalité des Pélargoniums, également membres de cette famille mais originaires d’Afrique du sud, aux fleurs irrégulières. Ils tirent leur nom du grec pelargos, la cigogne… De la botanique à l’ornithologie, il n’y a qu’un tout petit pas!


Erodium cicutarium, Bec de grue, Brenne (36)

Bec de grue (Erodium cicutarium), Brenne (36)



House Papaveraceae, Sauvages du Poitou!

L’exposition des drogues du mestre avait un aspect impressionnant : des dizaines de pots cachetés, des centaines de fioles bouchées, autant de bouteilles d’opaline, d’innombrables jarres de simples. (Le Trône de Fer, George R.R. Martin)

Les Papaveracées composent une petite famille d’une quarantaine d’espèces en France. Leurs membres possèdent des feuilles alternes et découpées, une paire des sépales caducs qui se détachent et tombent lors de la floraison, des fleurs spectaculaires et éphémères à quatre pétales chiffonnées dans leur bouton, flanquées d’une bardée d’étamines.


Paire de sépales caducs du Coquelicot (Papaver rhoeas)


C’est le clan des Pavots, des Coquelicots ou de la Grande Chélidoine. Les Papavéracées produisent du latex et contiennent presque toutes des alcaloïdes aux propriétés sédatives ou analgésiques. Leurs fruits sont des siliques ou des capsules (ovaire supère). Dans la classification récente, cette famille intègre aussi les Fumariacées (une vingtaine d’espèces en France) comme les Corydales ou les Fumeterres, des sauvages aux fleurs irrégulières et aux feuilles très découpées.


Corydale solide, Corydalis solida, Persac (86)

Corydale solide (Corydalis solida), Persac (86)



House Malvaceae, Sauvages du Poitou!

Comment pareille douceur pourrait-elle être un crime passible de pendaison?

(Le Trône de Fer, George R.R. Martin)

Les Malavacées comptent environ trente représentants en France*. Ceux-ci présentent des qualités mucilagineuses (épaississantes et adoucissantes) et ont souvent été utilisés à des fins alimentaires. Leurs feuilles sont alternes, souvent palmées (nervation), leurs fleurs ont cinq pétales, tordus et enroulés sur eux-mêmes dans les jeunes boutons floraux. Elles présentent un double calice (le calice extérieur se nomme calicule).


Malva sylvestris, Grande Mauve, Poitiers quartier gare

Calicule et bouton floral de la Grande Mauve (Malva sylvestris): la douceur d'un cornet de glace!


Les quelques espèces françaises ont un «air de famille» manifeste; c’est un clan qu’on reconnait assez facilement sur le terrain. On croisera dans leur rang les Mauves, les Lavatères ou les Guimauves pour les plus connues.


Althaea officinalis, Alcea rosea et Malva setigera

Guimauve officinale (Althaea officinalis), Rose trémière (Alcea rosea) et Mauve hérissée (Malva setigera).



House Solanaceae, Sauvages du Poitou!

- Une sorcière des bois? La plupart sont des créatures inoffensives. Elles ont quelques notions rudimentaires d’herboristerie, elles savent un rien d’obstétrique, mais autrement...

- Elle était plus que ça.

(Le Trône de Fer, George R.R. Martin)

Les Solanacées forment une petite famille (une trentaine d’espèces en France) dont les membres présentent des fleurs à cinq pétales soudés, cinq sépales soudés, cinq étamines et des feuilles alternes, non stipulées. Elles concentrent généralement de nombreux alcaloïdes, les rendant toxiques ou leur conférant des effets variés. Nombre de Solanacées étaient des «plantes de sorcières», comme la Mandragore, la Belladone ou le Datura officinal.


Atropa belladonna et Datura stramonium

«Cerise du diable» de la Belladone (Atropa belladonna) et silhouette fantastique du Datura officinale (Datura stramonium): un bonbon mortel ou un sort?


Les Solanacées sont pourtant la deuxième famille de plantes alimentaires pour l’homme, derrière les Poacées (céréales): ce clan est celui de la Pomme de terre, de la Tomate, du Poivron ou encore de l’Aubergine. C’est aussi la famille du Tabac, une plante qui synthétise un alcaloïde dangereux, la nicotine.


Solanum nigrum, Morelle noire, Poitiers bords de Clain

Morelle noire (Solanum nigrum), alias «Tue-chien»!



House Plantaginaceae, Sauvages du Poitou!

Les échoppes, en bas, semblaient proposer toutes les merveilles divines de l’univers.

(Le Trône de Fer, George R.R. Martin)

Dans la classification classique, les Plantaginacées ne comptaient qu’une vingtaine d’espèces en France, des Plantains pour la plupart. Depuis la classification récente, ce clan s’est vu renforcé d’une centaine d’espèces issues de plusieurs familles remaniées ou obsolètes. C’est ainsi que les Véroniques, les Digitales, les Linaires, les Globulaires - pour n’en citer que quelques-unes - sont aujourd’hui très officiellement «sœurs de sève» des Plantains…


Plantago media, Veronica persica, Cymbalaria muralis et Globularia bisnagarica

Plantain moyen (Plantago media), Véronique de Perse (Veronica persica), Cymbalaire des murs (Cymbalaria muralis) et Globulaire commune (Globularia bisnagarica).


Aux yeux du quidam, les «nouvelles» Plantaginacées représentent une famille étrangement cosmopolite, pour ne pas dire un grand bazar. L'exercice serait peut-être plus évident si nous étions des papillons: la Mélitée du plantain abandonne ses chenilles aux Plantains comme à quelques Véroniques, la Mélitée orangée oscille entre Plantains, Linaires, Digitales ou Véroniques. Comme quoi, dans le domaine de la botanique, les insectes possèdent un feeling qui nous fait cruellement défaut! On retiendra que le plus souvent, les feuilles des Plantaginacées sont simples et leurs fleurs irrégulières.


Melitaea didyma sur Plantago lanceolata, Biard (86)

Pas besoin de leçons de botanique pour la chenille de la Mélitée orangée (Melitaea didyma)!

(ici sur Plantain lancéolé, Plantago lanceolata)


Game of thrones et botanique, les autres épisodes:

- Épisode 1: Asterceae, Poaceae, Fabaceae, Rosaceae et Brassicaceae.

- Épisode 2: Apiaceae, Caryophyllaceae, Lamiaceae, Liliaceae, Ranunculaceae et Orchidaceae.

- Épisode 3: Boraginaceae, Rubiaceae, Campanulaceae, Amaranthaceae, Euphorbiaceae et Crassulaceae.


Lectures recommandées:

- Petite flore de France aux éditions Belin, une flore élégante et une clé d'identification astucieuse qui met l'accent sur la reconnaissance des familles.

- Les Bases de la botanique de terrain de Rita Lüder, aux éditions Delachaux Et Niestlé


Et pour le plaisir, le fil rouge de notre article...

- Le cycle fantasy Le Trône de fer par George R. R. Martin!

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