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Vocabulaire de la botanique (4): fleurs régulières
Date 07/09/2017
Ico Cours de botanique joyeuse!
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Bouquet de fleurs sauvages régulières du Poitou!

Fleurs sauvages régulières (en tout point symétriques par rapport à leur centre)


Après la trilogie consacrée à l'étude du vocabulaire relatif aux feuilles en botanique, je vous propose de ressortir nos dictionnaires pour nous intéresser à la partie la plus solaire de nos Sauvages: la fleur. Si on devait définir cette dernière simplement, on pourrait dire:

Fleur: partie d'un végétal (souvent odorante et richement colorée) chargée de donner le sourire aux hommes et aux butineurs qui la contemplent.

Ce ne serait pas faux, mais incomplet. Pour que l'émerveillement soit total, il nous faut avancer plus loin... Ce qu'on appelle fleur renvoie à l'ensemble des organes de reproduction de la plante, ainsi que les diverses coquetteries qui les embellissent et les complètent.


Il faut se souvenir que tout ce qui est vert ne présente forcément de véritables fleurs (une fleur «vraie» est une fleur qui regroupe à la fois les organes de reproduction, mais aussi tous les accessoires sophistiqués — que nous allons énumérer dans cet article — qui les accompagnent). Les plantes à fleurs vraies (les angiospermes) sont apparues récemment dans la grande histoire de la vie, les premières remontant probablement au crétacé, il y a seulement une grosse centaine de millions d'années.


Bienvenue à Botanic Park avec Sauvages du Poitou!


Le plus souvent, les fleurs présentent à la fois des organes mâles et des organes femelles (lorsque c'est le cas, la fleur est dite «hermaphrodite»). Aussi, pour commencer notre exploration, emportons un couple de mots dans notre besace: Madame pistil et Monsieur étamine.


Le pistil est l'appareil reproducteur femelle de la fleur, les étamines en sont les organes mâles. La langue française n'étant pas à un traquenard près, notez que le pistil (femelle) est un nom masculin, alors que l'étamine (mâle) est un nom féminin. A ce point, deux voies s'offrent à vous: soit le simple souvenir de ce piège vous aide à retenir qui est qui, soit vous vous perdez définitivement! Reste à espérer que cette astuce orientera votre esprit dans la bonne direction...


Pistil et étamines, Sauvages du Poitou


Chaque fleur présente ses particularités, mais nous pouvons déjà imaginer une fleur «théorique», simple, comme la dessinerait un enfant :


La fleur théorique, Sauvages du Poitou

Pédoncule: petite tige ou «queue» qui porte la fleur ou l’inflorescence.

Réceptacle: sommet élargi du pédoncule sur lequel sont insérées les pièces florales.

Sépales: feuilles spécialisées qui supportent et protègent la fleur (l'ensemble des sépales est nommé calice).

Pétales: pièces chargées de protéger la fleur et surtout de la rendre attrayante pour les butineurs (l'ensemble des pétales est nommé corolle).

Retenez surtout deux points: les sépales sont des petites feuilles spécialisées (le plus souvent vertes) qui supportent et assurent un rôle de protection vis à vis du reste de la fleur, avant (et parfois même après) l'ouverture de celle ci.

Le rôle des sépales, Sauvages du Poitou

Les pétales sont aussi des feuilles spécialisées, aux formes variées et colorées. Leur rôle principal est d'attirer les insectes: chaque pétale est un panneau publicitaire à destination des butineurs!

Le rôle des pétales, Sauvages du Poitou!

Si l'on se penche d'un peu plus près sur ce puzzle, on observe d'autres pièces: les étamines (également appelées androcée, littéralement andros oikos «la maison de l'homme» en grec) sont composées d'une sorte de tige, appelée filet, au bout de laquelle se dresse l'anthère, un réservoir à pollen (le pollen est une sorte de véhicule dans lequel voyagent les spermatozoïdes, grâce au vent ou aux insectes).


Au centre de la fleur se trouvent un ou plusieurs carpelles. Chaque carpelle est une enveloppe foliaire qui protège un ovaire (contenant les ovules) surmonté d'un tube, le style. Ce dernier se termine en une extrémité visqueuse, le stigmate, chargé de capturer les grains de pollen qui lui passent sous le nez. C'est l'ensemble des carpelles qu'on appelle pistil (ou gynécée, littéralement gunè oikos, «la maison de la femme»). Résumons en image:


Psitil, carpelle et étamine, Sauvages du Poitou

L'ovaire peut être disposé au dessus des sépales et des pétales, auquel cas on dit qu'il est supère (et non pas super!): c'est par exemple le cas au potager pour les tomates, sur lesquelles on observe à maturité un fruit, issu de l'ovaire, placé au dessus des sépales. A l'inverse, un ovaire placé sous les sépales et les pétales est dit infère: c'est par exemple le cas sur les fleurs femelles des courgettes, où l'ovaire sous la fleur affiche une taille impressionnante (c'est lui qui grossira pour devenir une courgette après fécondation).


Ovaire supère et infère au potager, Sauvages du Poitou!

Elles sont belles mes tomates (ovaire supère), elles sont belles mes courgettes (ovaire infère)!


Il se peut que l'étude de ces mots savants vous procurent moins de plaisir qu'une promenade au grand air. Ce vocabulaire se révèle pourtant très utile lors de nos efforts d’identification sur le terrain: les mots vont nous aider à prêter attention a d'infimes détails (c'est peu de le dire, n'oubliez pas de vous munir d'une loupe), comme autant de signes indiens. En avant pour les travaux pratiques!


Vinca minor et Vinca major, Petite et Grande Pervenche, Poitiers


Petite pervenche (Vinca minor): la corolle présente cinq pétales tronqués au sommet, disposés au bout d'un «tube». Les cinq étamines et le pistil (tous très velus) sont difficiles à observer, car cachés à l'intérieur de la partie tubulaire de la corolle. C'est le calice qui va nous intéresser ici: les cinq sépales sont courts chez la Petite Pervenche (photo du centre), mais allongés chez la Grande Pervenche (Vinca major, photo de droite). Un élément qui va nous permettre (avec l'observation des feuilles) de distinguer l'une et l'autre.


Convolvulus arvensis, Liseron des champs, Poitiers Bellejouanne


Liseron des champs (Convolvulus arvensis): corolle composée d'une unique pièce en «entonnoir» (qui semble esquisser cinq pétales), cinq étamines soudées à la corolle entourent le pistil (constitué de deux carpelles soudés) au centre. Ces indices peuvent déjà nous mettre sur la piste du clan Convolvulaceae, dont les membres sont principalement des plantes grimpantes, des rampantes ou des lianes (Convolvere signifie «enrouler» en latin).


Helleborus foetidus, Hellébore fétide, Poitiers Bellejouanne


Hellébore fétide (Helleborus foetidus): cette Sauvage qui fleurit à la fin de l'hiver illustre bien le rôle protecteur des sépales. Ses grosses «clochettes» sont en réalité constituées de cinq sépales (bordés de rouge) chargés de protéger le reste de la fleur planquée à l'intérieur, bien à l'abri des intempéries et de la neige. Je vous l'accorde, ces sépales ressemblent fort à des pétales... On les qualifie pour cette raison de pétaloïdes! Les cinq véritables pétales se cachent sous les sépales. Ils ressemblent à des «cornets» et sont tous remplis d'un précieux nectar; les pétales ne sont guère visibles vus du ciel, mais ils remplissent leur rôle d’appât à butineurs en se comportant comme des cornes d'abondance. Le gynécée au centre est entouré par une armée d'étamines, bien plus longues que les pétales et disposées en spirale.


Hypericum perforatum, Millepertuis perforé, Poitiers Chilvert

Millepertuis perforé (Hypericum perforatum): cinq pétales à la symétrie imparfaite, denticulés d'un seul côté, ponctués de noir, trente à soixante étamines soudées entre elles par leur base entourent trois carpelles soudés entre eux (les trois styles divergent franchement). Ces signes (et d'autres, il convient toujours de croiser plusieurs éléments d'identification) nous mettent sur la piste du Millepertuis perforé, le seul parmi les nombreux Millepertuis à présenter de fortes qualités médicinales (anti-dépresseur).

Ornithogalum umbellatum, Ornithogale en ombelle, Poitiers brods de Boivre

Ornithogale en ombelle (Ornithogalum ombellatum): voilà un cas intriguant... Si vous observez les six pétales, blancs au dessus, verts «feuille» en dessous, vous serez bien en peine de dire s'il s'agit de pétales ou de sépales. Lorsque pétales et sépales sont indifférenciés, les botanistes ne tranchent pas, mais parlent plutôt... De tépales! Notez aussi les filets aplatis des six étamines libres (non soudées entre elles) qui entourent le pistil. Les Ornithogales empruntent leur nom à une expression grecque: ornithos est l'oiseau, gala le lait. Le lait d'oiseau étant chose fantastique, il désignait chez les grecs une chose rare et merveilleuse!

Colchicum autumnale, Colchique d'automne, Vouneuil sous Biard (86)

Les fleurs du Colchique d'automne (Colchicum autumnale) paraissent à la fin de l’été («Colchiques dans les prés, fleurissent, fleurissent, Colchiques dans les prés, c’est la fin de…»). Dépourvues de feuilles (feuilles et fruits sont visibles au printemps seulement), leurs fleurs reposent mollement au sol au bout d’une sorte de tige tubuleuse (la spathe). Elles aussi sont formées de six tépales: en fait trois pétales roses et trois sépales de même couleur et de même aspect. Six étamines, insérées sur deux niveaux différents, entourent trois styles aux stigmates recourbés en crochet. Une signature qui nous permettra de différencier Colchiques et Crocus, ces derniers affichant seulement trois étamines et un seul style.

Reste à digérer cette aventure en miniature avant d'aborder, dans un prochain article, quelques cas particuliers d'orfèvrerie végétale: les fleurs irrégulières (à la symétrie non radiale), les capitules et autres organisations spécifiques des inflorescences... En attendant, prenez votre temps et suivez les abeilles, elles connaissent forcément le chemin!

Suite des leçons de botanique consacrées aux fleurs sur Sauvages du Poitou:

- Le vocabulaire de la botanique (5): les fleurs irrégulières

- Le vocabulaire de la botanique (6): inflorescences et capitules

- Le vocabulaire de la botanique (7): Poacées, herbes, céréales, pelouses et gazons


Pour aller plus loin:

- La fleur sur Wikipedia

- La fleur sur Tela-botanica

- Vocabulaire illustré de la botanique par Maurice Reille


Référence bibliographique:

- La botanique redécouverte de Aline Raynal-Roques

>Voir le billet et ses commentaires...
 

Ornithogale des Pyrénées: le bon lait d'oiseau!
Date 17/06/2017
Ico Haies & forêts
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Loncomelos pyrenaicus, Ornithogale des Pyrénées, Béruges (86)


Loncomelos pyrenaicus (ex Ornithogalum pyrenaicum, Ornithogale des Pyrénées) appartient à la famille Asparagaceae (ex Liliaceae), au côté des Asperges, mais aussi du Muscari à Toupet, de la Dame d'Onze heures, du célèbre Muguet de mai ou de l’inénarrable Fragon déjà croisés dans les pages de Sauvages du Poitou.


L'Ornithogale des Pyrénées est une espèce d'ombre ou de demi ombre qui colonise les sols riches et forestiers. Elle apparait après le tiercé gagnant des fleurs vernales, à savoir (dans l'ordre d'arrivée): Petite pervenche (Vinca minor), Anémone des bois (Anemone nemorosa) et Jacinthe des bois (Hyacinthoides non-scripta). Comme ces dernières, le spectacle de l'Ornithogale des Pyrénées est éphémère: ses parties aériennes disparaissent en moins de deux mois, puis la Sauvage roupille sous terre (elle est vivace de par son bulbe) jusqu'au printemps suivant.


Loncomelos pyrenaicus, Ornithogale des Pyrénées, bords de Boivre à Biard (86)

Inflorescence en boutons de l'Ornithogale des Pyrénées: le spectacle va bientôt commencer, gare aux retardataires!

Les oiseaux volent haut dans le ciel, mais il faut bien qu’ils redescendent parfois.

(True blood, Alan Ball)

Les ornithogales empruntent leur nom à une expression grecque: ornithos est l'oiseau, gala le lait. Le lait d'oiseau étant chose fantastique, il désignait chez les grecs une chose rare et merveilleuse! Si la rareté de notre Ornithogale des Pyrénées varie considérablement d'une région à une autre, sa magie ne fait aucun doute, où que l'on soit...


Ornithogale: le lait d'oiseau! Sauvages du Poitou


Loncomelos pyrenaicus, Ornithogale des Pyrénées, bords de Boivre à Biard (86)

Jeunes pousses d'Ornithogale des Pyrénées au mois de mai... La saison de l'Aspergette est ouverte!


L'Ornithogale des Pyrénées est une Asparagacée, et c'est d'ailleurs en tant qu'«Asperge» qu'elle est le plus souvent connue, même si, botaniquement parlant, elle n'en est pas une (les Asperges appartiennent au genre Asparagus). Surnommée Aspergette ou Asperge des bois, l'Ornithogale des Pyrénées est une excellente comestible: ses jeunes pousses, crues ou cuites (plongées 5 minutes dans de l'eau bouillante), ont un goût agréable, bien que peu prononcé. Mais ceux qui ont eu la chance de goûter l'Aspergette se souviennent surtout de sa texture: tendre et croquante. Sous la dent, la Sauvage donne envie de crier à la merveille, ô lait d'oiseau!


Loncomelos pyrenaicus, Ornithogale des Pyrénées, Béceleuf (79)

Les récoltes toujours abondantes d'Ornithogale des Pyrénées en Poitou, région bénie des Dieux de l'Aspergette!

Je peux pas manger: j’ai les dents qui poussent.

(Marche à l’ombre, Michel Blanc)

Malheureusement pour nos assiettes (et heureusement pour notre Sauvage), l'Ornithogale des Pyrénées est protégée dans bon nombre de régions en France (liste complète sur Tela-botanica). Reste alors les étals des marchés au mois de mai, où l'Aspergette d'importation peut se vendre jusqu'à 10 euros le kilo (le lait d'oiseau est à ce prix). On peut aussi se procurer quelques bulbes en jardinerie, mais l’expansion des colonies d'Ornithogale reste lente (même si sa culture est plutôt facile), et les récoltes risque d'être maigres pendant plusieurs années.


Loncomelos pyrenaicus, Ornithogale des Pyrénées, Petit Mazay à Biard (86)

Fleurs à six tépales de l'Ornithogale des Pyrénées, Petit Mazay à Biard (86)


Faute de pouvoir cueillir l'Aspergette pour la croquer, reste à admirer sa floraison atypique: ses longues grappes affichent des fleurs verdâtres à six pétales, ces derniers faisant également office de sépales (lorsque la frontière entre le pétale et le sépale s'étiole, on parle alors de tépale). Si les grands arbres laissent passer quelques rayons de soleil, ou si, tordant son long cou, l'Ornithogale des Pyrénées parvient à trouver la lumière, on observera le manège des butineurs qui récoltent le pollen de la Sauvage et boivent son nectar comme du petit lait!


Loncomelos pyrenaicus, Ornithogale des Pyrénées, Béruges (86)

Fruits de l'Ornithogale des Pyrénées, Béruges (86)


Les longues feuilles étalées en rosette basale disparaissent généralement dès la floraison. Au mois de juin, ne restent plus que les hampes tordues (le prix de la course à la lumière) garnies des capsules. Puis, longtemps, les tiges sèches perdurent seules, discrètes, mais ne manquant pas de rappeler au promeneur éclairé le goût du lait d'oiseau, et de lui promettre d'autres festins à venir!


Pour aller plus loin:

- Loncomelos pyrenaicus sur Tela-botanica

- Aspergette: des idées et des recettes sur le blog Sauvagement bon


Loncomelos pyrenaicus, Ornithogale des Pyrénées, Vouneuil-sous-Biard (86)

Les Sauvages comestibles sont indispensables à l'ensemble du vivant, et pas seulement à nos assiettes... Partageons équitablement! (Ornithogale des Pyrénées, Vouneuil-sous Biard, 86)

>Voir le billet et ses commentaires...
 

Muscari à toupet: mi punk, mi oignon
Date 12/05/2017
Ico Prairies
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Muscari comosum, Muscari à toupet, Poitiers falaises du Porteau


Muscari comosum (Muscari à toupet) appartient à la famille Asparagaceae (ex Liliaceae) dans les classifications récentes, le clan des Asperges, mais aussi de la Dame d'Onze heures, du Muguet de mai ou du Fragon déjà chroniqués dans les pages de Sauvages du Poitou. Les Muscaris doivent leur nom au Muscari musqué (Muscari macrocarpum), une Sauvage moitié turque, moitié crétoise, dont les fleurs jaunes et pourpres dégagent une odeur de «musc». Mais malgré son patronyme, notre Muscari à toupet ne dégage nul parfum.


Muscari comosum, Muscari à toupet, Biard aéroport (86)

Silhouette «orchidéenne» du Muscari à toupet sur le point de fleurir, Biard aéroport (86)


Muscari comosum trouve également ses origines autour du bassin méditerranéen (Turquie, Iran...). La Sauvage en garde un goût prononcé pour la lumière, les sols riches, sablonneux et bien drainés. En France, c'est une locataire des plateaux calcaires et des bords de routes baignés de soleil où elle plante ses bulbes (elle est vivace).


Muscari comosum, Muscari à toupet, Biard Petit Mazay (86)

Épis de fleurs du Muscari à toupet, entre authenticité et contrefaçon végétale...


Entre fin du printemps et début de l'été, l'inflorescence à nulle autre pareille de Muscari comosum mélange fausses fleurs violettes hérissées (stériles) à son sommet et fleurs fertiles, aux couleurs plus ternes, disposées en grappes lâches en dessous.


Muscari comosum, Muscari à toupet, Biard Petit Mazay (86)

Fleur «vraie» du Muscari à toupet: un tube composé de six éléments soudés, mi pétales, mi sépales.

Tes cheveux sont comme le champignon d’une bombe nucléaire: magnifiques!

(True blood, Alan Ball)

Comosum est la «chevelure» en latin: si la Sauvage se coiffe avec un pétard, c'est sans doute pour augmenter ses chances d'attirer les butineurs qui trouveront finalement le précieux nectar dans ses fleurs fertiles, plus discrètes.


Muscari à toupet, la punk attitude! Sauvages du Poitou


Muscari comosum est une monocotylédone qui présente de longues feuilles linéaires, repliées en gouttière. Ses feuilles s'étalent mollement sur le sol (surtout avant floraison), formant un méli mélo de boucles serpentiformes, ce qui lui vaut le surnom d'Ail-à-la-Serpent en poitevin-saintongeais.


Muscari comosum, Muscari à toupet, Biard Petit Mazay (86)

Quels sont ces serpent qui sifflent sous le Muscari?


À l'image de certaines Liliacées (sa famille dans la classification classique) comme l'oignon, l'ail ou l’échalote, les bulbes du Muscari à toupet sont comestibles après cuisson. Ébouillantés dans de l’eau vinaigrée, ces petits «oignons sauvages» sont salés, poivrés et mis en bocal dans de l'huile d'olive. Ainsi, les «lampascioni» (littéralement les «petites torches») sont des condiments incontournables de la cuisine italienne (région des Pouilles) où ils accompagnent les viandes. Malheureusement, les colonies de Muscaris à toupet que j'observe en Poitou sont plutôt éparses et peu denses. Tenter une récolte leur serait préjudiciable, mieux vaut se rabattre sur une épicerie italienne qui nous fournira des bulbes issus des cultures!

- Je parie que tu es super jolie les cheveux détachés.

- Mais ils sont détachés...

(Jackpot, Tom Vaughan)

On croise souvent en France à l'état sauvage (même milieux) un autre Muscari, un poil plus précoce dans la saison, aux feuilles filiformes et à la floraison nettement moins spectaculaire: le Muscari à grappes (Muscari neglectum).


Muscari neglectum, Muscari à grappes, Pommier (69)

Le discret Muscari à grappes au milieu des vignes (Pommier, 69)


Ici, pas de punk attitude, juste une petite grappe de fleurs violettes dégageant une légère odeur de prune... Très loin de l'extravagance d'un Muscari comosum 'plumosum', un cultivar monstrueux du Muscari à toupet issu de l'horticulture, dont l'inflorescence explosive (entièrement stérile) ferait passer les membres du groupe The Cramps pour un boys band d'opérette!


Muscari comosum, Muscari à toupet, Biard Petit Mazay (86)

Fruits du Muscari à toupet en juin, Biard Petit Mazay (86)


Pour aller plus loin:

- Muscari comosum: identification assistée par ordinateur

- Muscari comosum sur Tela-botanica

- Muscari neglectum: identification assistée par ordinateur

- Muscari neglectum sur Tela-botanica

- Lampascioni, des bulbes mangés dans les Pouilles

>Voir le billet et ses commentaires...
 

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