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Sauvages de Poitiers avec Dominique Provost (avril 2016)
Date 30/04/2016
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Sauvages de Poitiers avec Dominique Provost (avril 2016)

Botanique urbaine avec Dominique Provost (à gauche), Poitiers, avril 2016.


Je vous racontais il y a peu la sortie botanique de début printemps avec Yves Baron. La belle saison est lancée, et les rendez-vous s'enchainent! Je reviens de nouveau sur une promenade urbaine... Il faut dire que cette fois, à l'initiative de la librairie la Bruyère Vagabonde, les poitevins sont conviés à découvrir les «Sauvages de Poitiers»! Il en faut généralement moins pour m'enthousiasmer, et c'est donc armé d'un calepin, d'un appareil photo et d'un sourire grand jusqu'aux oreilles que je rejoins notre guide, Dominique Provost, botaniste amatrice et éclairée depuis plus de 30 ans, à qui votre humble serviteur doit ses quelques connaissances sur le sujet.


Dominique attend le groupe sur le parking du jardin des plantes à Poitiers. Le grand parc nous aguiche au loin avec ses parterres de fleurs multicolores et ses serres exotiques... Mais c'est mal connaître la botaniste que de s'imaginer parcourant les allées du jardin des plantes, travaillées au cordeau par les jardiniers de la ville!

Sauvages du Poitou!

Ce sont les Sauvages qui nous intéressent aujourd'hui, la flore spontanée que nul main n'a semée. Pas la peine de s'éloigner, une fissure dans le macadam suffit pour commencer l'aventure: quelques spécimens malmenés et chétifs de Pâturin annuel (Poa annua), de Céraiste aggloméré (Cerastium glomeratum), de Sabline à feuille de serpolet (Arenaria serpyllifolia) ou de Véronique des champs (Veronica arvensis), à peine reconnaissables, constituent notre première rencontre. Dur... On attaque la montagne botanique par la face nord!

- Je ne crois pas que j’y arriverais.

- Vous pensez que ce sera difficile?

- Très.

- Et bien ce n’est pas «Mission Difficile», c’est «Mission Impossible». Difficile serait un jeu d’enfant pour vous...

(Mission impossible II, John Woo)

C'est surtout l'occasion de voir comment la nature exprime sa richesse et sa générosité jusque dans la moindre brèche. Heureusement, trois pas plus loin, une pelouse fraîchement tondue nous permet d'observer quelques spécimens familiers, sans trop se pencher:


Grand Plantain, Benoîte urbaine, Trèfle rampant et Pâquerette, Poitiers jardin des plantes


De gauche à droite: le Grand Plantain (Plantago major) plaque ses rosettes au sol, dont les feuilles (en application sur la peau) peuvent servir à soulager une piqure d'insecte. La Benoîte urbaine (Geum urbanum) pointe ses feuilles, mais pas encore ses fleurs jaunes. Pas de fleurs non plus pour le Trèfle rampant (Trifolium repens), mais c'est l'occasion de rappeler à que cette Sauvage est une des plus grandes fournisseuses de nectar de nos cités: retarder les tontes lorsqu'elle monte en fleur est un beau geste à l'égard des butineurs. De son côté, la Pâquerette (Bellis perennis) sait faire profil bas afin de passer sous les lames des tondeuses!


Plus près de la route, on plonge dans une une ambiance presque forestière, à l'ombre des géants des villes comme le Robinier faux acacia (Robinia pseudoacacia), l'Érable sycomore (Acer pseudoplatanus) ou le Sureau noir (Sambucus nigra).


Cerfeuil des bois, Cerfeuil penché, Mélique à une fleur et Lierre grimpant, Poitiers jardin des plantes


De gauche à droite: le Cerfeuil des bois (Anthriscus sylvestris) dresse ses ombelles, nombreuses et précoces. Le Cerfeuil penché (Chaerophyllum temulum), un autre membre de la famille des Ombellifères, lui ressemble comme deux gouttes d'eau: les poils qui le recouvrent de bas en haut nous permettent de le distinguer de sa fausse jumelle. La Mélique à une fleur (Melica uniflora) séduit malgré sa discrétion, pendant que Dominique nous rappelle les nombreux bienfaits du Lierre grimpant (Hedera helix) qui protège l'écorce des arbres sur lesquels il grimpe.


On s'échappe enfin du parking, le long du jardin des plantes, mais sans toutefois franchir les grilles du parc: la nature nous réserve déjà bien des surprises à même les murs, sous bonne garde de la Pariétaire de Judée (Parieteria judaica) et de la Cymbalaire des murs (Cymbalaria muralis), omniprésentes.


Vergerette de Sumatra, Doradille des murailles, Grande Chélidoine et Figuier, Poitiers jardin des plantes


De gauche à droite: une pousse de Vergerette de Sumatra (Erigeron sumatrensis) nous rappelle que les Sauvages urbaines sont souvent de grandes voyageuses! Et pas seulement dans l'espace, mais aussi dans le temps, avec la Capillaire des murailles (Asplenium trichomanes), une fougère, témoin de la grande histoire végétale... On fait couler un peu de latex jaune depuis les tiges de La Grande Chelidoine (Chelidonium majus), corrosif, mais jadis réputé pour brûler les verrues. Un jeune rameau de Figuier (Ficus carica) prouve l'aptitude de cet arbre à s'installer n'importe où, n'importe comment!

- Mais qu’est-ce que vous faites ici?!

- On est dans un pays libre non?

(Snatch, Guy Ritchie)

Il suffit de traverser la route pour rejoindre les bords du Clain. Ici logent de nombreuses Sauvages à «bouton d'or» de la famille Renonculacée, dont le nom vient du latin rena — «grenouille» — et exprime le goût pour l'humidité des membres du clan: la Ficaire (Ranunculus ficaria), la Renoncule bulbeuse (Ranunculus bulbosus), la Renoncule rampante (Ranunculus repens) ou encore la Renoncule à petites fleurs (Ranunculus parviflorus)... D'autres pirates nous attendent:


Orobanche, Cresson amphibie, Renouée du Japon et Grande Berce, Poitiers bords de Clain


De gauche à droite: une Orobanche (Orobanche picridis, probablement), une plante dépourvue de chlorophylle, parasite les racines d'un pied de Picride fausse épervière juste à côté (Picris hieracioides, non photographié). Le Cresson amphibie (Rorippa amphibia) prend la température du Clain du bout des tiges. Quelques jeunes pousses de l'ennemi végétal numéro un, alias Renouée du Japon (Reynoutria japonica), laisse présager une cohabitation difficile avec les autres locataires de la rive... Non loin, Dominique nous rappelle que les fleurs à venir de la Grande Berce (Heracleum sphondylium) sont un festin pour nombre d'insectes, et qu'il peut être précieux d'en conserver quelques pieds au jardin.


Reste pour le groupe à traverser le centre ville minéral de Poitiers, afin de rejoindre la librairie organisatrice. Pas de quoi décourager les apprentis botanistes qui en profitent pour dénicher quelques spécimens supplémentaires:


Cardamine hérissée, Frasier de Duchesne, Laiteron maraicher et Laitue Scariole, Poitiers centre


De gauche à droite: La Cardamine hérissée (Cardamine hirsuta) est une Sauvage commune des villes de France; lorsqu'elle s’épanouit au jardin, elle se révèle être une excellente salade au goût piquant. Un Fraisier de Duchesne (Duchesnea indica) semble égaré sur l’asphalte, loin des allées forestières humides qu'il colonise habituellement (et loin de son continent asiatique d'origine)... Le Laiteron maraicher (Sonchus oleraceus) tire son nom du suc laiteux qui parcourt ses tiges. la Laitue scariole (Lactuca serriola), «mère» des Laitues cultivées, nous rappelle que les Sauvages sont à l'origine de toutes les inventions alimentaires et médicales de l'humanité: nos herbes folles sont un réservoir génétique inépuisable, qu'il convient de protéger pour l'avenir!


Bouquet sauvage à la librairie poitevine de la Bruyère Vagabonde.

A l'arrivée, livres, thé, gâteaux et bouquet sauvage... Merci à Véronique Gauduchon de la Bruyère Vagabonde (31, rue Édouard Grimaux à Poitiers)!


La liste des espèces présentées dans cet article ne serait être exhaustive! De mémoire, ont aussi été observées ce jour là, dans les mêmes secteurs: le Brome stérile (Bromus sterilis), le Dactyle aggloméré (Dactylis glomerata), de nombreux Geraniums sauvages (G.robertianum, G.dissectum, G.columbinum, G.molle, G.rontundifolium), l'Erodium à feuille de ciguë (Erodium cicutarium), le Gaillet gratteron (Galium aparine), la Garance voyageuse (Rubia peregrina), le Muscari à grappe (Muscari neglectum), la Pimprenelle (Poterium sanguisorba), le Pissenlit (Taraxacum sect. Ruderalia), la Lampsane commune (Lapsana communis), le Laiteron épineux (Sonchus asper), la Picride fausse vipérine (Picris echioides), la Laitue vireuse (Lactuca virosa), le Séneçon commun (Senecio vulgaris), le Séneçon jacobée (Jacobaea vulgaris), le Chardon des champs (Cirsium arvense), le Chardon commun (Cirsium vulgare), la Petite Bardane (Arctium minus), l'Eupatoire à feuille de chanvre (Eupatorium cannabinum), le Mouron des oiseaux (Stellaria media), le Céraiste des champs (Cerastium arvense), le Myosotis des champs (Myosotis arvensis), l'Euphorbe des jardins (Euphorbia peplus), la Mercuriale annuelle (Mercurialis annua), la Clématite vigne blanche (Clematis vitalba), le Lamier pourpre (Lamium purpureum), l'Alliaire (Alliaria petiolata), l'Arabette des dames (Arabidopsis thaliana), la Drave des murs (Draba muralis), la Cardamine impatiente (Cardamine impatiens), la Cardamine des prés (Cardamine pratensis), la Capselle bourse à pasteur (Capsella bursa-pastoris), le Sysimbre officinal (Sisymbrium officinale), la Bryone dioïque (Bryonia dioica), le Liseron des haies (Calystegia sepium), la Violette hérissée (Viola hirta), la Violette de Rivinus (Viola riviniana), l'Oxalis corniculé (Oxalis corniculata), la Luzerne d'Arabie (Medicago arabica), la Luzerne lupuline (Medicago lupulina), le Trèfle des prés (Trifolium pratense), la Vesce cultivée (Vicia sativa), la Grande Ortie (Urtica Dioica), la Cardère sauvage (Dipsacus fullonum), la Campanule à feuille d'ortie (Campanula trachelium), le Plantain lancéolé (Plantago lanceolata), la Véronique de Perse (Veronica persica), le Buddleja du père David (Buddleja davidii), l'Oseille crépue (Rumex crispus), le Compagnon blanc (Silene latifolia), la Douce-amère (Solanum dulcamara), l'Iris fétide (Iris foetidissima), la Scolopendre (Asplenium scolopendrium), la Fougère mâle (Dryopteris filix-mas)...


Consulter le relevé complet des espèces observées en suivant ce lien, un grand merci à Dominique Provost!

>Voir le billet et ses commentaires...
 

Promenade botanique avec Yves Baron (Poitiers, sous Blossac, avril 2016)
Date 16/04/2016
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Yves Baron et ses étudiants, Poitiers Avril 2016

Yves Baron et ses étudiants, (Poitiers, avril 2016)


Yves Baron, ancien maître de conférences en biologie végétale à l’université de Poitiers, fait son retour sur le terrain pour guider une vingtaine d'apprentis naturalistes, le temps d'une promenade organisée et encadrée par l'association Vienne Nature. C'est au parc de Blossac que le botaniste retrouve ses étudiants, enthousiastes malgré la pluie... L'occasion pour Yves Baron de glisser un premier conseil: pour herboriser par mauvais temps, mieux vaut s'équiper d'un crayon à papier, seul ustensile nous permettant de prendre des notes sous les gouttes!


Botanisons sous la pluie!

Pour herboriser sous la pluie, n'oublions pas notre crayon à papier!


Le parc de Blossac à Poitiers n'est que le point de départ de la promenade. Yves Baron en profite pour exprimer ses regrets devant l'agencement de ce grand «jardin à la française»: la nature y est caricaturée, contrainte et bien rangée. «Il n'est pas nécessaire de travailler la nature pour la mettre en valeur, celle ci est belle toute seule!».

Les hommes disent qu'ils l'embellissent (la nature), et moi je trouve qu'ils la défigurent.

(Jean-Jacques Rousseau, Correspondance)

Une séance d'herborisation au cœur du parc serait d'une simplicité enfantine tant la biodiversité y est réduite à peau de chagrin... C'est donc aux pieds des murailles du parc, tout près de la route, que le botaniste entraine ses étudiants, afin de se rapprocher de la nature que nul jardinier ne façonne.


Sauge fausse-verveine, Pâquerette, Dame d'onze heures et Renoncule à petites fleurs, Poitiers sous Blossac


De gauche à droite: au bord de la chaussée, la Sauge fausse-verveine (Salvia verbenaca) commence tout juste à pointer ses fleurs violettes. Pâquerettes (Bellis perennis) et Dames d'Onze heures (Ornithogalum ombellatum) n'ouvrent guère leurs fleurs en ce jour, la faute au ciel couvert et au mauvais temps... De son côté, la Renoncule à petites fleurs (Ranunculus parviflorus), qui tire son nom de famille du latin latin rena — «grenouille» — affiche nettement son affection pour l'eau!


Maeron, Savonnier, Pariétaire de Judée, Centranthe rouge, Poitiers sous Blossac


De gauche à droite: une colonie de Macerons (Smyrnium olusatrum, un vieux légume oublié) s'est installée sous Blossac, près d'un Savonnier (Koelreuteria paniculata), un arbre importé d'Asie (photo automne 2015). Sur les murailles autour, la Pariétaire de Judée (Parieteria judaica) squatte la moindre fissure. La Centranthe rouge (Centranthus ruber), profitant du micro climat méditerranéen sous les remparts, offre déjà ses fleurs rouges ou blanches aux butineurs.


Véronique à feuille de Lierre, Ruine de Rome, Gaillet Gratteron, Herbe-à-Robert, Poitiers sous Blossac


De gauche à droite: à flanc de falaise, les fleurs de la Véronique à feuille de Lierre (Veronica hederifolia) nous incitent à sortir les loupes; on croisera d'autres Véroniques au cours de la promenade (Veronica persica et la liliputienne Veronica arvensis). La délicate Ruine de Rome (Cymbalaria muralis) séduit le groupe et fait crépiter les flashs des appareils photos! Il faut se pencher pour contempler les petites étoiles blanches du Gaillet gratteron (Gallium aparine) qui nous agrippe les manches au passage avec ses feuilles crochues. Non loin, les Geraniums font une réunion de famille: Geranium rotundifolium, Geranium dissectum et Geranium robertianum (ou Herbe-à-Robert, ici en photo).


Yves Baron entraine le groupe sur le chemin de la Cagouillère qui relie le parc de Blossac aux bords de Clain, se faufilant entre deux murets richement habités: l'un exposé au nord et l'autre plein sud. L'occasion pour le botaniste de rappeler à quel point l'exposition au soleil dessine le paysage: sur un même spot, à quelques mètres de distance, une végétation montagnarde (nord) peut faire face à une végétation méditerranéenne (sud).
Côté nord, côté sud... Sauvages du Poitou
Capillaire des murailles, Ceterach, Rue des murailles, Poitiers chemin de la cagouillère

De gauche à droite: côté ombre, les Aspleniums ont colonisé la place; la Capillaire des murailles (Asplenium trichomanes) affiche sa dentelle, le Ceterach (Asplenium ceterach) montre son aptitude à s'installer en tout lieux (il préfère d'ordinaire les lieux secs et ensoleillés) et la Rue des murailles (Asplenium ruta-muraria) cache bien son appartenance au clan Fougère.

Millepertuis perforé, Giroflée des murailles, Fenouil commun, Grande Camomille, Poitiers chemin de la Cagouillière

De gauche à droite: côté soleil, le Millepertuis perforé (Hypericum perforatum) ne présente pour l'heure que de jeunes pousses, dont les feuilles semblent déjà criblées de mille trous. Les fleurs jaunes de la Giroflée des murailles (Erysimum cheiri) dominent crânement la vallée du Clain. On respire le parfum de quelques pieds de Fenouil commun (Foeniculum vulgare) qui semblent échappés des potagers alentours... Ils rivalisent en fragrance avec la Grande Camomille (ou Tanaisie matricaire, Tanacetum parthenium), délicieusement camphrée.

Rue fétide, Ruta graveolens, Poitiers chemin de la Cagouillère
Rue fétide, Poitiers Chemin de la Cagouillère

La Rue fétide (Ruta graveolens) est probablement la plante la plus rare observée ce jour: Malgré les nombreuses années à arpenter le territoire, Yves Baron n'en connait à Poitiers que quelques pieds à l'état sauvage! Ce sous-arbrisseau à l'odeur peu amène était utilisée autrefois comme un puissant abortif, se taillant une réputation peu enviable... Il conviendrait aujourd'hui d'en protéger les derniers spécimens poitevins.

Cardamine hérissée, Laitue scarole, Clématite vigne-blanche, Bryone dioïque, Poitiers chemin de la Cagouillère


De gauche à droite: on s'amuse avec la Cardamine hérissée (Cardamine hirsuta), une petite annuelle dont les fruits (siliques) nous explosent dans les mains. La Laitue scarole (Lactuca serriola), surnommé «plante boussole» par Yves Baron, tord ses feuilles pour nous indiquer l'axe Nord-Sud. Les jeune pousses de Viouche, ou Clématite vigne-blanche (Clematis vitalba) nous donnent l'occasion de raviver quelques souvenirs d'enfance, les pastiches de cigares que l'on confectionnait avec ses lianes épaisses. Enfin, Yves Baron nous invite à tester la promptitude des vrilles de la Bryone dioïque (Bryonia dioica), capables de s'enrouler autour d'un doigt qui les touche... En quelques minutes à peine!

Nature peut tout et fait tout.

(Michel de Montaigne, Essais)

Le botaniste en profite pour insister sur le génie des plantes sous nos pieds. Quand l'homme regarde la nature, il s'intéresse généralement aux grands arbres, plutôt qu'à la multitude des herbacées aux pieds des troncs. Et pourtant... «Small is beautiful»! les petites Sauvages sont ahurissantes d'inventivité: plantes aquatiques, plantes carnivores...


Bien sûr, n'oublions pas pour autant de lever les yeux. C'est d'ailleurs en observant de jeunes arbres (un AmandierPrunus dulcis — et un Petit OrmeUlmus minor —) plantés à flanc de falaise que le groupe découvre une invitée surprise, perchée à trois mètres de hauteur!


Yves Baron et ses étudiants, Poitiers Avril 2016

Yves Baron et ses étudiants sur le point de dénicher un trésor! (Poitiers, Avril 2016)


Yves Baron ne connaissait que quelques spots d'observation isolés du Pastel des teinturiers (Isatis tinctoria) autour de Poitiers... En voilà un nouveau! Les feuilles de cette Sauvage originaire d'Asie et d'Europe de l'est permettent de confectionner un colorant bleu. Les rares spécimens que l'on rencontre aujourd'hui témoignent de leur importation volontaire au 19ème siècle: elles permirent à l'industrie textile de remplacer l'indigo des Antilles pendant le blocus anglais. Merveilleuses Vagabondes, infatigables voyageuses à travers l'histoire et la géographie, à travers le temps et l'espace!


Isatis tinctoria, Pastel des teinturiers, Poitiers chemin de la Cagouillère

Pastel des teinturiers, Poitiers chemin de la Cagouillère


La liste des espèces présentées dans cet article ne serait être exhaustive! De mémoire, ont aussi été observées ce jour là: le Pâturin annuel (Poa annua), le Brome stérile (Bromus sterilis), le Muscari à grappe (Muscari neglectum), la Marguerite commune (Leucanthemum vulgare), le Laiteron potager (Sonchus oleraceus), la Mâche doucette (Vallerianella locusta), la Petite Pimprenelle (Poterium sanguisorba), le Séneçon commun (Senecio vulgaris), le Séneçon du cap (Senecio inaequidens), la Vergerette du Canada (Erigeron canadensis), l'Euphorbe des jardins (Euphorbia peplus), la Mercuriale annuelle (Mercurialis annua), le Lamier pourpre (Lamium purpureum), l’Épiaire droite (Stachys recta), l'Origan commun (Origanum vulgare), le Marube commun (Marubium vulgare), la Saxifrage à trois doigts (Saxifraga tridactylites), l'Arabette des dames (Arabidopsis thaliana), l'Oxalis corniculé (Oxalis corniculata), la Bourrache officinale (Borago officinalis), la Fumeterre officinale (Fumaria officinalis), le Cerfeuil des bois (Anthriscus sylvestris), la Grande Chelidoine (Chelidonium majus), le Pavot douteux (Papaver dubium), le Compagnon blanc (Silene latifolia), le Céraiste aggloméré (Cerastium glomeratum), divers Sedums (Sedum album et d'autres espèces peu évidentes à déterminer en l'absence de fleurs)...


Suivre ce lien pour consulter le compte rendu de François Lefebvre (un grand merci à lui!)  de Vienne Nature avec la liste complète des espèces observées.


Pour aller plus loin:

- Récit de promenade botanique avec Yves Baron (Poitiers, rochers du Porteau, mai 2017)

- Entretien avec Yves Baron dans la revue Actualité en Poitou-Charentes.


Lectures recommandées:

- Les plantes sauvages et leurs milieux en Poitou-Charentes d'Yves Baron.

- Mon herbier du Poitou de Anne Richard.

>Voir le billet et ses commentaires...
 

Sauvages de ma rue: tous botanistes!
Date 15/03/2016
Ico Rencontres et billets d'humeur
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http://sauvagesdemarue.mnhn.fr/

Je suis le plus grand botaniste de cette planète!

(Seul sur Mars, Ridley Scott)

«Sauvages de ma rue» est un programme de science citoyenne, initié par le Muséum d'histoire naturel à Paris et Tela-botanica, l'incontournable portail des botanistes francophones sur le web. Ce programme vise à observer et étudier la flore spontanée des villes françaises: chaque avancée en ce sens permet de mieux comprendre le rôle fondamental des Sauvages dans la cité (et, de par la même, d'éduquer les municipalités et les populations). A savoir...


Poa annua, Pâturin annuel, Poitiers place Maréchal Leclerc

Pâturin annuel place du Maréchal Leclerc à Poitiers: le dernier des Mohicans?


Des herbes folles riches et variées en ville sont l'assurance d'une faune riche et variée. A l'inverse, un milieu végétal qui s’appauvrit, c'est un habitat qui s’appauvrit et la disparition programmée d'un carnaval d'insectes, d'oiseaux et de petits animaux. Au bout du compte, la cité devient invivable, y compris pour le gros animal que nous sommes (si, j'insiste).

Au delà, la flore spontanée rend de nombreux services à la collectivité: de par son couvert, elle régule les micro-climats caniculaires, provoqués en partie par l'omniprésence du minéral en ville (trottoir, route, parking, bâtiments...). Elle stabilise les sols, assure les écoulements d'eau (via son réseau racinaire), réduisant ainsi les risques d'inondations. Elle purifie les eaux, la terre, l'air que nous respirons (voir par exemple le rôle du Lierre grimpant face au benzène des gaz d’échappement)...

Mais surtout, côtoyer les Sauvages peut nous rendre heureux! A l'heure où 4/5ème de la population européenne vivent dans des espaces urbains, les herbes folles et les espaces verts sont pour beaucoup d'entre nous le seul contact quotidien avec la nature.... Il n'est pas nécessaire de transformer les Sauvages en sachet de tisane pour pouvoir profiter de leur effets déstressants! Il suffit de leur prêter attention et d'apprendre à mieux les connaitre, au fil des saisons. Devant chez soi ou sur la route du travail, elles ont tellement à raconter et à offrir!

Taraxacum sect. Ruderalia, Pissenlit dent-de-lion, Poitiers Saint Cyprien
Sauvages de nos villes, quelques grammes de poésie et de tendresse dans un monde...

Une des ambitions du programme «Sauvages de ma rue» est précisément de nous aider à faire connaissance avec les herbes vagabondes de notre propre quartier. Comme il serait compliqué, même pour un gang de scientifiques musclés et motivés, de parcourir chaque rue dans chaque ville de France, c'est là que vous rentrez en jeu!
Sciences participatives: We need you!
- Je suppose que vous n’avez pas la moindre compétence dans le domaine scientifique!
- J’ai disséqué une grenouille, une fois...
(Avatar, James Cameron)

«Sauvages de ma rue» met à votre disposition (à travers son site et ses publications) les outils nécessaires pour démarrer une carrière de botaniste amateur, en découvrant et en observant les 240 espèces emblématiques de nos cités. Sur ces bases, c'est à vous de parcourir votre ville en long, en large et en travers, avant de retourner vos comptes rendus aux scientifiques qui les compileront (tout se fait en ligne, via des formulaires simples), et ce dans la mesure de vos capacités et de vos progrès.


La botanique est une science joyeuse, mais jamais autant que lorsqu'elle est pratiquée entre amis! Ça tombe bien, les relais locaux ne manquent pas (se référer à la carte sur le site officiel du programme pour trouver d'autres passionnés près de chez vous). Et si ce n'est pas le cas, libre à vous d'initier un groupe, entre voisins, où chacun partagerait ses connaissances comme il peut, là où il en est.
- Vous trouvez pas qu'elle est... Bizarre?
- C'est le moins que l'on puisse dire... Mais qu'est ce que c'est que cette drôle de plante?
- Je sais pas... Une Dionée je pense, de la famille des «gobes mouches», mais je ne l'ai encore trouvée dans aucun de mes bouquins.
(La Petite Boutique des horreurs, Frank Oz)
Le Centre Permanent d'Initiatives pour l'Environnement Seuil du Poitou assure le relais de Sauvages de ma rue pour le département de la Vienne. En  2016, les animateurs du CPIE Seuil du Poitou invitent les amoureux de la chlorophylle (et du macadam) à se retrouver les mardis soirs lors d'after work, entre 18h et 19h30, le temps d'arpenter une ou deux rues. C'est gratuit, chacun apporte son bagage, quel qu'il soit: connaissances, livres personnels, ou sa simple curiosité... Au plaisir de vous croiser, au détour d'un trottoir!

Poitiers

Mardi 5 Avril : rue des Caillons (rdv parking Bajon)
Mardi 14 Juin : chemin du Bas de Sables (rdv vers n°10 de la Promenade des Cours)
Mardi 30 Août : rue des Frères Montgolfier (rdv centre socio culturel de la Blaiserie)
Mardi 6 Septembre : rue des Prés Mignons (rdv parking du parc des Prés Mignons)

Châtellerault

Mardi 12 Avril : rdv Place Ferdinand Buisson
Mardi 5 Juillet : rdv devant l'entrée de la salle l'Angelarde
Mardi 9 Août : rdv devant l'office du tourisme du Pays Chatelleraudais
Mardi 11 Octobre : rdv devant l'entrée principale du parc des Vergers

Vouneuil-sous-Biard

(en partenariat avec l'association du Triton de Vouneuil)
Mardi 3 Mai : rue du Petit Firmin (rdv parking de l'école Jacques Yves Cousteau à Pouzioux la Jarrie)
Mardi 12 Juillet : rue des Cèdres et rue des Moulins

Nouaillé-Maupertuis

Mardi 26 Avril: sentier des Douves (rdv parking de l'Abbaye)
Mardi 20 Septembre : route des Roches (rdv place Philippe le Hardy)

Sèvres-Anxaumont

Mardi 7 Juin: rdv devant la mairie
Mardi 2 Août: rdv devant la mairie

Colombiers

Mardi 10 Mai: rdv devant la mairie
Mari 13 Septembre: rdv devant la mairie

Cenon-sur-Vienne

Mardi 28 Juin: rdv devant la mairie
Mardi 4 Octobre: rdv devant la mairie

Pour tous ces rendez-vous, renseignements et inscriptions: 0549851166 ou cpie-seuil-du-poitou@wanadoo.fr
Rue des Caillons à Poitiers
Premier rendez-vous de la saison 2016 rue des Caillons à Poitiers
: la richesse d'un jardin botanique concentrée dans la rue la plus étroite du centre ville!

Pour aller plus loin:
- Sauvages de ma rue, le site officiel.
- Tela botanica, le portail des botanistes (amateurs ou professionnels) francophones.
- Vigie Nature rassemble plusieurs programmes participatifs d'observation de la nature en France.
- CPIE seuil du Poitou, relais local de «Sauvages de ma rue» pour les habitants de la Vienne (86).

- Le Mooc Botanique de Tela Botanica, une formation en ligne, gratuite, pour se lancer dans la grande aventure botanique!

Plus jamais seuls sur Mars avec le MOOC Botanique!

*Clin d’œil au film Seul sur Mars, où le héros, tel un Robinson spatial, survit à la rudesse de la vie martienne grâce à quelques pommes de terre et surtout grâce à ses connaissances en botanique!

Lecture recommandée:
- Sauvages de ma rue, le guide sur la flore urbaine de Nathalie Machon
- Guide des plantes des villes et des villages de Gérard Guillot

Comptes rendus de sorties:
- Un observatoire sauvage chez soi (Nouvelle république, Sèvres-Anxaumont)
- Des sauvages dans ma rue (Nouvelle république, Poitiers)
- Sauvages de ma rue à Vouneuil-sous-Biard (blog du CPIE seuil du Poitou)

Sauvages de ma rue dans le Poitou, tous botanistes!
Tous botanistes à Vouneuil-sous-Biard (en haut) et Sèvres-Anxaumont (en bas)! (saison 2016)

>Voir le billet et ses commentaires...
 

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