Ico Cours de botanique joyeuse!
Ico Liste des Sauvages par noms
Ico Retrouver une Sauvage par l'image
Ico Villes, chemins & terrains vagues
Ico Prairies
Ico Haies & forêts
Ico Murs et rocailles
Ico Zone humide
Ico Grand banditisme (invasives)
Ico Bestioles
Ico Rencontres et billets d'humeur

Résultat de votre recherche


1 2 3 ... 5
Circée de Paris: Titi la petite sorcière
Date 01/11/2017
Ico Haies & forêts
Comms Aucun commentaire

Circaea lutetiana, Circée de Paris, Biard bords de Boivre (86)

Circée de Paris ou «Herbe aux sorcières», Biard bords de Boivre (86)

- Oh! Une sorcière si mignonne...

- Kiki, pour vous servir!

(Kiki la petite sorcière, Hayao Miyazaki)

Circaea lutetiana (Circée de Paris) appartient à la famille Onagraceae, aux côté des Onagres, des Épilobes,  des Fushias de nos jardins ou des Jussies (Ludwigia sp), les terribles pirates des étangs et des cours d'eau. Pourtant, à l'heure où les monstres d'Halloween défilent à notre porte, notre Sauvage n'endosse pas un costume de corsaire, mais plutôt celui d'une sorcière: Circaea lutetiana est surtout connue sous le nom d'Herbe aux sorcières... Encore des salades de magiciennes me direz-vous? Que voulez-vous, les sorcières, de même que les curés, furent d'excellentes botanistes en leur temps; il est normale que les Sauvages leur rendent hommage de temps en temps.


Sorcière: la botaniste du Moyen Âge? Sauvages du Poitou!


Prenez garde, Circaea lutetiana n'est pas n'importe quelle sorcière: elle emprunte son nom à Circée (Kirkê en version originale), une puissante magicienne dans la mythologie grecque. Experte en drogues, en poisons et reine des métamorphoses, Cirsée est surtout célèbre pour sa participation au casting de l'Odyssée de Homère, où elle change les compagnons d'Ulysse en porcs. On raconte que ce sont les botanistes Mathias de l'Obel — alias Lobelius — et Jacques Daléchamps avant lui (XVIème siècle) qui désignèrent la plante comme celle utilisée par l'enchanteresse pour préparer la potion permettant de transformer les marins en cochons!


Circaea lutetiana dans Plantarum seu stirpium historia de Mathias de l'Obel (1576)

Circée de Paris (à gauche) dans Plantarum seu stirpium historia de Mathias de l'Obel (1576)


Circaea lutetiana a côtoyé d'autres plantes sorcières dans les grimoires (Mandragore, Morelle...), mais on sait aujourd'hui qu'elle ne se démarque ni pour sa dangerosité, ni pour ses vertus médicinales. Reste qu'elle est fortement tannique et plutôt impropre à la consommation (sans parler du risque de se transformer en cochon?).


Circaea lutetiana, Circée de Paris, Ainhoa (64)

Circée de Paris, Ainhoa (64)

- Bonjour monsieur, y a-t-il une sorcière dans cette ville?

- Non... J'en ai pas vu depuis longtemps.

- Alors je vais m'installer ici! (...) Je me présente: je suis sorcière, je m'appelle Kiki!

(Kiki la petite sorcière, Hayao Miyazaki)

C'est peut-être pour la différencier d'une autre Circée, la Circée des Alpes (Circaea alpina), que notre Sauvage devint la Circée de Paris (lutetiana pour Lutèce, le nom romain de la capitale française), ou en quelque sorte, Titi la petite sorcière! Elle est cependant commune sur l'ensemble du territoire, à l'exception de la région méditerranéenne (protégée en Provence-Alpes-Côte d'Azur). A l'inverse, la Circée des Alpes est rare en France, présente en région méditerranéenne et dans le sud-est seulement.


Circaea lutetiana, Circée de Paris, Biard bords de Boivre (86)

Paire de pétales échancrés des fleurs de la Circée de Paris en été: on observe bien l'ovaire infère, une des caractéristiques du clan Onagraceae.


Circaea lutetiana est une vivace qui recherche les sols riches, humides et ombragés des forêts riveraines (près des rivières et des ruisseaux). Certains auteurs peu enclins à la magie pensent d'ailleurs que sa qualité de «sorcière» serait une déformation de «sourcière», sa présence signalant souvent la proximité d'un point d'eau.


Circaea lutetiana, Circée de Paris, Marçay (86)

Les feuilles opposées, ovales, acuminées, denticulées de la Circée de Paris.


Le port modeste de Circaea lutetiana (une cinquantaine de centimètres) est largement compensé par ses colonies très fournies, en particulier sur les sols fréquentés par l'homme. Ses rhizomes souterrains assurent une expansion efficace, et ses fruits s'agrippent aux animaux de passage, à la manière du Gaillet gratteron, pour se disperser jusque dans les villes et les jardins (voir notre article sur l'epizoochorie). Pour le botaniste hollandais Herman Boerhaave (XVIIIème siècle), la Sauvage est liée à Circée à cause de ses fruits: les semences s'accrochent aux passants comme Circée attrape les voyageurs de passage. Ceux qui ont lu l’Odyssée savent combien Ulysse et ses compagnons ont eu du mal à se défaire de la magicienne, un brin collante; d'autres diront que Circée était juste attachante, à l'image de notre Sauvage, discrète, mais pas moins ensorcelante!


Circaea lutetiana, Circée de Paris, Biard bords de Boivre (86)

Fruits de la Circée de Paris (des capsules velues) qui restent visibles très longtemps en hiver, à l'affut des bas de pantalon des aventuriers!



Pour aller plus loin:

- Circaea lutetiana sur Tela-botanica

>Voir le billet et ses commentaires...
 

Vocabulaire de la botanique (1): feuilles simples
Date 10/07/2017
Ico Cours de botanique joyeuse!
Comms 13 commentaires

Ce billet est le premier d'une catégorie d'articles sur le blog, «La botanique pour les indiens», qui sera consacrée à l'initiation sauvage et décomplexée de la biologie végétale. L'occasion, j’espère, de faire quelques découvertes dignes de l'université de magie de Poudlard (l'école du jeune sorcier Harry Potter)... Car l'étude du vivant est rarement chose ennuyante!


La botanique est magique sur Sauvages du Poitou!


La botanique, à l’image de toutes les vénérables sciences, a composé son propre langage. L’initiation au monde végétal commence donc par l’apprentissage de ce dialecte savant, ce dernier n'ayant pas été inventé pour réjouir une poignée de vieux professeurs scotchés devant des herbiers séculaires, mais bel et bien pour servir le quidam curieux et amoureux de nature ! Et ce à plusieurs titres :


Premièrement, le vocabulaire nous permet de raconter aux autres ce que nous voyons... On ne peut guère se contenter de dire d'une feuille qu'elle est verte, ovale ou pointue : la nature possède un sens artistique infiniment développé, qu'il convient d'exprimer avec grande finesse !


Pour les apprentis que nous sommes, c'est aussi la possibilité de lire les descriptions proposées dans les livres et guides d'identification, et d'aller au delà des simples photographies qui s'avèrent souvent insuffisantes pour partir à la rencontre d'un spécimen inconnu.


Enfin et surtout, les mots guident notre pensée et notre attention : pour le profane, une feuille est verte, ovale ou pointue ; mais celui qui dispose d'un vocabulaire plus fourni remarquera d’emblée d'autres caractéristiques importantes : la feuille est-elle entière ou crénelée ? Hastée ou sagittée ? Est-elle sessile, embrasse-t-elle la tige ? Le simple fait d'étudier ces définitions nous incite à prêter attention à de nouveaux détails. Et quoi de plus merveilleux que pouvoir explorer jusque dans ses détails ?


Au bout du compte, chaque mot appris fait apparaitre à nos yeux un phénomène nouveau... Étudier le vocabulaire de la botanique revient à apprendre la magie ! Paradoxalement, c'est l'expérience et la connaissance qui nous permettent de renouer avec le regard émerveillé et contagieux de l’enfance, qui s’étonne à chaque instant devant le spectacle toujours renouvelé de la nature à jamais extraordinaire et omniprésente.

- Je suis un super tchatcheur, vous savez! Je tchatche depuis au moins... Je sais pas exactement depuis quand, mais ça fait des années et j’ai un paquet de mots dans mon vocabulaire. Comme «abivore», par exemple.
- Et qu’est-ce que ça veut dire?
- C’est quelqu’un qui mange des abeilles.
- Ah bon.
(Skins, Jamie Brittain et Bryan Elsley)

Dans cette première série de planches, nous nous intéressons à la forme des feuilles (ou plus exactement, à la forme de la partie principale et aplatie de la feuille qu'on appelle le limbe).


Sauvages du Poitou: la feuille


Notez au passage la notion de stipules : deux petites feuilles situées de part et d’autre du pétiole, miniaturisées ou absentes chez certaines espèces.


Nous commençons avec des adjectifs permettant de décrire des feuilles «simples», c'est à dire des feuilles dont le limbe est composé d'une seule et unique partie continue (une seule foliole). Et si les feuilles sont simples, le vocabulaire qui leur est associé ne l’est pas toujours… Notre imagination (dans imagination se cache le mot image) sera d’une grande aide pour mémoriser les planches suivantes :


Les formes des feuilles n°1, Sauvages du Poitou


Orbiculaire : de forme circulaire.

Elliptique : de forme ovale.

Réniforme : en forme de rein ou de haricot (arrondie au sommet).


Les formes des feuilles n°2, Sauvages du Poitou


Deltoïde : de forme triangulaire.

Spatulée : en forme de spatule (arrondie au sommet, graduellement rétrécie à la base).

Cunéiforme : en forme de triangle inversé.


Les formes des feuilles n°3, Sauvages du Poitou


Lancéolée : en pointe aux deux extrémités, plus large du côté de la base.

Cordée : dont la base forme deux arrondis, à l’image d'un cœur.

Ovale : en forme d’œuf (plus large à la base qu'au sommet).


Les formes des feuilles n°4, Sauvages du Poitou


Oblancéolée : en pointe aux deux extrémités, plus large du côté du sommet.

Obcordée : dont le sommet forme deux arrondis, à l'image d'un cœur.

Obovale : en forme d’œuf (plus large au sommet qu'à la base).


Les formes des feuilles n°5, Sauvages du Poitou


Aciculaire : en forme d'aiguille.

Oblongue : allongée, base et sommet presque parallèles ou arrondis.

Linéaire : allongée et étroite, bords parallèles.


Les formes des feuilles n°6, Sauvages du Poitou


Panduriforme : étranglée ou échancrée sur les côtés, à l'image d'un violon.

Sagittée : dont la base présente deux lobes étroits, en forme de fer de flèche.

Hastée : dont la base présente deux lobes divergents, en forme de fer de hallebarde.


Les formes des feuilles n°7, Sauvages du Poitou


Ensiforme: en forme de glaive, épaisse le long de la nervure centrale, tranchante sur les bords.

Lyrée: dont le lobe supérieur est arrondi et plus grand que les lobes inférieurs, à l’image d’une lyre.

Falciforme: en forme de faux.


Les formes des feuilles n°8, Sauvages du Poitou


Rhomboïdale : en forme de losange.

Flabellée : en forme d’éventail, semi circulaire.

Tronquée : dont le sommet est comme coupé.


Les formes des feuilles n°9, Sauvages du Poitou


Aristée : dont le sommet se termine par une arête (pointe longue et dure).

Acuminée : dont le sommet se termine brusquement en pointe.

Émarginée : dont le sommet est taillé en angle rentrant, comme coupé aux ciseaux.


La vie rentrant difficilement dans des cases bien rangées, un terme n'exclut pas forcément les autres. C'est pourquoi il est recommandé d'user et d'abuser de ce vocabulaire en combinant autant de mots que nécessaire pour parvenir à décrire ce qui se présente sous nos yeux (Quelle est la forme générale de la feuille? Comment est sa base? Son sommet?). Et avant de faire nos premiers travaux pratiques, observons également le bord du limbe (la marge):


Les bords des feuilles, Sauvages du Poitou


La liste est loin d'être exhaustive... Déjà, ces quelques définitions en appellent d'autres! Par exemple, en fonction du nombre de lobes sur le bord de la feuille, on parle de feuille bilobée (2 lobes), triolobée (3 lobes), quadrilobée (4 lobes), pentalobée (5 lobes ), etc. Le réservoir à mots semble inépuisable!


Afin d'éviter toute indigestion cérébrale, le vocabulaire relatifs aux feuilles «composées» — c'est à dire les feuilles dont le limbe est fractionnée en plusieurs parties distinctes (plusieurs folioles) —, les particularités des nervures, celles du pétiole ainsi que la dispositions des feuilles sur la tige seront abordées dans de futurs articles. Car il est maintenant grand temps de faire l'école buissonnière! Prêts pour quelques travaux pratiques sur le terrain?

Allium ursinum, Ail des ours, Exireuil (79)
Ail des ours (Allium ursinum): feuilles entières, ovales (plus larges à la base qu'au sommet) et plus précisément lancéolées... C'est plutôt facile pour commencer, et en plus, c'est délicieux!

Glechoma hederacea, Lierre terrestre, Poitiers Chilvert
Lierre terrestre (Glechoma hederacea) sur le pas de ma porte: feuilles crénelées, de forme générale quasi orbiculaire (circulaire), réniformes ou cordées.

Iris pseudocarus, Iris des marais, Poitiers bords de Boivre
Les feuilles de l’Iris des marais (Iris pseudacorus), la sauvage qui inspira le symbole royal de la fleur de Lys, dresse de longues feuilles entières, linéaires et ensiformes, pointues et effilées comme des glaives !

Arum italicum, Gouet d'Italie, Poitiers bords de Boivre
Gouet d'Italie (Arum italicum): feuilles entières, de forme générale deltoïde (triangulaire), hastées telles le fer d'une hallebarde.


Urtica dioica, Grande Ortie, Poitiers gare

Tout le monde connait les feuilles de la Grande Ortie (Urtica dioica): fortement dentées, ovales (plus larges à la base qu'au sommet), deltoïdes (triangulaire), acuminées, légèrement cordées à la base… Et bien sûr piquantes !


Rumex pulcher, Patience violon, Lyon Tête d'or

La Patience violon (Rumex pulcher) doit son nom vernaculaire à ses feuilles oblongues, cordées, panduriformes, c'est à dire rétrécies à la taille comme la caisse de résonance d’un violon.


Amaranthus blitum, Amarante livide, Poitiers Chilvert

L'Amarante livide (Amaranthus blitum), autrefois légume cultivé aujourd'hui vagabonde, dresse des feuilles ovales ou rhomboïdales, nettement émarginées.


C'est à vous de jouer les indiens maintenant, je vous souhaite une excellente promenade, à bientôt pour la suite!


Suite des leçons de botanique consacrées aux feuilles sur Sauvages du Poitou:

- Le vocabulaire de la botanique (2): nervures et feuilles composées

- Le vocabulaire de la botanique (3): pétiole et phyllotaxie


Pour aller plus loin :

- Les formes foliaires sur Wikipédia

- Description générale de la feuille sur le site des Jardins du Gué

- Vocabulaire illustré de la botanique par Maurice Reille

- L'appareil végétatif des végétaux supérieurs par Jean-Marie Savoie


Référence bibliographique:
- La botanique redécouverte de Aline Raynal-Roques
>Voir le billet et ses commentaires...
 

Ornithogale des Pyrénées: le bon lait d'oiseau!
Date 17/06/2017
Ico Haies & forêts
Comms Aucun commentaire

Loncomelos pyrenaicus, Ornithogale des Pyrénées, Vouneuil-sous-Biard (86)

Ornithogale des Pyrénées, Vouneuil-sous-Biard (86)


Loncomelos pyrenaicus (ex Ornithogalum pyrenaicum, Ornithogale des Pyrénées) appartient à la famille Asparagaceae (ex Liliaceae), au côté des Asperges, mais aussi du Muscari à Toupet, de la Dame d'Onze heures, du célèbre Muguet de mai ou de l’inénarrable Fragon déjà croisés dans les pages de Sauvages du Poitou.


L'Ornithogale des Pyrénées est une espèce d'ombre ou de demi ombre qui colonise les sols riches et forestiers. Elle apparait après le tiercé gagnant des fleurs vernales, à savoir (dans l'ordre d'arrivée): Petite pervenche (Vinca minor), Anémone des bois (Anemone nemorosa) et Jacinthe des bois (Hyacinthoides non-scripta). Comme ces dernières, le spectacle de l'Ornithogale des Pyrénées est éphémère: ses parties aériennes disparaissent en moins de deux mois, puis la Sauvage roupille sous terre (elle est vivace de par son bulbe) jusqu'au printemps suivant.


Loncomelos pyrenaicus, Ornithogale des Pyrénées, bords de Boivre à Biard (86)

Inflorescence en boutons de l'Ornithogale des Pyrénées: le spectacle va bientôt commencer, gare aux retardataires!

Les oiseaux volent haut dans le ciel, mais il faut bien qu’ils redescendent parfois.

(True blood, Alan Ball)

Les ornithogales empruntent leur nom à une expression grecque: ornithos est l'oiseau, gala le lait. Le lait d'oiseau étant chose fantastique, il désignait chez les grecs une chose rare et merveilleuse! Si la rareté de notre Ornithogale des Pyrénées varie considérablement d'une région à une autre, sa magie ne fait aucun doute, où que l'on soit...


Ornithogale: le lait d'oiseau! Sauvages du Poitou


Loncomelos pyrenaicus, Ornithogale des Pyrénées, bords de Boivre à Biard (86)

Jeunes pousses d'Ornithogale des Pyrénées au mois de mai... La saison de l'Aspergette est ouverte!


L'Ornithogale des Pyrénées est une Asparagacée, et c'est d'ailleurs en tant qu'«Asperge» qu'elle est le plus souvent connue, même si, botaniquement parlant, elle n'en est pas une (les Asperges appartiennent au genre Asparagus). Surnommée Aspergette ou Asperge des bois, l'Ornithogale des Pyrénées est une excellente comestible: ses jeunes pousses, crues ou cuites (plongées 5 minutes dans de l'eau bouillante), ont un goût agréable, bien que peu prononcé. Mais ceux qui ont eu la chance de goûter l'Aspergette se souviennent surtout de sa texture: tendre et croquante. Sous la dent, la Sauvage donne envie de crier à la merveille, ô lait d'oiseau!


Loncomelos pyrenaicus, Ornithogale des Pyrénées, Béceleuf (79)

Les récoltes toujours abondantes d'Ornithogale des Pyrénées en Poitou, région bénie des Dieux de l'Aspergette!


Loncomelos pyrenaicus, Ornithogale des Pyrénées, Béceleuf (79)

Quiche à l'Aspergette (journée Botanique & Cuisine avec Sauvages du Poitou et What's for dinner)

Je peux pas manger: j’ai les dents qui poussent.

(Marche à l’ombre, Michel Blanc)

Malheureusement pour nos assiettes (et heureusement pour notre Sauvage), l'Ornithogale des Pyrénées est protégée dans bon nombre de régions en France (liste complète sur Tela-botanica). Reste alors les étals des marchés au mois de mai, où l'Aspergette d'importation peut se vendre jusqu'à 10 euros le kilo (le lait d'oiseau est à ce prix). On peut aussi se procurer quelques bulbes en jardinerie, mais l’expansion des colonies d'Ornithogale reste lente (même si sa culture est plutôt facile), et les récoltes risque d'être maigres pendant plusieurs années.


Loncomelos pyrenaicus, Ornithogale des Pyrénées, Vouneuil-sous-Biard (86)

Fleurs à six tépales de l'Ornithogale des Pyrénées, Vouneuil-sous-Biard (86)


Faute de pouvoir cueillir l'Aspergette pour la croquer, reste à admirer sa floraison atypique: ses longues grappes affichent des fleurs verdâtres à six pétales, ces derniers faisant également office de sépales (lorsque la frontière entre le pétale et le sépale s'étiole, on parle alors de tépale). Si les grands arbres laissent passer quelques rayons de soleil, ou si, tordant son long cou, l'Ornithogale des Pyrénées parvient à trouver la lumière, on observera le manège des butineurs qui récoltent le pollen de la Sauvage et boivent son nectar comme du petit lait!


Loncomelos pyrenaicus, Ornithogale des Pyrénées, Béruges (86)

Fruits (capsules à trois loges) de l'Ornithogale des Pyrénées, Béruges (86)


Les longues feuilles étalées en rosette basale disparaissent généralement dès la floraison. Au mois de juin, ne restent plus que les hampes tordues (le prix de la course à la lumière) garnies des capsules. Puis, longtemps, les tiges sèches perdurent seules, discrètes, mais ne manquant pas de rappeler au promeneur éclairé le goût du lait d'oiseau, et de lui promettre d'autres festins à venir!


Pour aller plus loin:

- Loncomelos pyrenaicus sur Tela-botanica

- Aspergette: des idées et des recettes sur le blog Sauvagement bon

- Salade de pâtes aux asperges des bois: une recette originale de La Cuisine de Gin

>Voir le billet et ses commentaires...
 

1 2 3 ... 5

Infos blog

Sauvages du Poitou


MP  Mighty Productions
> Blogs
> Sauvages du Poitou
 
RSS       Mentions légales       Comms  Haut de la page