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Compagnon blanc, le noctambule
Date 21/04/2016
Ico Prairies
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Silene latifolia, Compagnon blanc, Poitiers bords de Clain

Compagnon blanc, Poitiers bords de Clain


Silene latifolia (Compagnon blanc ou Chipôza-bourru en poitevin saintongeais!) appartient à la famille Caryophyllaceae, au côté de la Stellaire holostée ou de la Saponaire officinale par exemple, déjà croisées dans les pages du blog. A l'inverse de sa fausse jumelle aux fleurs rouges ou roses qui s'active en journée, le Compagnon rouge (Silene dioica), le Compagnon blanc préfère la vie nocturne: ce sont essentiellement les papillons de nuit qui assurent sa pollinisation, attirés par le parfum et le nectar que la Sauvage produit en plus grande quantité la nuit tombée.

La vie est tout de même une chose bien curieuse... Pour qui sait observer entre minuit et trois heures du matin.

(Le quai des brumes, Marcel Carné)

Silene Latifolia, Compagnon blanc, Biard (86)

Jeune pousse de Compagnon blanc, Biard (86)


Les Silènes doivent leur nom à leur à leur calice renflé qui rend hommage au dieu grec Seilênos — père adoptif du truculent Dionysos — qu'on représente généralement avec un gros ventre. Une famille divine qui savait surement bien boire et bien manger, quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit!


Silene latifolia, Compagnon blanc, Poitiers bords de Boivre

Calice velu du Compagnon blanc (Poitiers bords de Clain)


Comagon blanc: la Sauvage qui avait du ventre!


Notez que dans la famille des Silènes, c'est de loin le Silène enflé qui présente le plus grand tour de ceinture (Silène vulgaris, qu'on rencontrera essentiellement en terrain sec, et que les enfants transforment en pétard en éclatant le calice contre le dos de leur main)!


Silene vulgaris, Silène enflée, Poitiers bords de Boivre Silene vulgaris, Silène enflée, Poitiers bords de Boivre

Un autre Silène: le Silène enflé au ventre gonflé comme un ballon de baudruche et aux jeunes feuilles glabres au goût de petit pois!

Moi, j’ai la vie dans mon ventre, alors que toi, t’as que des tacos pourris dans le bide.

(Juno, Jason Reitman)

Compagnon blanc — la sauvage noctambule aux fleurs blanches — et Compagnon rouge — la diurne aux fleurs rouges ou roses — sont deux vivaces peu regardantes quant à la nature du sol; leurs colonies sont toutefois plus éclatantes sur les terres riches en matière organique végétale.


Silene dioica, Compagnon rouge, Béceleuf (79)

Compagnon rouge (Silene dioica), un couche tôt qui préfère les rayons du soleil à ceux de la lune!


Si le Compagnon blanc préfère les sols calcaires, le Compagnon rouge se plaît d'avantage sur les sols siliceux, ce qui n'empêche pas les deux espèces de se rencontrer. Lorsque le soleil a rendez vous avec la lune, les hybridations ne sont pas rares: il peut en résulter une sorte de Compagnon à fleurs... Roses pâles!


Silene dioica, Silene latifolia et hybride, Béceleuf (79)

Compagnon rouge (en haut à gauche), Compagnon blanc (en haut à droite) et hybride (en bas).


Silene Latifolia est une plante dioïque, c'est à dire qu'elle présente des pieds strictement mâles ou strictement femelles. A partir de mai, ce sont les étamines proéminentes qui nous permettent de distinguer les messieurs.


Silene latifolia, Compagnon blanc, Poitiers bords de Clain Silene latifolia, Compagnon blanc, Poitiers bords de Clain

A gauche, fleur femelle du Compagnon blanc: 5 pétales échancrés entourant 5 styles recourbés. A droite, fleur mâle: 5 pétales échancrés entourant 10 étamines dressées.


Les dames quant à elles affichent en leur centre cinq styles recourbés et un calice nettement plus renflé. Leur «ventre dodu» renferme les graines et les générations futures en fin de floraison; la capsule dentée peut, lorsqu'elle est sèche, servir à confectionner un sifflet pour les enfants... A moins que les chenille des Noctuelles (Hadena sp.), qui aiment s'y cacher, ne l'aient croqué entre temps!


Silene latifolia, Compagnon blanc, Poitiers bords de Clain

Capsule à 10 dents du Compagnon blanc, Poitiers bords de Clain


Les voies de la nuit (et surtout celles de la génétique) étant impénétrables, il existe également des pieds de Silene latifolia hermaphrodites qui mêlent pistil et étamines dans leur ventre. Ces spécimens sont capables d'enfanter avec n'importe quel pied autour d'eux, mâle ou femelle, mais restent de piètres reproducteurs, ce qui explique sans doute leur rareté.


Silene Latifolia, Compagnon blanc, Poitiers bords de Clain

Feuilles du Compagnon blanc: opposées, sessiles, poilues, lancéolées et ondulées.


Le taux de saponines (des substances qui permettent aux végétaux qui les produisent de se protéger contre les insectes et les maladies) de Silene latifolia augmente progressivement au fur et à mesure de la croissance: si les jeunes pousses peuvent éventuellement être considérées comme comestibles, les pieds les plus avancés deviennent potentiellement toxiques. A cause de leur teneur en saponines, les parties souterraines de Silene latifolia ont parfois été utilisées pour confectionner savon ou lessive, même si c'est généralement sa consœur Saponaire officinale (Saponaria officinalis) qu'on préférait pour cet usage. Prêts pour une virée nocturne? A vos lampes de poche!


Pour aller plus loin:

- Silene latifolia : identification assistée par ordinateur

- Silene latifolia sur Tela-botanica

- Silene dioica : identification assistée par ordinateur

- Silene dioica sur Tela-botanica

- Silene vulgaris : identification assistée par ordinateur

- Silene vulgaris sur Tela-botanica


Silene nutans, Silène penché, Poitiers Passelourdain

Un autre Silène, habitué des talus herbeux et rocailleux, nommé le Silène penché (Silene nutans) à cause de ses fleurs inclinées en panicule unilatérale.


Silene uniflora, Silène à une fleur, La Tranche sur Mer (85)

Carte postale de vacances : Silène à une fleur ou Silène maritime (Silene uniflora), un Silène au port prostré des rivages ouverts et sablonneux de la côte Atlantique.

>Voir le billet et ses commentaires...
 

Saponaire officinale, la lessive
Date 06/11/2015
Ico Villes, chemins & terrains vagues
Comms 3 commentaires

Saponaria officinalis, Saponaire officinale, Poitiers bords de Boivre

Saponaire officinale, Poitiers bords de Boivre


Saponaria officinalis (Saponaire officinale) appartient à la grande famille Caryophyllaceae, aux côtés des Silènes. Saponaria officinalis partage avec ces dernières un certain penchant pour la vie nocturne; entre juin et septembre, la Sauvage parfume agréablement ses fleurs roses pâles et active sa production de nectar après le coucher du soleil pour attirer les papillons de nuit qui participent à sa pollinisation.

La vie est tout de même une chose bien curieuse... Pour qui sait observer entre minuit et trois heures du matin.

(Le quai des brumes, Marcel Carné)

Saponaria officinalis, Saponaire officinale, Buxerolles (86)

Fleur de la Saponaire officinale: un calice en tube à 5 dents, 5 pétales, 10 étamines libres autour d'un pistil à 2 styles.


Saponaria officinalis est une vivace dont les rhizomes et les semis spontanés assurent une expansion efficace sur les terres riches, humides et baignées de soleil.


Saponaria officinalis, Saponaire officinale, Poitiers bords de Boivre

Feuilles de la Saponaire officinaleopposées, ovales avec un sommet pointu, entières.


Son usage interne (en tant que médicament ou en tant qu'aliment) peut soulever des problèmes (elle est hémolytique, c'est à dire qu'elle détruit les globules rouges); par prudence, on retiendra qu'il convient d'éviter de consommer la belle en dehors d'un cadre botanique ou médical averti.


En revanche, on aurait tort de se priver des vertus astringentes de Saponaria officinalis en usage externe: les romains en mettaient des feuilles dans leur bain pour soigner les maladies de peau. La Sauvage était recommandée pour nettoyer les plaies des lépreux. Les chinois s'en servaient pour traiter la gale. Plus proche de nous, la décoction de Saponaria officinalis s'utilise en massage pour traiter les problèmes dermatologiques, comme l’eczéma, le zona, le psoriasis ou l’acné.


Saponaria officinalis, Saponaire officinale, Poitiers Chilvert

Saponaire officinale, Poitiers quartier Chilvert


Sapo en latin est le «savon»: la plante contient des saponines en grande quantité, des substances qui permettent aux végétaux qui les produisent de se protéger contre les insectes et les maladies... Et qui ont la propriété, lorsque frottées avec de l'eau, de mousser comme du savon (la mousse est verte, forcément)! Dans le Poitou, la Sauvage est surnommée Savonnette!

Je fabrique et je vends du savon, l’objet qui indique le degré de civilisation.
(Fight Club, David Fincher)

Saponaire officinale, Sauvages du Poitou

Se laver les mains avec une poignée de feuilles de Saponaire officinale!


Une décoction (10mn à ébullition) de racines de Saponaria officinalis (les saponines y sont plus concentrées que dans les parties aériennes) permet de fabriquer un savon liquide qui a été utilisée autrefois pour se laver les mains, les cheveux, ou le linge délicat; il doit en revanche être utilisé rapidement. Pour une longue conservation, on préférera confectionner une poudre, en séchant les racines avant de les broyer. Celle ci pourra faire office de lessive dans le tambour de la machine à laver! La méthode est ancienne, mais le résultat risque de décevoir les habitués de la chimie moderne que nous sommes: le pouvoir détachant de la plante s'avère nettement moins efficace que celui des nouvelles lessives de synthèse.


Saponaria officinalis, Sauvages du Poitou


Pour aller plus loin:

- Saponaria officinalis sur Tela-botanica

- Identification assistée par ordinateur


Saponaria officinalis, Saponaire officinale, Buxerolles (86)

Fruits (capsules allongées) de la Saponaire officinale à la fin de l'été, Buxerolles (86)

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Les 10 fleurs sauvages qu'on ne désherbera plus au jardin
Date 29/07/2015
Ico Rencontres et billets d'humeur
Comms 12 commentaires

Les 10 Sauvages que l'on ne désherbera plus au jardin, Sauvages du Poitou


S'il n'y en avait que 10! La liste est loin d’être exhaustive: il y a très peu de végétaux spontanés qui nécessitent de déclencher une guerre des tranchées au jardin... Disons qu'en guise d'illustration (et d'introduction à une manière de repenser ses espaces verts paisiblement), voilà 10 Sauvages communes qui méritent toute notre hospitalité, qu'on n'arrachera plus sans égards, qu'on ne désherbera plus à coup de potions chimiques ou bio-magiques, qu'on se contentera de regarder avec des yeux d'abeilles, heureux, émerveillés de leur simple présence et... Plein de gourmandises!

Il y a trois choses inévitables dans la vie : la mort, les impôts... Et la paix.
(Prison Break, Paul Scheuring)

1 - Le Lamier pourpre (Lamium purpurum), une annuelle qui régale les premiers butineurs affamés au printemps (merci pour eux), qui couvre et protège les sols laissés à nus en hiver... Et qui  — lorsqu'elle prolifère  — s'avère excellente en salade, riche en sels minéraux et en fer!


Lamier pourpre, Lamium purpurum, Poitiers quartier Chilvert

Lamier pourpre, Poitiers quartier Chilvert


2 - Le Mouron des oiseaux (Stellaria media), une annuelle qui n'a pas volé son surnom tant ses nombreuses graines régalent le peuple à plume... Mais pas seulement, c'est aussi la reine des salades sauvages, délicieuse, riche en calcium, en silice, en magnésium et en vitamine! Elle est souvent le signe d'un sol riche et sain; au jardin, vous pouvez la considérer comme un compliment fleuri!


Mouron des oiseux, Stellaria media, Poitiers quarteir Chilvert

Mouron des oiseaux, Poitiers quartier Chilvert


3 - Le Myosotis des champs (Myosotis arvensis), une poésie jetée à la face du désert... Cette belle annuelle s'installera de préférence dans les recoins les plus pauvres du jardin, comme pour sublimer les parcelles stériles (à l'inverse du Mouron des oiseaux, lorsque le Myosotis des champs prolifère, c'est le signe inquiétant de l'état misérable du sol; l'arracher n'aidera surement pas à améliorer la situation!). De plus, sa tisane aurait des vertus relaxantes pour le système nerveux... Avec le Myosotis, tout le monde se détend!


Myosotis arvensis, Myosotis des champs, Poitiers Chilvert

Myosotis des champs, Poitiers quartier Chilvert


4 - La Pâquerette (Bellis perennis), une vivace qui égaie les pelouses chaque printemps; elle aussi est une comestible, riche en calcium. Ses fleurs aux nombreuses vertus médicinales (calmante, antalgique...) devraient nous inciter à la faire pousser directement dans les trousses à pharmacie! Les pollinisateurs apprécieront sa floraison prolongée (elle fleurit quasiment toute l'année, en dehors des périodes de gel).


Pâquerette, Bellis perennis, Poitiers quartier Chilvert

Pâquerette, Poitiers quartier Chilvert


5 - La Cardamine hérissée (Cardamina hirsuta), une annuelle solitaire, capable de se nicher dans le moindre interstice... Une Sauvage comestible, tonique, riche en vitamine A et C, au goût piquant (comme le Cresson). La belle est une invité timide, à l'image de ses fleurs blanches, étroites et délicates. On peut lui faire belle place au jardin: aucun risque de se faire déborder!


Cardamine hérissée, Cardamina hirsuta, Poitiers quartier Gare

Cardamine hérissée, Poitiers quartier Gare


6 - Le Grand Plantain (Plantago major) — ainsi que les autres Plantains —, des vivaces qu'on trouvera souvent installées près des sols compactés, les passages fréquents (voitures ou chaussures). Le Plantain réussit à pousser là où il n'y a guère que les les cailloux qui tirent leur épingle du jeu... Sauf que contrairement à ces derniers, la Sauvage se révèle être une excellente comestible, dont les jeunes feuilles au goût de sous bois et de champignons agrémentent merveilleusement les soupes! Puis c'est une plante-médecine, cicatrisante et anti inflammatoire. Près du garage, entre une poignée de graviers poussiéreux et un bouquet de Plantain, mon choix est fait!


Grand plantain, Plantago major, Poitiers quartier gare

Grand plantain, Poitiers quartier gare


7 - Le Lierre terrestre (Glechoma hederacea), une vivace rampante à ne pas confondre avec le Lierre grimpant (Hedera helix), qui peut proliférer dans les recoins ombragés du jardin... Malgré son expansion, je n'en ai jamais assez! Depuis la Grèce antique, l'homme pense la Sauvage capable de nous guérir de tous les maux. Dans mon armoire à pharmacie, ses feuilles récoltée et séchées rejoignent les remèdes d'hiver: sa tisane fait merveille contre les affections pulmonaires en tout genre (toux, asthme, grippe, bronchite..). Le lierre terrestre, c'est un peu le bon docteur!


Glechoma hederacea, Lierre terrestre, Poitiers Chilvert

Lierre terrestre, Poitiers quartier Chilvert


8 - Le Géranium Herbe-à-Robert (Geranium robertianum), un véritable Géranium sauvage, annuel le plus souvent. Laisser la belle s'installer au jardin est un parti-pris qui ne fera pas forcément l'unanimité: elle dégage une allure  — et une odeur qui repousse les moustiques  — terriblement sauvage. C'est un petit bout de forêt à elle seule. Elle assure un couvre sol fleurit du début du printemps à la fin de l'automne. L'Herbe-à-Robert s'adapte à tous les sols; ses feuilles prennent une coloration rouge vermillon en cas de sécheresse: une coquetterie estivale qui me console lorsque la pluie se fait rare et que le reste de la végétation grille au jardin!


Géranium robertianum, Géranium Herbe-à-Robert, Poitiers bords de Boivre

Géranium Herbe-à-Robert, Poitiers bords de Boivre


9 - Le Trèfle des prés (Trifolium pratense), une célèbre vivace pour représenter le clan des Légumineuses sauvages, ses sœurs de sève: Trèfles, Luzernes ou encore Vesces... Autant de plantes dont il faut parfois contrôler l'occupation géographique, mais qui sont une véritable bénédiction pour les sols. Ces plantes sont capables d'utiliser l'azote atmosphérique pour assurer leurs propres ressources (richesse qu'elles offrent au sol lorsqu'elles sont fauchées sur place, voir Medicago arabica). Certaines d'entre elles supportent sans broncher le piétinement (Trèfle blanc nain par exemple), restent vertes en hiver comme en été, structurent et enrichissent le sol, nourrissent les butineurs... Je me demande parfois en quoi on peut leur préférer une pelouse bien proprette et bien rangée? Vive le trèfle, à trois ou à quatre feuilles pour les plus chanceux!


Trifolium pratense, Trèfle des prés, Poitiers bords de Boivre

Trèfle des prés, Poitiers bords de Boivre


10 - Le Pissenlit (Taraxacum sect. Ruderalia), une vivace qu'on ne présente plus, une fleur aux couleurs dorées de l'enfance... Pas toujours la bienvenue au jardin: parfois envahissante, toujours solidement enracinée. Pourtant, s'il je devais n'en garder qu'une seule, ce serait elle! Tout le monde connait ses qualités gustatives, des racines jusqu'aux fleurs... Mais considérez ceci: entre le printemps et la fin de l'automne, c'est pas moins de 93 espèces d'insectes qui auront profité de ses fleurs très mellifères. Le Pissenlit est une chance pour la biodiversité, et s'il prolifère au jardin, ou dans le reste du monde, c'est parce que la nature est bien faite!


Taraxacum sect. Ruderalia, Pissenlit dent de lion, Poitiers

Pissenlit, Poitiers


La biodiversité commence chez vous, Sauvages du Poitou!

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