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Familles de la flore française (Game of thrones et botanique, épisode 3)
Date 29/10/2016
Ico Cours de botanique joyeuse!
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Cet article fait suite à deux épisodes déjà publiés, consacrés aux grandes familles en botanique. Nous avions croisé dans le premier les prestigieuses lignées Asterceae, Poaceae, Fabaceae, Rosaceae et Brassicaceae. Le second nous avait présenté les clans Apiaceae, Caryophyllaceae, Lamiaceae, Liliaceae, Ranunculaceae et Orchidaceae. Le feuilleton continue, avec six nouvelles familles plus modestes en terme d’espèces présentes sur le sol français, mais tout aussi remarquables de par leurs spécificités...


House Boraginaceae, Sauvages du Poitou!

Une barbe monumentale le couvrait des pommettes aux cuisses, tant et si bien qu’on pouvait difficilement dire où s’achevait le poil et où débutait la fourrure.

(Le Trône de Fer, George R.R. Martin)

Les Boraginacées (100 espèces en France) présentent souvent des tiges et des feuilles recouvertes de poils rudes. Leur nom viendrait du latin burra, la «burre», une étoffe en laine rêche et grossière qui habillait jadis les moines. Leurs inflorescences affichent souvent un bleu céleste, intense, et forment une sorte de queue de «scorpion» (cyme scorpioïde, voir l'article consacré au sujet).


Borrago officinalis, Bourrache officinale, Poitiers bords de Clain
Bourrache officinale, Poitiers bords de Clain


C'est la clan de la Bourrache officinale (Borrago officinalis), symbole ancestral du courage, de la piquante et généreuse Vipérine commune (Echium vulgare), mais aussi des Myosotis (Myosotis sp), qui font office de bardes délicats dans cette fratrie de poilus au grand cœur!


Myosotis arvensis, Myosotis des champs, Poitiers bords de Clain

La «queue de scorpion» poilue du discret Myosotis des champs.


House Rubiaceae, Sauvages du Poitou!

En fait d’objets de valeur, je ne possède rien d’autre qu'une couronne.

(Le Trône de Fer, George R.R. Martin)

Les Rubiacées (75 espèces en France) se distinguent de par leurs tiges carrées (tout ce qui a une tige carré n'est donc pas forcément une Lamiacée!), et surtout par leurs feuilles verticillées, c'est à dire disposées en couronnes ou en étoiles autour de la tige. Leurs fleurs sont généralement discrètes, à l'image des petites fleurs des nombreux Gaillets (Gallium sp) ou de la Garance voyageuse (Rubia peregrina).


Rubia peregrina, Garance voyageuse, Poitiers bords de Boivre

Feuilles coriaces, agrippantes et verticillées de la Garance voyageuse.


Les Rubiacées comptent dans leurs rangs des membres exotiques très célèbres: les Caféiers (Coffea sp). Ces derniers sont bien trop capricieux pour pouvoir tolérer les saisons françaises... Dommage pour nous, mais notez que les petits fruits du Gaillet gratteron (Galium aparine) grillés à sec, écrasés et finalement mis à bouillir dans de l'eau fournissent un excellent succédané de café... Un goût de famille?


Café de Gaillet gratteron, une recette Sauvages du Poitou!

Gaillet gratteron: le café à la française!


House Campanulaceae, Sauvages du Poitou!

Une douzaine de clochettes tintaient pour peu qu’il bougeât... C’est-à-dire en permanence, car il ne tenait guère en place.

(Le Trône de Fer, George R.R. Martin)

Les Campanulacées (64 espèces en France) se distinguent par leurs fleurs à cinq pétales soudés, dont la corolle forme souvent une cloche: campanula est la «clochette» en latin. Leur tige renferme généralement un latex. C'est le clan des nombreuses Campanules (Campanula sp), difficiles à différencier (et pourtant, chaque cloche à son ton!), ou encore celui des Raiponces (Phyteuma sp).


Campanula portenschlagiana, Campanule des purailles, Poitiers Chilvert

Les clochettes du Campanule des murailles (Campanula portenschlagiana).


House Amaranthaceae, Sauvages du Poitou!


Dans les classifications les plus récentes, les Amaranthacées intègrent dans leurs rangs l'ensemble des Chenopodiacées. On retiendra les tendances suivantes pour ces deux clans (réunis aujourd'hui sous une seule et même bannière, Amaranthaceae): leurs fleurs minuscules sont généralement verdâtres ou rougeâtres, desséchées. Amarantos en grec signifie «qui ne flétrit pas»: leurs fleurs sèches, même cueillies, ne risquent guère de faner. Leurs feuilles sont généralement entières, pointues (elles dessinent parfois des flèches ou des hallebardes) et longuement pétiolées. Nombre d'entre elles affectionnent les terrains salés ou les sols riches en nitrates, ce qui en fait des locataires privilégiées des côtes, des rivages ou simplement des lieux fréquentés par l'homme.
Les bras costauds gouvernent ce monde: hors de cela, tu te goberges d’illusions.
(Le Trône de Fer, George R.R. Martin)

C'est le clan des Chénopodes (Chenopodium sp), des Arroches (Atriplex sp) ou des Amarantes (Amaranthus sp)... Des végétaux souvent bons pour la soupe! On ne s'étonnera donc pas de trouver dans ce clan de célèbres espèces potagères, cultivées pour leurs feuilles ou leurs graines, comme les Épinards, les Betteraves, les Bettes ou les Quinoas... Et les hommes trouveront peut-être parmi d'autres Amaranthacées des alliées de premier choix pour réanimer leur agriculture moribonde: la culture de certaines espèces d'Amarantes, par exemple, est déjà d'actualité en Afrique. Celles ci sont plus fournies en protéines que le soja, riches en vitamines A, C et en sels minéraux. Elles tolèrent les sols pauvres, secs (leur culture ne demande pas beaucoup d'eau), se montrent extrêmement résistantes face aux prédateurs et aux maladies. Certains ont accusé Popeye, le marin qui semblait tirer sa force d'une poignée d'Épinards, de charlatan... Mais après tout, le régime de Popeye n'était peut-être pas si farfelu (si les Épinards ne sont pas forcément riches en fer, ils restent eux aussi très fournis en vitamines et en minéraux)!


Amaranthus deflexus, Amarante couchée, Poitiers quartier gare

Minuscules fleurs vertes en panicule de l'Amarante couchée (Amaranthus deflexus), indétrônable bodybuildeuse du macadam et des trottoirs!


House Euphorbiaceae, Sauvages du Poitou!


Les Euphorbiacées (60 espèces en France) sont généralement glabres. Elles se distinguent par le suc laiteux, nommé latex, contenu dans leur tige, et par leurs l'originalité de leurs fleurs (généralement vertes ou jaunâtres, dénuées de pétales) organisées en ombelles. Une photographie valant mieux que de fastidieuses explications, l'observation de quelques membres de ce clan devraient vous permettre d'intégrer sans peine leur touche très... Personnelle!


De gauche à droite: Euphorbe d'Irlande (Euphorbia hiberna), Euphorbe petit-cyprès (Euphorbia cyparissias) et Euphorbe réveil matin (Euphorbia helioscopia).

- Comment, alors?

- Par le seul autre moyen : la magie!

(Le Trône de Fer, George R.R. Martin)

C'est la famille des nombreuses Euphorbes (Euphorbia sp), mais aussi celle des Mercuriales (Mercurialis sp). Les latex des Euphorbes sont généralement toxiques et irritants par simple contact cutané. Mais ils intéressent souvent la médecine ou l'industrie pour les secrets qu'ils renferment, comme le latex de la discrète Euphorbe des jardins (Euphorbia peplus), dont on tire une substance utilisée pour des chimiothérapies (le mébutate d'ingenol), ou celui de l'Hévéa (Hevea brasiliensis), une Euphorbiacée originaire d'Amazonie, à partir duquel on fabrique le caoutchouc. C'est d'ailleurs à un ancestral médecin, Euphorbus (Grèce, 40-19 av. J.-C.), que cette famille doit son nom... Nul doute, les scientifiques feront à l'avenir de nombreuses autres découvertes en fouillant les entrailles de ce clan!


House Crassulaceae, Sauvages du Poitou!


Les Crassulacées (50 espèces en France) sont des végétaux glabres, à feuilles ou à tiges charnues. Leurs feuilles sont généralement simples, entières, sessiles ou munies d'un court pétiole. Leurs fleurs peuvent présenter des aspect variés, mais arbore souvent 5 pétales et 5 sépales. C'est le clan des nombreux Sédums (Sedum sp), délicats à différencier, mais aussi celui des Joubarbes (Sempervivum sp) ou du célèbre Nombril de Vénus (Umbilicus rupestris).


Umbilicus rupestris, Nombril de Vénus, Laval (53)

Feuilles ronds et charnues du Nombril de Vénus à flanc de falaise!

Je serai bientôt grosse, je vous le promets. J’en prie la Mère d’En-Haut, tous les soirs.

(Le Trône de Fer, George R.R. Martin)

On désigne souvent les membres de ce clan comme étant des plantes «grasses», «succulentes» ou «crassulescentes»; trois synonymes pour exprimer leurs vertes rondeurs (crassus signifie «épais» en latin). Leurs organes enflés et gorgés de suc assurent leur survie en situation misérable ou aride; c'est pourquoi elles colonisent les lieux misérables, souvent bien exposés: rochers, sables, murs ou toits. A travers le monde, les Crassulacées font parties des championnes de la survie en milieu hostile!


Ainsi se termine notre tour d'horizon des principales familles en botanique pour le territoire français. Vous vous en doutez, ce n'est que la face émergée de l'iceberg: les clans des Sauvages sont très nombreux, bigarrés, fascinants de par leurs coutumes, même lorsque qu'il ne sont composés que par un unique membre (comme le clan Aquifoliaceae dont le seul représentant en France est le Houx, Ilex aquifolium). Mais refermons cette trilogie fantasy pour l'heure et gageons que les Sauvages nous inspirerons d'autres thèmes hauts en couleur pour les prochains cours de botanique!


Lectures recommandées:

- La botanique redécouverte de Aline Raynal-Roques

- Petite flore de France aux éditions Belin, une flore élégante et une clé d'identification astucieuse qui met l'accent sur la reconnaissance des familles.

- Cours de botanique en ligne par Joël Raynaud: Classifications chez les angiospermes


Et pour le plaisir, le fil rouge de notre article...

- Le cycle fantasy Le Trône de fer par George R. R. Martin!


>Voir le billet et ses commentaires...
 

Familles de la flore française (Game of thrones et botanique, épisode 2)
Date 06/10/2016
Ico Cours de botanique joyeuse!
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Cet article fait suite à notre premier épisode consacré aux grandes familles en botanique, où nous avions croisé les prestigieuses lignées Asterceae, Poaceae, Fabaceae, Rosaceae et Brassicaceae. Le feuilleton continue, avec six nouvelles familles incontournables...


House Apiaceae, Sauvages du Poitou!

Taratata, c’est le poison qu’y a fait le coup je vous dis, maintint l’aubergiste. Même qu’il a viré noir comme un pruneau, le môme.

(Le Trône de Fer, George R.R. Martin)

Les Apiacées (ou Ombellifères, 180 espèces en France) présentent souvent des tiges striées ou cannelées, des feuilles aromatiques (ou à odeur marquée) dont les gaines sont bien développées. Elles sont célèbres pour leurs inflorescences en ombelles (voir l'article complet consacré à ce sujet), composées de petites fleurs à 5 pétales.


Angelica sylvestris, Angélique sylvestre, Poitiers bords de Boivre

Les ombelles d'ombellules (plusieurs petites ombelles réunies en une grosse ombelle) de la bien nommée Angélique sylvestre.


On y retrouve des espèces généreuses domestiquées par l'homme comme la Carotte (Daucus carotta), le Céleri (Apium graveolens), le Panais (Pastinaca sativa), le Persil (Petroselinum crispum) ou la divine Angélique officinale (Angelica archangelica)... Mais aussi de redoutables spécimens comme la titanesque et brûlante Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) ou la Grande Ciguë (Conium maculatum), une célèbre empoisonneuse. Une famille qui met à mal les adeptes de la cueillette sauvage, tant leur membres se ressemblent faute d'attention, et tant on ne sait jamais si l'on à affaire à un ange... Ou à un démon!


Angelica sylvestris, Angélique sylvestre, Poitiers bords de Boivre

Feuilles nettement «engainantes» de l'Angélique sylvestre, une signature de famille.


House Caryophillaceae, Sauvages du Poitou!


Les Caryophyllacées (225 espèces en France) se distinguent généralement par leurs feuilles opposées, entières, insérées le long de tiges cassantes sur des nœuds renflés. Leurs inflorescences sont souvent disposées en cymes bipares, c'est à dire ramifiées comme le chandelier représenté sur le blason ci dessus. Leurs fruits sont presque tous des capsules qui libèrent les graines qu'elles renferment en séchant.


Stellaria media, Mouron des oiseaux, Poitiers Chilvert

Ramifications à la mode Caryophyllacée (cymes bipares) du Mouron des oiseaux (Stellaria media)


C'est le clan des Saponaires (Saponaria sp), des Silènes (Silene sp), des Stellaires (Stellaria sp)... Autant de Sauvages adeptes de la haute couture sur pétale, aux floraisons parfois discrètes, mais toujours élégantes (souvent 5 pétales finement découpés ou échancrés), et dont les Œillets (Dianthus sp) font offices d'ambassadeurs raffinés auprès des jardiniers!

Il faut que tu sois aujourd’hui plus que jamais belle à couper le souffle, car on annoncera lors du banquet final que vous êtes fiancés...

(Le Trône de Fer, George R.R. Martin)

Silene latifolia, Lychnis flos-cuculi et Stellaria media

Floraisons élégantes des Compagnon blanc (Silene latifolia), Silène fleur de coucou (Lychnis flos-cuculi) et du petit Mouron des oiseaux (Stellaria media)


House Lamiaceae, Sauvages du Poitou!

Là, y a une tête d’ogre, vous voyez?

(Le Trône de Fer, George R.R. Martin)

Les Lamiacées (ou Labiées, 165 espèces en France) se distinguent avant tout par leurs fleurs caractéristiques, en forme de gueule ouverte (voir l'article complet sur le sujet). Elles doivent leur nom à l'ogresse Lamia dans la mythologie grecque, car elles semblent dévorer les insectes qui les visitent. En réalité, les Lamiacées n'ont rien de plantes carnivores; bien au contraire, elles sont souvent mellifères et généreuses à l'égard des butineurs.


Fleur de Romarin officinal (Rosmarinus officinalis) en train d'avaler (ou plutôt de régaler) une abeille!

Romarin officinal (Rosmarinus officinalis) en train d'avaler (ou plutôt de régaler) une abeille!


On retrouve à leur cour, aux effluves méditerranéennes, les Menthes (Mentha sp), les Lavandes (Lavandula sp), les Sauges (Salvia sp), les Thyms (Thymus sp), les Épiaires (Stachys sp)... Autant de Sauvages aux parfums uniques et aux essences recherchées, pour la cuisine, la cosmétique ou la médecine. On observe généralement chez les membres de ce clan des tiges carrées et des feuilles opposées décussées. On dénichera au fond de leur fleurs fanées quatre fruits (tetrakènes), une autre signature du clan.


Origanum vulgare, Origan commun, Poitiers chemin de la Cagouillère

Feuilles opposées décussées (chaque paire est disposée à 90 degrés par rapport à celle qui la précède) de l'Origan commun (Origanum vulgare).


House Liliaceae, Sauvages du Poitou!

Il lui a aussi poussé un nouveau nez... Et un plutôt bulbeux, je dirais.

(Le Trône de Fer, George R.R. Martin)

Du point de vue de l'ancienne classification dite «classique», les Liliacées regroupent 150 espèces en France. Elles sont généralement vivaces par leur bulbe, et présentent des feuilles entières à nervures parallèles, ainsi qu'un port non ramifié. Leurs fleurs affichent souvent six tépales et six étamines. Les Liliacées comptent dans leurs rangs certaines des Sauvages les plus toxiques pour l'homme, comme le Muguet de mai (Convallaria majalis) ou le Colchique d'automne (Colchicum automnale); mais aussi des spécimens recherchés pour leur valeur gustative tel que l'Ail des ours (Alium ursinum), ou domestiqués au potager, tels que l'Oignon, l'Ail, le Poireau, la Ciboulette...


Ail des ours, Allium ursinum, Poitiers Chilvert

Fleurs en ombelle de l'Ail des ours: 6 pétales, 6 étamines. Une ex-Liliaceae, devenue aujourd'hui Amaryllidaceae...


Les classifications modernes ont pulvérisé ce clan en une multitude de familles, sur la base d'observations génétiques fascinantes quant à leur histoire, mais pas toujours pertinentes sur le terrain (du point de vue de l'identification). Dépouillée à grand coups de microscopes, la vieille lignée Liliacée a tout de même réussi à garder dans ses rangs officiels une des plus célèbres dames du Poitou, alias la Fritillaire Pintade (Fritillaria meleagris).


Fritillaria meleagris, Frtillaire pintade, Saint Benoît (86)

Les six tépales en forme de clochette et les six étamines de la Fritillaire Pintade.


House Ranunculaceae, Sauvages du Poitou!

C’est le plus haut niveau qu’ait atteint la rivière depuis le printemps. Et, si cette pluie persiste, elle montera encore davantage.

(Le Trône de Fer, George R.R. Martin)

Les Renonculacées (140 espèces en France) tirent leur nom du latin rena, «grenouille», à cause de l'affection pour l'eau de certains membres de la famille. Elles peuvent afficher des atouts très différents d'une espèce à l'autre: «boutons d'or» de la Renoncule rampante (Ranunculus repens), lianes vigoureuse de Clématite vigne-blanche (Clematis vitalba), clochettes vertes de l'Hellébore fétide (Helleborus foetidus), collerette de dentelle de la Nigelle de damas (Nigella damascena)... C'est un clan fait d'exceptions, où l'originalité est de rigueur, même s'il existe quelques points communs dans ce grand barnum terrestre et aquatique: la plupart des Renonculacées présentent un nombre très élevé d'étamines, ainsi que des feuilles palmatiséquées. Si elles sont souvent belles et spectaculaires, la plupart sont toxiques, pour l'homme comme pour le bétail.


Ranunculus repens, Clematis vitalba, Helleborus foetidus et Nigella Damascena

Fleurs bardées d'étamines de la Renoncule rampante, de la Clématite vigne-blanche, de l'Hellébore fétide et de la Nigelle de Damas.


House Orchidaceae, Sauvages du Poitou!

La seule pensée de votre beauté m’empêche de dormir la nuit.

(Le Trône de Fer, George R.R. Martin)

Les Orchidacées (120 espèces en France) représentent probablement le clan le plus séduisant pour nombre de botanistes. Elles fascinent, à cause de la beauté, de l'originalité de leurs fleurs et de la sexualité sophistiquée qui les accompagne. La famille doit pourtant son nom à une métaphore peu élégante: orchis est la «testicule» en latin une allusion à leurs paires de tubercules souterrains!


La survie et la reproduction des Orchidées reposent sur un équilibre naturel précis et précaire (voir l'article sur Himantoglossum hircinum, alias l'Orchis bouc pour plus de détails), ce qui fait que la compagnie humaine leur est rarement favorable (en France, une espèce sur six est menacée d'extinction). Si les membres de cette famille peuvent présenter des toilettes variées, leurs feuilles entières, souvent charnues et la structure à six tépales de leurs fleurs sont caractéristiques (voir l'article complet sur le sujet); de même que le pétale inférieur (nommé labelle) aux formes excentriques qui peut aller jusqu'à imiter l'aspect d'un insecte!


Ophrys apifera, Ophrys abeille, Biard aérodrome (86)

Ophrys abeille (Ophrys apifera), dont l'incroyable labelle imite le corps d'une abeille solitaire femelle pour inciter les mâles à venir la butiner!


Je vous donne rendez vous lors du prochain épisode de notre feuilleton qui nous emmènera à la rencontre de six maisons supplémentaires, plus modestes en terme de membres sur notre territoire, mais tout aussi remarquables de par leurs spécificités: Boraginaceae, Rubiaceae, Campanulaceae, Amaranthaceae, Euphorbiaceae et Crassulaceae... Botany is coming!


Lectures recommandées:

- La botanique redécouverte de Aline Raynal-Roques

- Petite flore de France aux éditions Belin, une flore élégante et une clé d'identification astucieuse qui met l'accent sur la reconnaissance des familles.

- Cours de botanique en ligne par Joël Raynaud: classifications chez les Angiospermes

- Les Apiacées, petite flore en ligne de Maurice Reille

- Les Caryophillacées, petite flore en ligne de Maurice Reille

- Les Lamiacées, petite flore en ligne de Maurice Reille

- Les Liliacées, petite flore en ligne de Maurice Reille

- Les Orchidacées, petite flore en ligne par Maurice Reille


Et pour le plaisir, le fil rouge de notre article...

- Le cycle fantasy Le Trône de fer par George R. R. Martin!

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Picride fausse vipérine, la mal rasée
Date 26/07/2016
Ico Villes, chemins & terrains vagues
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Pieris napi et Helminthotheca echioides, Picride fausse vipérine, Poitiers bords de Boivre

Picride fausse vipérine, Poitiers bords de Boivre


Helminthotheca echioides (Picride fausse vipérine ou Cochet-marocain en poitevin-saintongeais) appartient aux clan Asteraceae, le clan des fleurs à capitules (une inflorescence fournie qui prend l'apparence d'une grosse fleur unique). On continue ce qui pourrait être notre feuilleton de l'été, celui des Sauvages à fleurs jaunes à la mode «Pissenlit» (Taraxacum sect. Ruderalia), à la suite des Séneçons (Senecio vulgaris, Jacobaea vulgaris) ou des Laiterons (Sonchus oleraceus, Sonchus asper) qui ont déjà tenu le haut de l'affiche sur Sauvages du Poitou.


Helminthotheca echioides, Picride fausse vipérine, Poitiers bords de Boivre

Picride fausse vipérine, Poitiers bords de Boivre


La Pircride fausse vipérine est une annuelle (parfois bisanuelle) peu discrète, dont la silhouette épaisse et velue est bien connue des jardiniers (diantre, de la mauvaise herbe!): la Sauvage fréquente les milieux habités par l'homme, les jardins, les champs cultivés, les vergers, les bords des routes... Autant d'endroit où elle trouvera une terre riche, bien exposée, tassée par le passage des pieds, des véhicules ou des machines (ses colonies les plus denses peuvent signer un sol à tendance calcaire).


Helminthotheca echioides, Picride fausse vipérine, Biard (86)

Feuille rêche, ondulée, embrassante, velue (voir piquante) et «verruqueuse» de la Picride fausse vipérine, Biard (86)

Thérèse n’est pas moche. Elle n’a pas un physique facile... C’est différent.
(Le père Noël est une ordure, Jean-Marie Poiré)
La tige et les feuilles hérissées de poils durs de la Picride fausse vipérine dessinent des contours grossiers (la Sauvage est d'ailleurs surnommé en Angleterre Bristly Oxtongue, la «Langue de bœuf hérissée»!), qui peuvent évoquer les traits de certains membres de la famille Boraginaceae. On peut penser par exemple aux feuilles de la Vipérine (Echium vulgare), dont la Picride fausse vipérine usurpe quelque peu le nom.

Helminthotheca echioides, Picride fausse vipérine, Poitiers quartier Chilvert
Jeune rosette de la Picride fausse vipérine, comme un air de Vipérine commune?

A vrai dire, les deux Sauvages ne se ressemble pas franchement, si ce n'est lorsque pointent leurs jeunes rosettes de feuilles parsemées de pustules blanches. Notez en revanche qu'il n'est pas rare de voir Picride fausse vipérine et (véritable) Vipérine cohabiter sur un même territoire, en un mariage de couleur du plus bel effet lors de leurs floraisons estivales!


Picride fausse vipérine sur fond bleu de Vipérine commune, Biard (86)

Les Sauvages à capitules jaunes de type «Pissenlit» sont peu aisées à différencier pour l'apprenti botaniste... Un casse tête dont la solution se trouve souvent sous les fleurs, au niveau des bractées (petites feuilles spécialisées qui entourent l'inflorescence). Celles de la Picride fausse vipérine forment une sorte de coupole (ouverte à maturité) à cinq lobes pointus, qu'il est impossible de confondre.

Helminthotheca echioides, Picride fausse vipérine, Poitiers quartier gare
Capitules assoiffés de soleil de la Picride fausse vipérine, au dessus des coupoles caractéristiques à 5 lobes formées par les bractées inférieures.

La Picride fausse vipérine produit des fruits (akènes) plumeux. La Sauvage a opté pour une double stratégie quant à sa reproduction: les fruits situés le plus à l’extérieur de ses «pompons» blancs sont munis de petits plumeaux (aigrettes) trop réduits pour permettre aux semences de profiter du vent. Ces graines sont donc destinées à tomber au pied même de la plante.

J’appelle pas ça voler, j’appelle ça tomber avec panache.

(Toy Story, John Lasseter)

Au centre du «pompon», les semences sont équipées d'un matériel de vol bien plus fourni et s'envolent au loin pour conquérir de nouveaux territoires.


Helminthotheca echioides, Picride fausse vipérine, Poitiers quartier Chilvert

Akène de la Picride fausse vipérine pris au piège dans une toile d'araignée: rougeâtres, surmontés d'un long pied qui porte les soies plumeuses.


La Picride fausse vipérine côtoie généralement une autre Picride urbaine et annuelle, qui affectionne le même sol et fleurit en même temps, au cœur de l'été: la Picride éperviaire (Picris hieracioide). Cette dernière est plus haute et présente également des feuilles rêches comme du papier de verre, quoique moins hirsutes et dénuées de «verrues» blanches. La Picride épervière dresse aussi sous ses fleurs une couronne caractéristique de bractées poilues, inégales, rangées sur plusieurs rangs et réfléchies à maturité.

Picris hieracioides, Picride éperviaire, Poitiers bords de Boivre
Picride éperviaire, Poitiers bords de Boivre


Les jeunes feuilles de Picride fausse vipérine et Picride épervière sont comestibles, mais elles deviennent rapidement coriaces en gagnant en maturité (il faut alors les faire cuire). De par ailleurs, elles doivent leur nom de Picride au suc amer et poisseux contenu dans leurs tiges, picros signifiant «amer» en grec. Vous voilà prévenus!


Helminthotheca echioides, Picride fausse vipérine, Poitiers avenue de la Libération

Un pied de mur (calcaire) exposé plein soleil: c'est suffisant pour la Picride fausse vipérine!


Pour aller plus loin:

- Helminthotheca echioides sur Tela botanica

- Helminthotheca echioides: identification assistée par ordinateur

- Picris hieracioides sur Tela botanica

- Picris hieracioides: identification assistée par ordinateur



L’Orobanche de la Picride (Orobanche picridis) est une plante parasite dépourvue de feuilles (et donc de chlorophylle) qui plante ses suçoirs sur les racines de nos picrides. Il existe de nombreuses espèces d’Orobanches aux floraisons spectaculaires; elles parasitent de manière quasi spécifique d’autres sauvages : Orobanche du Lierre, du Trèfle, du Thym…



Picride ou Helminthie?

Picride ou Helminthie? Sauvages du Poitou!


«Helminthotheca echioides»... Voilà un nom qui risque de ne pas vous encourager à retenir les noms latins de nos Sauvages! La Picride fausse vipérine s’appelait pourtant Picris echioides il y a quelques siècles (ce qui peut sembler plus évident pour une Picride). Au milieu du 18ème siècle, des études approfondies, menées à grands coups de loupes, ont abouti à la conclusion que la Sauvage méritait de quitter le genre des Picrides pour rejoindre un genre à part, celui des Helminthies... Et la voilà devenue Helminthie fausse vipérine (Helminthotheca echioides). Au 19ème siècle, certains chercheurs trouvent la distinction un peu tirée par les poils, et souhaitent réintégrer la Sauvage chez les Picrides. Fin 20ème siècle, les examens génétiques surpassent les loupes dans les laboratoires, et la démarcation entre Picrides et Helminthies trouve de nouveaux défenseurs et de nouveaux arguments. A suivre?



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