Ico Cours de botanique pour les indiens!
Ico Liste des Sauvages par noms
Ico Retrouver une Sauvage par l'image
Ico Vagabondes des chemins & terrains vagues
Ico Desperados des prairies & jardins
Ico Sauvages des haies & forêts
Ico Fugitives des murailles
Ico Pirates des bords d'eau
Ico Grand banditisme
Ico Le laboratoire du Shérif

Résultat de votre recherche


1 2 3 4
Vocabulaire de la botanique (2): nervures et feuilles composées
Date 20/07/2017
Ico Cours de botanique pour les indiens!
Comms 5 commentaires

Les cours de botanique de Sauvages du Poitou!


Cet article fait suite au premier billet consacré aux mots de la botanique, «décrire les feuilles (1)». Nous avions, en première exploration, découvert le vocabulaire rocambolesque relatif aux feuilles simples. Pour rappel, une feuille se présente ainsi à nos yeux:


Sauvages du Poitou: la feuille


Regardons maintenant le dessin des nervures qui parcourent le limbe: on appelle nervure principale la nervure qui prolonge le pétiole (c'est généralement la plus épaisse). Les nervures qui s'y rattachent sont les nervures secondaires, celles qui se rattachent à ces dernières les nervures tertiaires, etc. Un peu comme un grand fleuve, ses rivières et leurs petits affluents! La comparaison est intéressante, car chez une plante, la sève élaborée (issue de la photosynthèse) prend sa source au niveau des feuilles avant de s'écouler vers le reste de la plante (à l'inverse de la sève brute qui prend sa source dans les racines pour monter vers la plante et les feuilles).


La géographie, c'est quand même plus simple avec une carte épinglée au mur!


Les nervures des feuilles, Sauvages du Poitou


Pennées: nervures secondaires opposées deux par deux, de chaque côté d'un axe (comme des arrêtes de poisson).

Palmées: nervures primaires bifurquant depuis un seul point, comme les doigts autour de la paume de la main.

Pédalées: deux nervures principales divergent depuis le bout du pétiole.

Parallèles: nervures orientées dans l'axe de la feuille, sans intersection.

Arquées: nervures secondaires arquées vers le sommet de la feuille.

Réticulées: nervures formant un réseau complexe.


Sur la base de cette carte (aux trésors?), partons dénicher les adjectifs qui en découlent, afin de décrire des feuilles toujours plus spectaculaires... Forcément, le vocabulaire aussi risque de devenir spectaculaire!

L'exercice devrait vous rappeler les briques de LEGO de notre enfance: les mots s'emboitent. Si la feuille présente des nervures pennées et des lobes peu marqués, on peut dire qu'elle est pennatilobée. Le même raisonnement avec une feuille aux nervures palmées aurait abouti à une feuille palmatilobée (palmée et lobée).

La botanique? Une partie de plaisir... Et de LEGO!

Ouvrons le coffre à jouets! Le début du mot décrit les nervures, comme vu précédemment:
Penna...: nervures pennées.
Palma...: nervures palmées.
Péda...: nervures pédalées.
La fin du mot décrit la nature et/ou l'amplitude du découpage de la feuille:
...lobée: feuille doucement lobée.
...fide: feuille découpée (environ jusqu'à la moitié du limbe).
...partite: feuille fortement découpée (au-delà de la moitié du limbe).
...sequée: feuille découpée jusqu'à la nervure principale (ou quasiment).
Ce qui nous donne par exemple (comme lors d'une partie de Scrabble, toutes les combinaisons sont possibles):

Les formes des feuilles, Sauvages du Poitou

Les feuilles au découpage le plus prononcé («-séquées») sont quasiment divisées en plusieurs parties séparées. Il suffirait de pousser le découpage d'un millimètre pour obtenir une feuille constituée de plus petites feuilles, distinctes les unes des autres (les «folioles»): une telle feuille est dite «composée». Notez qu'en pratique, ainsi que pour nombre d'auteurs respectables, feuille «-séquée» et feuille composée sont synonymes.


Notre carte des nervures est également utile pour comprendre le vocabulaire propre aux feuilles composées:


Feuilles composées, Sauvages du Poitou


Composée imparipennée : pennée et composée d'un nombre de folioles impair (présence d'une foliole au sommet).

Composée paripennée : pennée et composée d'un nombre de folioles pair (absence de foliole au sommet).

Composée pectinée : composée de fines lamelles disposées de part et d'autre de l'axe (comme un peigne).


Feuilles composées, Sauvages du Poitou


Composée palmée : composée de plusieurs folioles partant en éventail depuis le sommet du pétiole.

Composée trifoliée : composée de trois folioles (comme le célèbre Trèfle).

Composée pédalée : chaque foliole semble rattachée au petit pétiole (le pétiolule) du foliole précédent.


Ce n'est pas tout: une feuille composée pennée, dont chaque partie (ou foliole) est elle même composée de plusieurs petites parties (les foliolules), est dite bipennée (elle est pennée deux fois)... Et si les foliolules sont eux même composées? La feuille est tripennée!


Feuilles bipennées et tripennées, Sauvages du Poitou

Comment savoir s'il l'on observe plusieurs feuilles simples ou une seule feuille composée? C'est la présence ou non d'un petit bourgeon à la base du pétiole qui peut nous renseigner (munissez vous d'une loupe): à chaque feuille correspond un bourgeon (dont elle est issue). Si on trouve un bourgeon à l'origine de chaque feuille, il s'agit de plusieurs feuilles simples. Si pour plusieurs limbes distincts, on ne trouve qu'un seul bourgeon, c'est une seule et unique feuille composée.

Si vous êtes arrivé à ce point de l'article, vous méritez une récompense. Fermez les yeux (pas trop) et imaginez une feuille dont les nervures sont pennées, et dont les échancrures atteignent (ou presque) la nervure centrale. On pourrait donc dire qu'elle est pennatiséquée. Mais voilà, chaque partie dessinée par les échancrures est aussi découpée en de plus petites parties... Elles mêmes découpées en de minuscules parties... Holà, je crois qu'on tient un mot compte triple: tripennatiséquée!


Tripennatiséquée... Mot comptre triple!

Ne jouez jamais au Scrabble contre un botaniste!


Si vous avez compris le truc, vous pouvez explorer les guides botaniques en essayant de dessiner ou de traduire mentalement les descriptions en image. Reste à observer de plus près les particularités du pétiole et la disposition des feuilles sur la tige... Dans un prochain article! Car pour l'heure, je vous propose une promenade digestive...


Primula vulgaris, Primevère acaule, Poitiers bords de Boivre

Primevère acaule (Primula vulgaris): feuilles simples, inégalement denticulées, obovales (plus larges au sommet qu’à la base), à nervures réticulées.


Clematis vitalba, Clématite vigne blanche, Poitiers gare

Clematis vitalba, Clématite vigne blanche, Poitiers gare

La Clématite vigne blanche (Clematis vitalba) nous permet de rentrer en douceur dans le monde des feuilles composées, tout en révisant le vocabulaire étudié lors de l'article précédent : ses feuilles composées imparipennées affichent des folioles très polymorphes: ovales ou lancéolées, cordées ou non, entières, crénelées ou dentées... Une palette aussi variée que fournie!


Helleborus foetidus, Hellébore fétide, Poitiers bords de Boivre

Feuilles abracadabrantes d'une Sauvage qui ne l'est pas moins, l'Hellébore fétide (Helleborus foetidus): composées pédalées en 7 à 11 folioles lancéolées et dentées.


Vicia sativa, Vesce commune, Poitiers bords de Boivre

Vesce commune (Vicia sativa): feuilles composées paripennées en 6 à 10 paires de folioles légèrement tronquées ou échancrées. En réalité, la vrille au sommet de la feuille est aussi une foliole, même si elle est complètement transformée; c'est pourquoi on peut lire dans les ouvrages les plus tatillons que la feuille de la Vesce commune est... Imparipennée!


Phacelia tanacetifolia, Phacélie à feuilles de Tanaisie, Poitiers Chilvert

Phacélie à feuilles de Tanaisie (Phacelia tanacetifolia): feuilles deltoïdes, composées imparipennées en folioles eux mêmes pennatipartites.


Geranium robertianum, Herbe-à-Robert, Poitiers bords de Boivre

Herbe-à-Robert (Geranium robertianum): feuilles deltoïdes ou polygonales, palmatiséquées en 3 à 5 segments eux mêmes pennatifides. A ce stade, la gymnastique cérébrale commence à devenir diabolique pour les apprentis botanistes que nous sommes… Quoi de plus normal pour cette Sauvage surnommée «Fourchette du diable» (à cause des longues pointes qui terminent ses duo de fruits)?


Ne vous découragez pas si votre cerveau fume un peu: lorsqu'on compare les descriptions proposées dans les guides et les flores, on découvre qu'il n'existe pas une seule et unique bonne manière de décrire un végétal: tous les moyens sont bons! On fait comme on peut, avec le vocabulaire dont on dispose, l'objectif étant de rapprocher son discours au plus près de ce qui se présente à nous et surtout de réussir à se faire comprendre.


Sur ce, je vous souhaite d'agréables promenades botaniques... Entre deux victoires écrasantes au Scrabble!


D'autres leçons de botanique consacrées aux feuilles sur Sauvages du Poitou:

- Le vocabulaire de la botanique (1): feuilles simples

- Le vocabulaire de la botanique (3): pétiole et phyllotaxie


Pour aller plus loin:

- La feuille sur Wikipedia

- Les formes foliaires sur Wikipédia

- Description générale de la feuille sur le site des Jardins du Gué

- Vocabulaire illustré de la botanique par Maurice Reille


Référence bibliographique:

- La botanique redécouverte de Aline Raynal-Roques

>Voir le billet et ses commentaires...
 

Anémone sylvie: un printemps à la fois
Date 19/03/2017
Ico Sauvages des haies & forêts
Comms Aucun commentaire

Anemone nomorosa, Anémone des bois, Biard (86) bords de Boivre


Anemone nemorosa (Anémone sylvie ou Anémone des bois) appartient au clan éclectique Ranunculaceae, dont la plupart des membres sont toxiques et recherchent la proximité de l'eau (rena est la «grenouille en latin). Anemone nemorosa n'échappe guère aux traditions familiales: sa consommation est proscrite pour l'homme comme pour les animaux, sa sève fraîche pouvant même provoquer des dermites de contact... On raconte que les habitants du Kamtschatka (Russie) badigeonnaient leurs flèches avec le suc extrait de ses racines pour les rendre mortelles!

Elle vit avec la forêt et mourra avec elle.

(Princesse Mononoké, Hayao Miyazaki)

Si l'Anémone des bois ne recherche pas à avoir les pieds dans l'eau, elle colonise les terres toujours fraiches des sous bois de feuillus. Rappelons au passage que le prénom Sylvie qu'on attribue à la Sauvage trouve ses origines dans le latin silva, la «forêt».


Anemone nomorosa, Anémone des bois, Biard (86) bords de Boivre

Les fleurs de l'Anémone des bois bardées d'étamines, comme de coutume chez les renonculacées.


Forestière oblige, Anemone nemorosa programme sa floraison tôt dans l'année, dès le mois de mars: il s'agit de profiter des premiers rayons de soleil avant que le milieu ne se ferme avec le retour du feuillage des grands arbres. Histoire de ne pas perdre un photon, ses fleurs blanches suivent la course du soleil tout au long de la journée, un excellent moyen pour réfléchir la lumière et aguicher les premiers butineurs. Ces derniers ne sont d'ailleurs pas légions et la Sauvage doit se contenter de syrphes ou de minuscules coléoptères, d'autant plus que ses fleurs dénuées de nectar n'attirent guère les abeilles et les bourdons affamés au sortir de l'hiver.


Anemone nomorosa, Anémone des bois, Biard (86) bords de Boivre

Sous chaque fleur de l'Anémone des bois, un trio de folioles palmatisequées.


Anemone nemorosa est une vivace (elle peut vivre plus d'une dizaine d'année) qui boucle son spectacle en quelques mois: fleurs, tiges et feuilles disparaissent bien avant l'arrivée de l'été. Sous le couvert impénétrable des forêts, la Sauvage attend sous terre le retour de la lumière programmé au printemps suivant. Seule sa souche subsiste, et c'est d'ailleurs à partir de ses parties souterraines qu'Anemone nemorosa assure discrètement sa reproduction végétative, bien plus efficace que sa reproduction sexuée.


Anemone nomorosa, Anémone des bois, Biard (86) bords de Boivre
Anémone des bois (en blanc) et Petite Pervenche (en bleu) au printemps, «copines comme cochons»!

A l'image de sa meilleure copine, la Petite Pervenche (Vinca minor), l'Anémone des bois est capable d'occuper d'imposantes parcelles. Ses colonies les plus importantes attestent de l'ancienneté de la forêt (sa souche traçante croît de 2 à 3 centimètres par an). Ses fleurs se déplacent au fur et à mesure de l'avancée de son rhizome, n'apparaissant pas au même endroit d'une année sur l'autre... Qui a dit que l'immobilité est une caractéristique du monde végétal?


Tous en forme avec l'Anémone des bois, Sauvages du Poitou!


Anemone nomorosa, Anémone des bois, Biard (86) bords de Boivre

Colonie d'Anémone des bois dans les forêts au bord de la Boivre, Biard (86)


Plus près de l'eau, on peut parfois apercevoir aux alentours des colonies d'Anémones des bois une autre renonculacée, l'Isopyre faux-pigamon (Isopyrum thalictroides), qui fleurit à la même saison. Cette dernière risque fort de passer inaperçue avec ses petites fleurs blanches, regroupées en inflorescences lâches. Les feuilles trilobées de l'Isopyre faux-pigamon (à la manière des ancolies) ne peuvent être confondues avec les feuilles palmatiséquées (en 3 à 5 segments) de l'Anémone des bois. L'Isopyre faux-pigamon est une Sauvage à la silhouette délicate, peu commune en France (absente au nord et dans la région méditerranéenne), à côté de laquelle il serait dommage de passer d'un œil blasé par tant de blanc!

Isopyrum thalictroides, Isopyre faux-pigamon, Biard bords de Boivre
Isopyre faux-pigamon (au premier plan) et Anémone des bois (au second plan): deux sœurs vernales (printanières), locataires des forêts toujours fraîches (mais jamais engorgées).
Le bon bois a toujours des fourmis!
(Proverbe camerounais)

Les fruits de l'Anémone des bois sont de petits akènes poilus regroupés au bout d'une tige recourbée. Surplombés d'un appendice huileux (élaiosome), le fruits appâtent les fourmis qui entrainent les générations futures vers de nouveaux horizons et de nouvelles aventures forestières (myrmécochorie)!


Anemone nomorosa, Anémone des bois, Dagneux (01)

Fruits de l'Anémone des bois, Dagneux (01)


Pour aller plus loin:

- Anemone nemorosa sur Tela-botanica

- Anemone nemorosa: identification assistée par ordinateur

- Isopyrum thalictroides sur Tela-botanica


Anemone nomorosa, Anémone des bois, Dagneux (01)

Par mauvais temps, les fleurs de l'Anémone des bois referment leur pétales (en fait des sépales «pétaloïdes») et se tournent vers le bas afin de protéger leur pollen.

>Voir le billet et ses commentaires...
 

Familles de la flore française (Game of thrones et botanique, épisode 3)
Date 29/10/2016
Ico Cours de botanique pour les indiens!
Comms 3 commentaires

Cet article fait suite à deux épisodes déjà publiés, consacrés aux grandes familles en botanique. Nous avions croisé dans le premier les prestigieuses lignées Asterceae, Poaceae, Fabaceae, Rosaceae et Brassicaceae. Le second nous avait présenté les clans Apiaceae, Caryophyllaceae, Lamiaceae, Liliaceae, Ranunculaceae et Orchidaceae. Le feuilleton continue, avec six nouvelles familles plus modestes en terme d’espèces présentes sur le sol français, mais tout aussi remarquables de par leurs spécificités...


House Boraginaceae, Sauvages du Poitou!

Une barbe monumentale le couvrait des pommettes aux cuisses, tant et si bien qu’on pouvait difficilement dire où s’achevait le poil et où débutait la fourrure.

(Le Trône de Fer, George R.R. Martin)

Les Boraginacées (100 espèces en France) présentent souvent des tiges et des feuilles recouvertes de poils rudes. Leur nom viendrait du latin burra, la «burre», une étoffe en laine rêche et grossière qui habillait jadis les moines. Leurs inflorescences affichent souvent un bleu céleste, intense, et forment une sorte de queue de «scorpion» (cyme scorpioïde, voir l'article consacré au sujet).


Borrago officinalis, Bourrache officinale, Poitiers bords de Clain
Bourrache officinale, Poitiers bords de Clain


C'est la clan de la Bourrache officinale (Borrago officinalis), symbole ancestral du courage, de la piquante et généreuse Vipérine commune (Echium vulgare), mais aussi des Myosotis (Myosotis sp), qui font office de bardes délicats dans cette fratrie de poilus au grand cœur!


Myosotis arvensis, Myosotis des champs, Poitiers bords de Clain

La «queue de scorpion» poilue du discret Myosotis des champs.


House Rubiaceae, Sauvages du Poitou!

En fait d’objets de valeur, je ne possède rien d’autre qu'une couronne.

(Le Trône de Fer, George R.R. Martin)

Les Rubiacées (75 espèces en France) se distinguent de par leurs tiges carrées (tout ce qui a une tige carré n'est donc pas forcément une Lamiacée!), et surtout par leurs feuilles verticillées, c'est à dire disposées en couronnes ou en étoiles autour de la tige. Leurs fleurs sont généralement discrètes, à l'image des petites fleurs des nombreux Gaillets (Gallium sp) ou de la Garance voyageuse (Rubia peregrina).


Rubia peregrina, Garance voyageuse, Poitiers bords de Boivre

Feuilles coriaces, agrippantes et verticillées de la Garance voyageuse.


Les Rubiacées comptent dans leurs rangs des membres exotiques très célèbres: les Caféiers (Coffea sp). Ces derniers sont bien trop capricieux pour pouvoir tolérer les saisons françaises... Dommage pour nous, mais notez que les petits fruits du Gaillet gratteron (Galium aparine) grillés à sec, écrasés et finalement mis à bouillir dans de l'eau fournissent un excellent succédané de café... Un goût de famille?


Café de Gaillet gratteron, une recette Sauvages du Poitou!

Gaillet gratteron: le café à la française!


House Campanulaceae, Sauvages du Poitou!

Une douzaine de clochettes tintaient pour peu qu’il bougeât... C’est-à-dire en permanence, car il ne tenait guère en place.

(Le Trône de Fer, George R.R. Martin)

Les Campanulacées (64 espèces en France) se distinguent par leurs fleurs à cinq pétales soudés, dont la corolle forme souvent une cloche: campanula est la «clochette» en latin. Leur tige renferme généralement un latex. C'est le clan des nombreuses Campanules (Campanula sp), difficiles à différencier (et pourtant, chaque cloche à son ton!), ou encore celui des Raiponces (Phyteuma sp).


Campanula portenschlagiana, Campanule des purailles, Poitiers Chilvert

Les clochettes du Campanule des murailles (Campanula portenschlagiana).


House Amaranthaceae, Sauvages du Poitou!


Dans les classifications les plus récentes, les Amaranthacées intègrent dans leurs rangs l'ensemble des Chenopodiacées. On retiendra les tendances suivantes pour ces deux clans (réunis aujourd'hui sous une seule et même bannière, Amaranthaceae): leurs fleurs, très petites, sont généralement dénuées de pétales (c'est donc avec l'aide des feuilles et des fruits qu'on les identifiera). Leurs feuilles sont généralement entières, pointues (elles dessinent parfois des flèches ou des hallebardes) et longuement pétiolées. Nombre d'entre elles affectionnent les terrains salés ou les sols riches en nitrates, ce qui en fait des locataires privilégiées des côtes, des rivages ou simplement des lieux fréquentés par l'homme.
Les bras costauds gouvernent ce monde: hors de cela, tu te goberges d’illusions.
(Le Trône de Fer, George R.R. Martin)

C'est le clan des Chénopodes (Chenopodium sp), des Arroches (Atriplex sp) ou des Amarantes (Amaranthus sp)... Des végétaux souvent bons pour la soupe! On ne s'étonnera donc pas de trouver dans ce clan de célèbres espèces potagères, cultivées pour leurs feuilles ou leurs graines, comme les Épinards, les Betteraves, les Bettes ou les Quinoas... Et les hommes trouveront peut-être parmi d'autres Amaranthacées des alliées de premier choix pour réanimer leur agriculture moribonde: la culture de certaines espèces d'Amarantes, par exemple, est déjà d'actualité en Afrique. Celles ci sont plus fournies en protéines que le soja, riches en vitamines A, C et en sels minéraux. Elles tolèrent les sols pauvres, secs (leur culture ne demande pas beaucoup d'eau), se montrent extrêmement résistantes face aux prédateurs et aux maladies. Certains ont accusé Popeye, le marin qui semblait tirer sa force d'une poignée d'Épinards, de charlatan... Mais après tout, le régime de Popeye n'était peut-être pas si farfelu (si les Épinards ne sont pas forcément riches en fer, ils restent eux aussi très fournis en vitamines et en minéraux)!


Amaranthus deflexus, Amarante couchée, Poitiers quartier gare

Minuscules fleurs vertes en panicule de l'Amarante couchée (Amaranthus deflexus), indétrônable bodybuildeuse du macadam et des trottoirs!


House Euphorbiaceae, Sauvages du Poitou!


Les Euphorbiacées (60 espèces en France) sont généralement glabres. Elles se distinguent par le suc laiteux, nommé latex, contenu dans leur tige, et par leurs l'originalité de leurs fleurs (généralement vertes ou jaunâtres, dénuées de pétales) organisées en ombelles. Une photographie valant mieux que de fastidieuses explications, l'observation de quelques membres de ce clan devraient vous permettre d'intégrer sans peine leur touche très... Personnelle!


De gauche à droite: Euphorbe d'Irlande (Euphorbia hiberna), Euphorbe petit-cyprès (Euphorbia cyparissias) et Euphorbe réveil matin (Euphorbia helioscopia).

- Comment, alors?

- Par le seul autre moyen : la magie!

(Le Trône de Fer, George R.R. Martin)

C'est la famille des nombreuses Euphorbes (Euphorbia sp), mais aussi celle des Mercuriales (Mercurialis sp). Les latex des Euphorbes sont généralement toxiques et irritants par simple contact cutané. Mais ils intéressent souvent la médecine ou l'industrie pour les secrets qu'ils renferment, comme le latex de la discrète Euphorbe des jardins (Euphorbia peplus), dont on tire une substance utilisée pour des chimiothérapies (le mébutate d'ingenol), ou celui de l'Hévéa (Hevea brasiliensis), une Euphorbiacée originaire d'Amazonie, à partir duquel on fabrique le caoutchouc. C'est d'ailleurs à un ancestral médecin, Euphorbus (Grèce, 40-19 av. J.-C.), que cette famille doit son nom... Nul doute, les scientifiques feront à l'avenir de nombreuses autres découvertes en fouillant les entrailles de ce clan!


House Crassulaceae, Sauvages du Poitou!


Les Crassulacées (50 espèces en France) sont des végétaux glabres, à feuilles ou à tiges charnues. Leurs feuilles sont généralement simples, entières, sessiles ou munies d'un court pétiole. Leurs fleurs peuvent présenter des aspect variés, mais arbore souvent 5 pétales et 5 sépales. C'est le clan des nombreux Sédums (Sedum sp), délicats à différencier, mais aussi celui des Joubarbes (Sempervivum sp) ou du célèbre Nombril de Vénus (Umbilicus rupestris).


Umbilicus rupestris, Nombril de Vénus, Laval (53)

Feuilles ronds et charnues du Nombril de Vénus à flanc de falaise!

Je serai bientôt grosse, je vous le promets. J’en prie la Mère d’En-Haut, tous les soirs.

(Le Trône de Fer, George R.R. Martin)

On désigne souvent les membres de ce clan comme étant des plantes «grasses», «succulentes» ou «crassulescentes»; trois synonymes pour exprimer leurs vertes rondeurs (crassus signifie «épais» en latin). Leurs organes enflés et gorgés de suc assurent leur survie en situation misérable ou aride; c'est pourquoi elles colonisent les lieux misérables, souvent bien exposés: rochers, sables, murs ou toits. A travers le monde, les Crassulacées font parties des championnes de la survie en milieu hostile!


Ainsi se termine notre tour d'horizon des principales familles en botanique pour le territoire français. Vous vous en doutez, ce n'est que la face émergée de l'iceberg: les clans des Sauvages sont très nombreux, bigarrés, fascinants de par leurs coutumes, même lorsque qu'il ne sont composés que par un unique membre (comme le clan Aquifoliaceae dont le seul représentant en France est le Houx, Ilex aquifolium). Mais refermons cette trilogie fantasy pour l'heure et gageons que les Sauvages nous inspirerons d'autres thèmes hauts en couleur pour les prochains cours de botanique!


Lectures recommandées:

- La botanique redécouverte de Aline Raynal-Roques

- Petite flore de France aux éditions Belin, une flore élégante et une clé d'identification astucieuse qui met l'accent sur la reconnaissance des familles.

- Cours de botanique en ligne par Joël Raynaud: Classifications chez les angiospermes


Et pour le plaisir, le fil rouge de notre article...

- Le cycle fantasy Le Trône de fer par George R. R. Martin!


>Voir le billet et ses commentaires...
 

1 2 3 4

Infos blog

Sauvages du Poitou

Promo

Écoutez Sauvages du Poitou à la radio!

Blog membre du Café des sciences



MP  Mighty Productions
> Blogs
> Sauvages du Poitou
 
RSS       Mentions légales       Comms  Haut de la page