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Le laboratoire du Shérif
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En 2017, moins de pesticides, plus de Sauvages!
Date 05/01/2017
Ico Le laboratoire du Shérif
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Bonne année 2017 sans pesticides avec Sauvags du Poitou!


Cet début d'année 2017 est marqué par l'entrée en vigueur de l'interdiction de l’usage des produits phytosanitaires par l’État, les collectivités locales et établissements publics pour l’entretien des espaces verts, des chemins de promenades, des forêts, et des voiries (à l'exception des terrain de sport, des cimetières et de quelques zones de voiries sensibles). Autre changement du côté des particuliers: les pesticides ne pourront plus être mis à disposition dans les rayons «libre service» des jardineries... Tant mieux, même si les fongicides, herbicides et insecticides pourront toujours êtres vendus moyennant quelques mises en scène habiles (comptoir avec vendeur homologué, borne d'information vidéo, etc). Reste que les particuliers seront aussi rattrapés la loi interdisant le recours aux pesticides dans deux ans, au 1er janvier 2019.


A Chauvigny dans la Vienne (86), les Sauvages sont les bienvenues!

À l'entrée de la petite commune de Chauvigny dans la Vienne (86), on affiche fièrement son amour des Sauvages...


Heureusement, nombre de municipalités n'ont pas attendu janvier 2017 pour tendre la main aux fleurs, aux abeilles ou aux oiseaux. Que les armées gauloises réfractaires à la nature libérée et à ses hordes de ravageurs se rassurent: les communes pionnières du «zéro phyto» se portent bien et n'ont pas sombré face aux assauts conjoints des orties, des ronces et des pissenlits! Mais alors, comment défendre la pureté des pelouses anglaises et du macadam sans user de l'arme atomique?

Tu sens cette odeur? C'est le napalm fiston. Il n'y a rien d'autre au monde qui ait cette odeur-là. J'adore respirer l'odeur du napalm au petit matin...

(Apocalypse now, Francis Ford Coppola)

La palette des stratégies appliquées par les municipalités françaises est d'ores et déjà bien fournie. Finis les épandages généralisés, il s'agit maintenant de réfléchir au cas par cas, en fonction des milieux et des situations: c'est ce qu'on appelle la «gestion différenciée».


Les municipalités peuvent avoir recours ici et là à des produits qualifiés de «peu risqués» ou validés par l'agriculture biologique (pyrèthre, vinaigre...). Ces derniers sont autorisés, mais conservent localement et temporairement l'effet d'une bombe au napalm sur la flore et la petite faune associée (sans toutefois contaminer durablement les sols et les nappes phréatiques). À consommer avec modération, en gardant ce vieil adage à l'esprit: c'est la dose qui fait le poison (et non la couleur)!


C'est vert et c'est bio, mais ça peut aussi faire bobo!


Ailleurs, on peut traquer l'herbe folle armé d'outils tapageurs (tondeuses, rotofils, broyeurs, désherbeurs thermiques, etc). Les bonnes vielles méthodes des jardiniers du dimanche sont mises au goût du jour: binette pour les gaillards, couverts (paillage) pour les cagnards!

Les villes peuvent demander un coup de main à leurs habitants, à condition de les avoir formés auparavant... Sans quoi le quidam risque de puiser dans sa réserve personnelle de Roundup pour «nettoyer» le pas de sa porte (le cru 2016 étant particulièrement fourni après le grand déstockage des jardineries).

Une société c’est comme une montgolfière: pour qu’elle décolle, faut lâcher du lest de temps en temps...

(Les trois frère, Bernard Campan et Didier Bourdon)

Enfin et surtout, on peut laisser pousser (et/ou semer et planter) la vie là où c'est possible, pour la plus grande joie des butineurs. La ville se redessine, laissant bonne place à la flore: ici du macadam pour les voitures, là des fleurs pour les papillons. Entre les deux, les amoureux de nature que nous sommes!


Zéro pesticides dans nos villes et nos villages! Sauvages du Poitou

Les communes zéro phyto s'extirpe de la grisaille!


Le retour de la végétation en zone urbaine présente d’innombrables qualités (retour de la faune associée, régulation du climat, stabilisation des sols, évacuation des eaux, épuration... Voir notre article Sauvages de ma rue). Pourtant, la grande difficulté pour les collectivités reste le regard critique du citoyen (c'est à dire de l'électeur), qui a tendance à penser qu'une colonie de pissenlits au pied d'un mur n'a guère plus d'élégance et d'intérêt qu'un sac poubelle éventré. «Les Sauvages, c'est sale et ça attire les serpents» me confiait un ancien devant un bout de haie occupée par les ronces... Si seulement, des serpents, il n'y en a plus guère!


Legalize it! par Sauvages du Poitou


Il est urgent de raconter la nature, au delà des sempiternelle cases du nuisible et de l'utile. Un discours unique ne saurait exprimer la multiplicité et l'ampleur du vivant: c'est donc à chacun (collectivités, associations, nous tous...) d'y aller de sa voix afin de partager ses découvertes et ses connaissances en famille, entre amis, entre collègues ou entre voisins. C'est aussi ça la démarche zéro phyto: on cause un peu moins football, un peu plus pétales, un peu moins babioles, un peu plus bestioles!


Botanique party in Poitou!

À Poitiers, rencontrez les Sauvages lors des promenades botaniques gratuites animées par Yves Baron, Dominique Provost (Vienne nature) ou lors des sorties Sauvages de ma rue!


Pour 2017, je vous souhaite une année sans poisons ni empoisonneurs, pleine de nature, d'histoires et de rencontres... Puissions nous profiter du spectacle du vivant jusque sur le pas de notre porte!


Pour préparer le printemps 2017, les Sauvages sèment leurs dessins dans les boîtes aux lettres du Poitou: vous aussi, adoptez un Pissenlit!


En 2017, adoptez un Pissenlit avec Sauvages du Poitou!


En 2017, adoptez un Pissenlit avec Sauvages du Poitou!


Le fichier source du prospectus ci dessus (PDF format A3) peut être téléchargé via ce lien.


Revue de presse:

- Les prospectus de Sauvages du Poitou à l'honneur sur l'antenne de France Bleu Poitou


Pour poursuivre la lecture sur Sauvages du Poitou:

- Laisser pousser la mauvaise herbe, la poésie et l'imagination!

- Les 10 Sauvages communes qu'on ne désherbera plus au jardin


>Voir le billet et ses commentaires...
 

Les Sauvages envahissent la radio, le retour!
Date 11/10/2016
Ico Le laboratoire du Shérif
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Les Sauvages du Poitou envahissent la radio!


Sauvages du Poitou se décline aussi en une série de chroniques radiophoniques diffusée sur les radios libres et indépendantes de la Vienne et des Deux-Sèvres:


En 2015, c'est Radio Écho des Choucas (103.7 FM du côté de Chauvigny) et Radio D4B (101.4 FM à Niort et 90.4 FM à Melle) qui plantent les premières graines sonores en invitant les Sauvages sur leur antenne.

Coupez! Bon, OK, elle est bonne! C'est formidable Billy! Aller, préparez moi le décor suivant!

(Le jeu de la mort, Bruce Lee)

A partir de la rentrée 2016, la chronique s'enracine sur les ondes de Radio Gâtine (88.6 FM à Parthenay) et Radio D4B, au cœur du magazine mensuel Les Fans de Radis animé par Olivier Degorce et Amandine Geers depuis plus de 10 ans... Et ça tombe bien, puisqu'à Sauvages du Poitou aussi on est fan de radis, mais surtout fan de radio et de cette émission libre et militante, consacrée à la nature et au meilleur de la musique, loin des sentiers battus!

Les Fans de Radis, l'émission radio!


Pour le reste de la France, les émissions et les chroniques sont mises à disposition sur la page Soundcloud de Sauvages du Poitou et sur celle de Radio Gatine au fur et à mesure de leur diffusion (ci dessous, l'émission d'ouverture de saison des Fans de Radis, entièrement consacrée aux Sauvages du Poitou). Bonne écoute, vive les Sauvages libres, vive la radio libre!



Du côté de la presse:

- Les Sauvages du Poitou au micro de Radio Écho des Choucas (Nouvelle République)

>Voir le billet et ses commentaires...
 

Le bonheur est dans la prairie humide
Date 25/09/2016
Ico Le laboratoire du Shérif
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Cet article fait écho à une sortie terrain, sur le thème de la (re)découverte des bords de Boivre, organisée par l'association du Triton de Vouneuil fin septembre 2016, animée par le technicien de rivière Nicolas Hutin. Protéger la nature, c'est aussi prendre le temps d'éduquer, de raconter et d'expliquer, encore et encore... Un grand merci à eux!

Populus sp, Peuplier du culture, bords de Boivre à Vouneuil-sous-Biard (86)

Bords de Boivre à Vouneuil-sous-Biard (86): des souches qui annoncent la fin du règne sans partage des grands Peupliers...


Dans le département de la Vienne, les habitant des communes de Poitiers et de Vouneuil-sous-Biard n'ont sans doute pas manqué les chantiers récents qui ont bouleversé les «forêts» longeant la Boivre (sous-affluent de la Loire par le Clain puis la Vienne). Peut-être même que certains d'entre eux se sont attristés en voyant les arbres abattus, laissant place à un paysage chaotique et dépouillé... Les apparences sont heureusement trompeuses, puisque c'est bien un travail de restauration des zones humides, et plus précisément des prairies humides, qui est en cours sur ces parcelles. L'occasion pour nous de revenir sur les particularités de ces coins de paradis pour les naturalistes en tout genre, et sur les étapes de leur renaissance.


Zone humide, le paradis des naturalistes et des moustiques!


Une zone humide est un milieu, comme son nom l'indique, marquée par l'eau, que celle ci soit présente de manière permanente (courante ou dormante) ou temporaire (zones inondables). L'eau seule ne saurait suffire à la définir: c'est également un milieu signé par une faune et une flore riches et singulières. En France, les zones humides ont reculées de 70% en un siècle, principalement face à l'urbanisation, aux drainages intensifs ou à l’avancée des  cultures (particulièrement celle du maïs, gourmande en eau). Il faut dire qu'aux yeux de nombre de gens, les zones humides représentent encore des espaces insalubres et improductifs (si ce n'est en larves de moustiques). Il n'en est rien: la zone humide est le milieu de la richesse et de la biodiversité par excellence!

Tous les trésors ne sont pas d'argent et d'or!

(Pirates des Caraïbes, la malédiction du Black Pearl, Gore Verbinski)

Les rôles des zones humides sont aujourd'hui mieux connus: en plus d'abriter une biodiversité exceptionnelle, elles régulent les flux d'eau (absorbant les excédants d'eau et redistribuant en période de sécheresse), dépolluent naturellement les eaux (particulièrement les nitrates issus de l'agriculture intensive), et offrent à l'observateur attentif un spectacle inégalé, le marais poitevin — huitième merveille du monde — en étant la preuve la plus touristique (même si le tourisme est une force comme une faiblesse dans la gestion des espaces naturels).


Populus sp, Peuplier du culture, bords de Boivre à Poitiers (86)

Les bords de Boivre à Poitiers, des forêts très «artificielles»: c'est même écrit dessus...


Au bord de la Boivre (comme ailleurs en France), les cultures de Peupliers (des arbres qui apprécient l'eau) ont colonisé une grande partie des zone humides. Des peupleraies où il fait certes bon se promener et observer la nature, mais où la monotonie de l'environnement reste un frein à la pleine expression du vivant.


Lorsque la peupleraie arrive à maturité, c'est l'heure pour l'exploitant de récolter le fruit (ou plutôt le bois) de son investissement. Ce qui va nous intéresser, c'est la suite des évènements: la volonté affichée ici n'étant pas de démarrer une nouvelle peupleraie, mais plutôt de favoriser la renaissance de zones humides dans toute leur ampleur.


Prairies humides: un monde riche en couleurs (Guimauve officinale, Épilobe hérissée et Eupatoire à feuilles de chanvre)


Vous vous en doutez, il existe sur le territoire français divers types de zones humides (des landes au marais, en passant par les tourbières...). Dans notre cas, l’objectif vise plus précisément la restauration de prairies humides, terrain de prédilection de sauvages spécifiques, vivaces et hautes (jusqu'à 2m), telles la Guimauve officinale (Althaea officinalis), l’Épilobe hérissée (Epilobium hirsutum), ou l'Eupatoire à feuilles de chanvre (Eupatorium cannabinum) pour les plus courantes... Qui sait, les plus chanceux croiseront peut-être à l'avenir sur ces parcelles la Fritillaire pintade (Fritillaria meleagris), dont les populations ne cessent de reculer en France, faute de trouver prairie à son bulbe!


Fritillaria meleagris, Fritillaire pintade, Saint Benoît (86)

Fritillaire pintade (Fritillaria meleagris), la reine des prairies humides poitevines!


Les prairies humides correspondent généralement à des zones ouvertes, pas ou très peu arborées, inondables, quelques semaines ou mois dans l'année; le sol y est souvent riche en nutriments (dépôt des alluvions), baigné par la lumière comme par l'eau. Au bord de la Boivre, dans les semaines qui suivent l’abatage des Peupliers, les rayons du soleil touchent le sol et les signes du renouveau pointent déjà. Sur la photo ci dessous, des jeunes pousses de Reine des prés (Filipendula ulmaria, au premier plan) et d'une Laîche (Carex sp, en arrière plan), deux locataires ordinaires de ce type d'habitat, se fraient un passage parmi les copeaux de bois fraichement déchiquetés.


Jeunes pousses de Reine des prés (Filipendula ulmaria) et de Laîche (Carex sp) après l'abatage des peupliers à Vouneuil-sous-Biard (86).


La prairie humide est donc un écosystème riche, spécifique de par sa flore et de par sa faune. Malheureusement, son équilibre reste précaire faute de soins adéquats, ce qui explique sa disparition progressive sur le territoire français. En effet, en plus des facteurs précités (urbanisation, drainages, cultures...), les prairies humides tendent à disparaitre lorsque l'homme les abandonne...


Étrange paradoxe que celui d'une zone naturelle dont la pérennité repose sur une intervention humaine! Allez savoir, ce sont peut-être les grands herbivores qui entretenaient jadis de tels espaces... Toujours est-il que de nos jours, faute de pâturages spécifiques (comme par exemple celui de la vache Maraîchine pour le marais poitevin), ou faute de fauches raisonnées, une prairie humide évolue vers d'autres milieux, où s'invitent les rejetons ligneux des géants du règne végétal: les arbres.

«Depuis 400 millions d'années, la nature comble les lacs et étangs de façon à mettre "hors d'eau" et permettre à la forêt de s'installer.»

(Encyclopédie des plantes bio-indicatrices vol 2 de Gérard Ducerf)

Ainsi, faute de pâturage ou de fauche, recommence une vieille et fascinante histoire, avec l'apparition du bois tendres et souples des Saules. Suivent sans tarder des arbres plus robustes, tels les Aulnes, rois ancestraux des rivières (bénéfiques pour le maintien des berges). Le couvert arboré s'épaissit, le milieu se ferme à la lumière. En même temps, l'apport de matières organiques ne cesse d'augmenter (chute des feuilles) et le niveau du sol se surélève peu à peu, perdant progressivement sa qualité humide. Le milieu se rapproche finalement d'une forêt alluviale, où les Frênes entament leur règne!


Salix sp, Alnus glutinosa et Fraxinus excelsior, bords de Boivre (86)

De gauche à droite: Saule (Salix sp), Aulne glutineux (Alnus glutinosa) et Frêne commun (Fraxinus excelsior) au bord de la Boivre (86).


Ce n'est qu'un conte rapide et mal dégrossi parmi les possibles, dont le déroulement pourrait être bouleversé par un millier d'évènements inattendus. Bien sûr, une saulaie, une aulnaie ou une frênaie représentent des milieux tout aussi précieux et importants qu'une prairie humide. L'important étant de comprendre que les écosystèmes sont des espaces vivants et changeants, à jamais susceptibles d'échapper à notre bon vouloir; il ne s'agit pas de privilégier tel milieu par rapport à un autre, mais plutôt de préserver, avec humilité et souplesse, leur diversité, et de par la même le champ des possibles pour la faune et la flore. A chacun d'entre nous incombe le lent (mais délicieux) apprentissage qui nous permet peu à peu de découvrir l'ampleur de cette diversité, de la reconnaître (des années d'idées reçues nous ont souvent éloignés de tout bon sens), de l'encourager et au bout du compte d'en tomber amoureux!


Lectures recommandées:

- Guide des plantes des milieux humides aux éditions Belin

- Les plantes sauvages et leurs milieux en Poitou Charentes d'Yves Baron


Liens recommandés:

- Association le Triton de Vouneuil, pour découvrir la patrimoine naturel de Vouneuil-sous-Biard et ses environs.

- La fiche du site de la Vallée de la Boivre, une Zones Naturelles d'Intérêt Écologique Faunistique et Floristique (86)

Oiseaux nicheurs en France, le déclin... Sauvages du Poitou


Les prairies humides, ce n'est pas que pour les fleurs...  Ci-dessous, trois exemples d'aménagements favorisant le retour de la faune après les chantiers de coupe: ici et là, des souches mourantes et des tas de bois serviront d'abri aux insectes et aux animaux (comme les chauves souris ou les hérissons). A l'arrière plan, des «chandelles» (des troncs morts laissés sur pied) sont érigées comme autant de totems érigés aux dieux Pics (Pics verts, etc.)!


Souches, tas de bois et chandelles, Vouneuil-sous-Biard (86).

Après l'exploitation de la Peupleraie à Vouneuil-sous-Biard (86)



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